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Ahmed NAJI

 Un réacteur à six pales pour faire décoller le Maroc
La conception égalitariste istiqlalienne du nouveau modèle de développement
 
Par Ahmed NAJI /

L’actuel modèle de développement n’a pas failli, mais il a fait son temps et ne peut plus répondre aux nouveaux défis auxquels le Maroc doit de faire face, a déclaré le secrétaire général du Parti de l’Istiqlal (PI), M. Nizar Baraka, lors de son exposé politique devant les membres du Conseil national réunis en session d’octobre, samedi dernier à Rabat. Le nouveau modèle se doit, pour sa part, de concorder avec les nouveaux défis auxquels est confronté le Maroc, celui élaboré par le PI s’appuyant sur six axes pour remettre l’économie nationale sur la voie de la croissance inclusive, au profit de l’ensemble des citoyens, a souligné M. Baraka.
Présentant les grandes lignes du projet de nouveau modèle de développement tel que conçu par le PI, en réponse à l’appel de SM le Roi aux formations politiques à ce sujet, M. Baraka a insisté sur la dimension égalitariste qui le caractérise, et ce, en parfaite cohérence avec les valeurs et principes fondamentaux enracinés dans la culture politique istiqlalienne.
M. Baraka a tenu à rendre justice au modèle de développement désormais dépassé. Le bilan des années écoulées n’est point négatif et le pays ne va pas redémarrer à zéro. Nombre de déficits sociaux ont pu être résorbés, à divers degrés, dans le cadre de la stratégie précitée. Ainsi en est-il du taux de scolarisation au niveau du cycle primaire, qui est passé de 92,1% en 2008-2009, à 99,1% en 2016-2017, la pauvreté a reculé de deux tiers, le taux de couverture médical a été multiplié par trois et le revenu individuel a progressé de 45% en 15 ans. De même que les réalisations en matière de production de logements, d’électrification et d’accès en eau potable du monde rural ont été significatives, trois millions de personnes ayant pu, en outre, bénéficier des efforts en matière de désenclavement.
Le modèle de développement arrivé à son terme a, également, porté ses fruits en terme de réformes économiques, de grands chantiers achevés
ou en cours de réalisation et de programmes sectoriels lancés au cours des dernières années, période pendant laquelle le Maroc a connu une véritable révolution industrielle. Ledit modèle a, toutefois, atteint ses limites, autant conceptuels que des instruments mis en œuvre. Le taux de croissance qui se chiffrait à quelque 5% de l’an 2000 à 2010, n’est plus que de 3,2 à 3,7%, précise M. Baraka, et lorsqu’auparavant un point du PIB permettait de créer 40.000 emplois, ce volume n’est plus, actuellement, que de 20.000. Les dépenses publiques ont, par ailleurs, vu leur rendement se détériorer.
L’être humain est la mesure de toute chose
Le Maroc a besoin d’un nouveau modèle de développement adaptés aux évolutions économiques et sociales et aux nouvelles attentes des citoyens dans les domaines de l’enseignement, de la santé, de l’emploi et du logement. Un tel modèle se doit de donner une forte impulsion à la croissance économique, explique M. Baraka, pour parvenir à réduire le chômage endémique, particulièrement celui des jeunes, ainsi que les disparités sociales et territoriales. Le besoin en une meilleure gouvernance se fait également ressentir. Car il s’agit non seulement d’élargir l’accès aux services publics, mais aussi et surtout de rétablir la confiance des citoyens en leurs institutions publiques et en un avenir meilleur.
Dans la conception istiqlalienne du nouveau modèle de développement, promouvoir à la fois le développement durable et le développement humain se traduit par la notion synthétique de développement humain durable, qui revient à fusionner les deux objectifs précités. L’approche est à la fois matérielle et immatérielle, car il s’agit de satisfaire au mieux les aspirations multidimensionnelles des citoyens, qui portent tout à la fois sur l’élévation de leur niveau de vie que sur l’amélioration de leur cadre d’existence, aux échelons politique, éthique, social, culturel, éducatif et sanitaire. Et ce, tout en préservant de la surexploitation de l’environnement et des ressources naturelles au profit des générations futures. L’élévation des capacités et compétences individuelles, l’émancipation des énergies créatives et innovantes ainsi que le renforcement du capital productif en constituent, dans cette optique, les principaux leviers.
Les six axes du modèle de développement égalitariste istiqlalien vont de l’adoption d’une meilleure gouvernance et du renforcement de la démocratie à l’affermissement du développement humain, en passant par la création d’emplois, la consolidation de l’attractivité et la compétitivité de l’économie nationale, la lutte contre la pauvreté et la promotion des classes moyennes, ainsi que l’engagement volontariste dans les révolutions technologiques en cours. Les piliers de l’édifice du modèle de développement égalitariste istiqlalien sont l’Etat de droit et les institutions démocratiques, sans lesquels l’adhésion des citoyens dans la réalisation de ce grand œuvre ne saurait être envisagée. Les briques pour le bâtir s’appellent célérité de l’action publique dans la mise en œuvre des stratégies et programmes engagés et capacités d’anticipation des décideurs, simplification des procédures administratives et efficience, transparence et libre concurrence, des démarches qui exigent l’évaluation des politiques publiques ainsi que l’institutionnalisation de la corrélation entre la responsabilité et la reddition des comptes.
Une économie attractive, compétitive et surtout créatrice d’emplois
