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Bouteina BENNANI

 
Marina Bouregreg, 11 ans et tous ses dons
 
En ce mois de mars 2019, la Marina de Bouregreg boucle ses onze années d’existence. Livré en mars 2008, ce projet qui
a reconfiguré l’embouchure du Bouregreg, point de jonction entre les villes jumelles de Rabat et Salé, est devenu au fil des ans
un véritable centre d’attraction pour les habitants de ces deux villes. Reportage-bilan d’un site déjà mythique.
Le paysage est certes époustouflant. Vers l’Ouest, la vue est dominée par la Casbah des Oudayas et l’embouchure du Bouregreg sur l’océan Atlantique. Au Sud, le minaret de la Tour Hassan domine les lieux du haut de ses 44 mètres. A l’Est, le non moins imposant futur Grand théâtre de Rabat. Au Nord, les murailles ocres de l’ancienne médina de Salé. Mais au-delà de ce décor digne d’une carte postale et sans doute en raison de cela, la Marina de Bouregreg où sont constamment amarrés quelques yachts et autres bateaux de plaisance luxueux, revêt aujourd’hui un véritable statut d’attraction populaire pour les habitants des deux villes riveraines. Autrefois privés de lieux de balade et de villégiature accessibles, les Rbatis et Slaouis, toutes catégories confondues, se sont approprié ce lieu désormais symbole de mixité sociale.
Malgré sa situation géographique sur la rive de Salé, la Marina fait surtout office de joyau du projet «Rabat, ville lumière, capitale marocaine de la culture». La Capitale administrative est aussi une ville qui respire : 20 m² d’espaces verts par habitant, le double de ce que
recommande l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Inscrite au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO, la cité impériale a ainsi été classée, cette année, dans le cadre du classement établi par le cabinet Mercer comme la ville du Maroc qui offre la meilleure qualité de vie. Certes, à l’échelle mondiale, sa situation au 117ème rang des villes où il fait le mieux vivre n’est pas des plus glorieuses, mais les perspectives et la marge d’évolution restent prometteuses. Entre autres indices de cette future progression, l’octroi d’une enveloppe budgétaire de 13 milliards de dirhams pour le financement de projets de développement de la région Rabat-Salé-Kénitra, ainsi que la nomination récente d’un super Wali chargé de mettre en œuvre ces mêmes projets. Il s’agit de M. Mohamed Yaacoubi, ancien Wali de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima où son bilan est connu de tous et qui a été nommé en février 2019 par SM le Roi Mohammed VI, en tant que wali de Rabat-Salé-Kénitra.
Pour revenir à la Marina Bouregreg, ce projet situé dans un site autrefois délaissé, a été livré en mars 2008 sous forme de grand projet structurant comprenant plusieurs édifices dont certains ne sont pas encore finalisés. On peut citer le Grand théâtre de Rabat, d’une superficie de 27 000 m² pour un total de 2000 places, ainsi que l’amphithéâtre plein air de verdure pouvant accueillir 7000 personnes. Les projets en cours dans la vallée du Bouregreg, c’est aussi le projet immobilier Bab El Bahr d’une superficie globale de 512 000 m², la Maison des arts et de la culture ainsi que la Bibliothèque des archives nationales du Royaume du Maroc, situés sur le prolongement du grand théâtre de Rabat. Malgré l’ampleur du chantier qui plaide à la décharge de ses gestionnaires, force est de déplorer que plusieurs de ces projets ont enregistré un certain retard. Ce qui n’est pas le cas de la Marina de Bouregreg dont les gestionnaires assurent que le calendrier des travaux et chantiers a été totalement bouclé.
Afin d’éclairer nos lecteurs sur le fonctionnement de la Marina de Bouregreg, nous avons contacté Fahd El Mejjati, Directeur Général de la Marina Bouregreg, qui nous a emmené à la découverte de certains lieux phares du site, dont notamment le port de plaisance.

