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Lionel Atokré

 Marche noire des médecins du public à Rabat
Une semaine de contestations en perspective
 
Comme annoncé dans notre édition du 22 avril courant, le mouvement des médecins du secteur public lancera une batterie de manifestations de colère en cette semaine qui commence. Le point de départ de la contestation est prévu ce lundi à Rabat, avec un sit-in à partir de 11 heures devant le siège du ministère de la Santé, au quartier Hassan. Ce sit-in sera suivi par une marche qui traversera le centre-ville pour s’achever devant le Parlement.
«On prévoit entre 1000 et 1500 manifestants venus de toutes les régions du Royaume sans exception », nous précise Docteur Ahmed Caïdi, Secrétaire Régional pour la zone Nord du Syndicat Indépendant des médecins du secteur public. D’après un communiqué de ce syndicat adressé à "L’Opinion", le sit-in national de contestation appelé « Marche de deuil en noir » a pour but de défendre la dignité et protester pour le droit à de meilleures conditions de travail. Par ailleurs, les blouses blanches qui ont choisi pour l’occasion de se vêtir en noir, demandent au département d’Anas Doukkali, l’application de l’indice 509 relatif au système de rémunération dans la fonction publique, avec l’intégrité des indemnités qui en découlent et au profit de l’ensemble des échelles. «La fonction publique au niveau de la médecine n’est plus attractive. En plus de la charge de travail harassante, l’ambiance dans les hôpitaux et la démotivation salariale rebutent de plus en plus les jeunes médecins qui préfèrent désormais le secteur privé », déplore Docteur Ahmed Caïdi.
Dans son communiqué, le Syndicat Indépendant des médecins du secteur public promet une semaine de contestations à travers l’ensemble du Royaume. Deux grèves générales des médecins du public les 29 et 30 avril, ainsi que les 2 et 3 mai, se succéderont. En plus de ces grèves, d’autres formes de contestation se traduiront par le port de brassards «gréviste 509» dans les urgences, ainsi que le boycott des «campagnes et caravanes improvisées d’opérations chirurgicales». Les grévistes en blouses noires demandent à leurs confrères chirurgiens dentistes, pharmaciens et médecins du privé de se solidariser avec ces contestations et de prendre part à la marche du lundi.
Ce mouvement qui dénote d’une rupture entre les médecins du public et leur ministère de tutelle, traduit un malaise général qui perturbe ce secteur vital pour l’ensemble des Marocains. En plus des médecins du public, d’autres corps de métiers proches mènent depuis plusieurs mois des grèves. Il s’agit notamment des infirmiers et des étudiants en médecine qui vivent actuellement sous la menace d’une année blanche. En face, le mutisme et le silence du ministère de M. Doukkali devient de plus en plus pesant. Ceci d’autant plus que les grévistes menacent de prolonger leur mouvement plusieurs mois durant.

L’origine du mal
En plus des conditions inhumaines de travail des médecins du public et leurs faibles rémunérations par rapport à leurs homologues du privé, la crise actuelle avait été accentuée par une décision ministérielle jugée aujourd’hui dans le milieu comme «culottée, maladroite et insensée». Cette décision remonte au début de l’année 2019. L’actuel ministre de la Santé, M. Anas Doukkali, lance alors en grande pompe son plan « Zéro rendez-vous », un plan ambitieux qui projette de répondre dans des délais records et sans rendez-vous prolongés aux demandes d’interventions chirurgicales. Une demande de la part du ministre qui suscite beaucoup d’engouement chez la population, mais fait grincer des dents dans le secteur médical public. « Ce plan était une simple opération de communication bidouillée à la va-vite pour des considérations purement politiciennes. Car comment voulez-vous que dans des hôpitaux publics dépourvus des moyens humains et matériels les plus élémentaires, on puisse, du jour au lendemain, satisfaire la forte demande d’opérations chirurgicales sans avoir pris le soin, au préalable, de répondre au besoin urgent de renforcer les effectifs et d’améliorer les équipements et les infrastructures ?», nous avait dit le Dr Caïdi.

Lionel Atokré
29/4/2019
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