La création d’emplois se doit d’être l’objectif premier des politiques publiques et sectorielles, tout autant qu’il faudrait encourager les PME et l’auto-emploi. Les chômeurs ont besoin de qualifications pour faciliter leur accès au marché de l’emploi. Le PI appelle, en outre, à l’instauration d’un service civil d’un genre nouveau apte à absorber le plus de jeunes sans emploi. Une meilleure compatibilité entre la politique du Maroc en matière de migration et les besoins du marché du travail, à l’échelle locale et dans les pays demandeurs de main d’œuvre, est un autre facteur dont il faudrait tirer parti.
Une meilleure attractivité et une compétitivité renforcée de l’économie nationale passent par une meilleure intégration des produits et services aux chaînes de valeur ajoutée mondialisées, sans pour autant sacrifier la souveraineté nationale sur les secteurs stratégiques. Il s’agit, également, de promouvoir l’initiative privée et la productivité, ainsi que les métiers mondiaux du Maroc et les grandes entreprises modèles. L’amélioration du climat des affaires et la garantie de leur sécurité juridique et financière constituent autant de préalables incontournables afin d’assainir les relations entre l’administration publique et les opérateurs économiques.
La mission des centres régionaux d’investissement se doit d’évoluer vers celui d’agences régionales de promotion et de développement de l’investissement et de l’entreprise et l’accès au foncier et au financement doit être facilité à des coûts abordables. Des incitations fiscales doivent être accordées aux jeunes entrepreneurs au même titre qu’aux porteurs des grands projets d’investissements. L’élargissement des réseaux de distribution des produits marocains en dehors du territoire national est une nécessité, tout autant que l’augmentation du nombre d’entreprises exportatrices et des biens et services commercialisés à l’étranger. Les accords de libre-échange avec l’Union européenne et la CEDEAO sont à approfondir, alors que ceux conclus avec des économies concurrentes et à faible complémentarité avec le Maroc doivent être révisés. L’économie verte constitue, par ailleurs, une niche d’opportunités à mieux exploiter.
La lutte contre la pauvreté et le renforcement des classes moyennes passe par une définition nationale du seuil de chacune de ces catégories sociales, une banque de données informatiques sur les biens et revenus des individus et des ménages, pour un meilleur ciblage des politiques à mettre en œuvre. L’ascenseur social doit être diversifié, afin de consolider la cohésion sociale. Une attention particulière doit être accordée à l’économie sociale et solidaire, à travers l’édification de l’artisanat et la production agricole à caractère local au rang de secteurs modèles pour stimuler leurs effets d’entraînement sur les activités génératrices de revenus. Des stratégies d’intégration des personnes souffrant d’handicaps et des programmes spécifiquement dédiés aux personnes âgées sont, également, à élaborer.
Développer le savoir pour savoir évoluer
Pas de stratégie de développement réussie sans un système de recherche scientifique et technologique digne de ce nom. Le PI estime qu’il faudrait multiplier par trois le budget qui lui est alloué jusqu’à atteindre 2,5% du PIB et appelle à l’élaboration d’une stratégie nationale de positionnement interactif avec les évolutions technologiques. La création de start-up est à encourager en assurant leur accompagnement et les compétences pointues de haut niveau mises à la disposition de la recherche-développement dans des domaines ciblés. La digitalisation de l’administration publique doit servir, dans ce cadre, de laboratoire national tourné vers le développement technologique.
Les cinq axes du nouveau modèle de développement égalitariste istiqlalien suscités ne peuvent produire intégralement l’impact escompté s’il n’est pas d’abord question d’une entité sociale forte et cohérente s’appuyant sur les quatre fondamentaux que sont l’éducation, la santé, l’égalité de genre et la protection de l’environnement. L’égalitarisme économique et social ne saurait être accompli si l’un de ses leviers venait à être défaillant ou négligé.
Le PI met l’accent sur l’impérative réhabilitation du rôle pionnier de l’école et de l’université publiques, et ce, aussi bien quantitativement que qualitativement. La réforme du système éducatif doit être menée selon une approche faisant de ses acteurs des prestataires de services dont le rendement est dûment évalué et contrôlé. Les méthodes pédagogiques sont à réviser et un intérêt particulier à accorder à l’enseignement des langues arabe, française et anglaise ainsi qu’à l’enseignement préscolaire.
Une meilleure couverture sanitaire du territoire national est à engager et une réforme en profondeur du système sanitaire menée selon la même démarche méthodologique que pour le système éducatif, c’est à dire dans une optique de prestation de services mesurable. La couverture médicale de base doit être menée à son terme, en s’assurant de son efficience. Le système national des urgences médicales nécessite, pour sa part, une restructuration avec sa dotation en moyens matériels et humains suffisant pour qu’il puisse remplir au mieux son rôle et répondre aux besoins des populations. Une politique du médicament reste, d’autre part, à élaborer, adaptée aux besoins et moyens financiers des citoyens.
Enfin, une stratégie d’égalité de genre est à concevoir et appliquer, de même que pour la protection de l’environnement, avec des programmes à mettre en oeuvre aux échelles nationales et régionales, alors que la question hydrique est à mettre au sommet des priorités.
31/10/2018
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