Etat des lieux du port de plaisance, 11 ans après
Selon notre guide du jour : «La Marina fluviale ou port d’attache des plaisanciers a une capacité d’accueil de 250 anneaux de 6 à 30 mètres», de quoi faire rêver les amoureux de la navigation. Elle a été construite en 2007 et mise en service en mars 2008. Le port reçoit en moyenne 200 bateaux étrangers par an, de nationalités très variées, en majorité, des Français. Mais aussi des Allemands, des Hollandais, des Américains, des Néozélandais, des Australiens et des Russes. Un personnel bien formé depuis 10 ans, maitrisant l’anglais, le français, l’arabe et l’espagnol assure l’accueil des plaisanciers.
Ce port d’attache loue ses services pour une durée de deux ou trois jours, comme pour un an ou 18 mois, sachant que l’autorisation d’entrée au Maroc arrive à terme au bout de 18 mois. Certains bateaux sont amarrés depuis un an. Les services offerts sont le wifi, l’eau, l’électricité, compris dans le prix de location. Aide et accompagnement et autres services sont mis à leur disposition.  Mais ce n’est pas le seul argument dont dispose la Marina. Car selon l’un des plaisanciers sondé sur les atouts de ce port, «la rive est très bien placée pour la traversée, les navigateurs trouvent des vents et des courants favorables pour aller aux îles Canaries et traverser l’atlantique».
Après un début des plus timides, pour ce qui est des bateaux marocains amarrés à la Marina, les dernières années ont connu une progression assez intéressante qui a permis le passage de 25 à 87 bateaux résidents permanents dont la plupart sont à moteurs. Pour ce qui est des voiliers, seuls trois battent pavillon marocain.
Le positionnement du port  au niveau national et international est assez intéressant. Il y a de bons échos sur son classement national, par rapport aux commentaires des plaisanciers, en matière d’accueil, de propreté ou de sécurité… Ces derniers sont, pour la plupart, sur la rive pour le plaisir. Certains travaillent en Europe ou ailleurs et laissent leur bateau amarré, reviennent naviguer, traversent l’Atlantique ou repartent vers les iles canaries.
Depuis la mise en service du port, il y a une réelle progression. Tout au long de l’année, 100 bateaux restent amarrés en permanence. En pleine saison qui s’étale du 1er juillet à fin novembre, le port est au complet. En perspective pour le port, il y aura installation d’un chantier naval pour les réparations et l’entretien des bateaux.
Le fonctionnement du port de plaisance 
Présidence du Conseil d’administration, Direction générale déléguée, direction de la Marina et tout le personnel sont représentés en tout par 18 personnes. La capitainerie reçoit les bateaux dès leur arrivée à l’embouchure. Après leur appel, un bateau pilote va les chercher et les guider au port, sur le ponton d’accueil, sur le fleuve. Toutes les démarches administratives se font sur le bateau : la police des frontières, la douane. Enfin, le bateau est amarré en anneau.
Les modalités administratives dépendent de l’arrivée des bateaux par voie maritime ou par voie terrestre. Aucun droit d’entrée n’est payé quoiqu’ils puissent rester amarrés jusqu’à 18 mois. Ils paient juste la location des anneaux, selon la grille tarifaire Bouregreg Marina qui dépend de la longueur du bateau, du tarif annuel, journalier, mensuel ou autre, et de la basse saison (du premier novembre au premier juin) ou de la haute saison (du premier juin au premier novembre). Pour ce qui est du prix annuel, les bateaux amarrés de longueur entre 0 et 6,49 doivent s’acquitter de 7,48 dhs par mètre et par jour. Pour le reste, cela dépend des journées, de la semaine et des mois. En moyenne, un bateau de 10 mètres coûte à son propriétaire 1800 dirhams par mois.
Mais n’entre pas qui veut dans ce port soumis à une réglementation stricte. En effet, toute demande de location d’un anneau est soumise à enquête policière et les postulants doivent montrer patte blanche. Par voie terrestre, les plaisanciers qui tractent leurs embarcations ont affaire à la Gendarmerie maritime et à la police des frontières pour les pavillons marocains, lesquels vérifient le congé de police (l’équivalent de la carte grise des voitures), l’assurance, les papiers du bateau et l’identité des personnes à bord. Pour les pavillons étrangers, il y a aussi la douane et la brigade cynophile ou brigade policière avec chiens, comme autres inspections d’usage. Le tout passe ensuite à la capitainerie pour les dossiers administratifs.
L’ambiance reste cependant bon enfant et depuis son inauguration, la Marina n’a connu selon nos informations aucun incident grave. Alors que nous quittions ce lieu au coucher du soleil, les allées et rives du port de plaisance grouillent encore de monde au grand plaisir des terrassiers et autres restaurateurs. Un grand yacht entame son entrée dans le port, tandis qu’un hors-bord le suit de près, sous le regard intéressé d’une ribambelle d’enfants qui courent dans tous les sens en l’absence d’un espace de jeux qui leur est spécialement dédié. En plus des moustiques qui selon les riverains assiègent les lieux en été, c’est sans doute le seul et unique bémol.

Bouteina BENNANI
Ph. NIDAL 22/3/2019
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