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    Retour magistral du Maroc au sein de l’OUA : Triomphe Royal...      SM le Roi félicite M. Moussa Faki Mahamat, nouveau président de la Commission de l’UA...  
 
 
 
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Ahmed NAJI

 
Triomphe de la diplomatie Royale : Le Maroc, 54ème membre légitime de l’Union Africaine
 
Lundi 30 janvier, par l’écrasante majorité de 39 voix sur 54, le Maroc a marqué son retour au sein de l’Union Africaine (UA), un moment historique qui marque un tournant majeur dans la destinée de l’Organisation panafricaine. Cette éclatante victoire a été arrachée au terme d’une rude bataille diplomatique et grâce à l’engagement personnel de SM le Roi Mohammed VI, les adversaires du Royaume n’ayant épargné aucune manœuvre dilatoire pour tenter jusqu’au dernier instant de retarder, faute de pouvoir saboter, son admission à l’UA.
Le Maroc sait maintenant pouvoir compter 39 pays alliés et amis au sein de l’UA, qui ont refusé de céder aux pressions des pays de l’axe Prétoria-Alger, et avec lesquels il sera désormais possible de briser la coquille idéologique ossifiée dans laquelle l’UA a été trop longtemps enfermée, pour sortir au monde actuel, en profonde transformation géopolitique, et y marquer fortement sa présence autrement qu’en suscitant la pitié, à travers la médiatisation de ses crises et difficultés qui n’en finissent jamais. Une UA renforcée par l’adhésion du Maroc qui n’en a pas moins besoin de gagner en crédibilité en commençant par nettoyer les écuries d’Augias.
Il y a des bizarreries fonctionnelles de l’UA qu’elle se doit bien d’éliminer afin de réhabiliter son image aussi bien sur la scène internationale qu’auprès des peuples africains. Ainsi en est-il du bureau de conseiller juridique de l’UA, qui a récemment émis un avis défavorable à l’admission du Maroc dans l’Organisation panafricaine, alors même que le poste est vacant depuis que le Sud-Africain M. Vincent Nmehielle l’a quitté, début septembre dernier, pour devenir secrétaire général du Groupe de la Banque Africaine de Développement. Qui a donc élaboré et émis cet avis ? Si bureau de conseiller juridique de l’UA il y a, quel est donc son avis sur la présence d’un Etat non reconnu par les Nations Unies dans les rangs de l’Union Africaine ? Les deux tiers des membres de l’UA peuvent voter des amendements à apporter à son Acte constitutif, qui ne prévoit jusqu’à présent pas l’expulsion d’un parasite indésirable comme l’entité étatique fictive rasdienne, soit moins de voix qu’il n’en a fallu pour entériner le retour du Maroc à l’Organisation panafricaine.
Nouvelle orientation
Le hasard (ou la discrète diplomatie marocaine) faisant bien les choses, le retour du Maroc au sein de l’UA est accompagné par l’accession à la présidence de l’Organisation panafricaine du très sage et expérimenté président de la Guinée, M. Alpha Condé, qui a rappelé à l’Afrique du Sud, au cours de cet historique 28ème sommet d’Addis Abeba, que la majorité a toujours raison dans tout système démocratique qui se respecte. La commission de l’UA pourra également enfin sortir de l’état d’impuissance manifeste dans lequel l’avait plongé la Sud-Africaine Mme Dlamini-Zuma, plus préoccupée par sa carrière politique dans son pays et porter nuisance au Maroc qu’à remplir les fonctions pour lesquelles elle avait été élue. Elle a été remplacée par le Tchadien M. Moussa Faki Mahamat, auparavant chef de la diplomatie de son pays et très sensible au grave sujet de la lutte contre le terrorisme. Même s’il n’a pas tellement suscité l’intérêt des médias, le plan de réforme de l’UA présenté par le président rwandais, M. Paul Kagamé, est d’une grande importance pour remettre l’Organisation panafricaine sur la voie de l’efficacité et du succès, après les années gâchées de grandiloquents mais non moins inutiles verbiages. Conscients des défis auxquels est confronté le continent, une majorité de pays africains ont donc exprimé leur choix pour une nouvelle orientation dans la destinée de l’UA.
Le retour du Maroc au sein de l’Union Africaine, autant par les oppositions et débats qu’il a suscité que le potentiel de volontarisme agissant qu’il ne va pas manquer d’insuffler aux rouages de l’organisme panafricain, est symbolique d’une nouvelle ère. Fini le temps où l’Afrique se complaisait dans ses lamentations. Pleurer les méfaits du colonialisme ne les effacera pas pour autant et attendre que d’autres prennent soin de l’Afrique est aussi vain que révoltant, puisque triste aveu d’incapacité à se prendre soi-même en charge. Nous, Africains, avons les moyens de marquer l’évolution du monde de notre empreinte. Le continent est riche de terres arables encore inexploitées et de phosphates pour fabriquer des engrais et ainsi participer à nourrir les milliards d’êtres humains qui peuplent la Terre. L’Afrique n’est, non plus, en manque ni de réserves d’énergies fossiles et renouvelables ni de minerais. Des cadres bien formés et une main d’œuvre abondante, tous les ingrédients sont là pour stimuler développement industriel et technologique d’un continent jeune et somptueusement doté de ressources naturelles qui représente désormais l’avenir de l’ensemble de l’humanité.

Leadership éclairé
Ce qui manque à l’Afrique pour se dresser de toute sa puissance endormie ? Le leadership éclairé. L’exercer avec sagesse et perspicacité c’est s’assurer de s’appuyer sur une jeunesse africaine affamée de réussite et prête à suivre la voie tracée qui y mène, pleinement conscient que celle-ci est faite de sueur et de sacrifices, qu’elle est au goût de l’effort raisonné et de la satisfaction mesurée.
Il reste, bien entendu, à déterminer la nature du leadership africain. Avec le passif historique qu’est celui de l’Union Africaine et les leçons qu’il est aisé d’en tirer, ce leadership ne doit surtout pas être vicié par l’arrogance de quelques puissances régionales qui croient savoir ce qui est bon pour les peuples d’Afrique mieux que ces derniers, alors qu’ils n’arrivent même pas à répondre aux attentes de leurs propres peuples. En ces temps nouveaux dominés par la puissance des réseaux, le Maroc croit fort en la réflexion et l’action en essaim de pays africains souverains, de manière à pouvoir venir réellement à bout de la quantité de problèmes différenciés que traînent les pays du continent, dans le respect des spécificités et choix de chacun.
Le contexte mondial est au changement profond des paradigmes géostratégiques, avec des Etats-Unis qui veulent s’occuper en priorité de leurs propres problèmes et arrêter de jouer le rôle épuisant de gendarme du monde, une Europe économiquement et socialement essoufflée, dont les peuples sont de plus en plus sensibles aux chants de sirènes du nationalisme le plus étroit, une Russie sur le grand retour en tant que puissance internationale, une Inde qui prend conscience de son poids géoéconomique et une Chine qui étend sa « soft power » le long de la route de la soie en devenir. Plus globalement, les clivages politiques gauche-droite ont de moins en moins cours, laissant place à ceux entre mondialistes et souverainistes.

L’apport du Maroc
Il fut un temps où les idéaux révolutionnaires progressistes ont, à juste cause, fleuri en Afrique, quand il fallait lutter contre le colonialisme et ses suppôts, mais, confrontés à la réalité de l’exercice du pouvoir, les tenants de cette idéologie se sont révélés non seulement incapables de mettre leurs pays sur le chemin du développement, mais, pire, se croyant porteurs de LA vérité, ils ont majoritairement affiché une fâcheuse tendance à la tyrannie.
Le Maroc n’a nulle leçon à donner à qui que ce soit, ayant lui-même cherché à trouver sa propre voie, adoptant la démocratie et le libéralisme comme principes, en partant de l’attachement profond des Marocains à l’idéal de liberté, seul cadre propice à l’épanouissement de tout un chacun. Le Maroc ne retourne, cependant, pas à l’UA les mains vides, il a un projet à proposer, celui de la coopération multipartite et multiforme - politique, économique, scientifique, sécuritaire, culturelle et religieuse - en fonction des besoins de chaque pays africain et au profit de tous les peuples du continent, ainsi qu’une ambition à partager, celle de ne plus geindre en quémandeurs auprès des partenaires extérieurs, de se repositionner en porteurs d’opportunités de gains équitablement partagés qui négocient à pied d’égalité avec ces derniers.
L’Afrique, complétée du Maroc et débarrassée de ses scories idéologiques, est apte à prétendre à un statut nouveau à l’échelle planétaire, avec des partenariats à nouer avec l’Inde et la Chine sur son versant pacifique et l’Amérique latine sur son versant atlantique, dans une inversion de la carte géopolitique mondiale où la coopération horizontale Sud-Sud serait bien plus qu’une solution de rechange à la relation verticale Nord-Sud déséquilibrée qui a prévalu jusqu’à présent.
31/1/2017
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