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Lionel ATOKRE

 Grève des médecins du public
Bilan et enseignements de la « marche noire » de Rabat
 
Les médecins grévistes du secteur public étaient, selon les organisateurs, un peu moins d’un millier (au lieu des 1500 annoncés la veille) à descendre dans les rues, lundi 29 avril dernier, pour montrer leur mécontentement face aux problèmes qu’ils rencontrent dans l’exercice de leurs fonctions. Venus de toutes les régions du Royaume, ils ont effectué une marche qui a débuté devant le siège du ministère de la Santé sis au quartier Hassan, et qui les a menés jusqu’au Parlement, en passant par le centre-ville.
« La marche s’est bien passée. Nous avons pu manifester calmement, dans de bonnes conditions. Maintenant, nous espérons que nous serons entendus par les autorités compétentes », affirme le Docteur Ahmed Caïdi, Secrétaire Régional pour la zone Nord du Syndicat indépendant des médecins du secteur public et participant actif à la marche de Rabat.
Sur les gilets noirs qu’arboraient les grévistes, on pouvait lire « 509 complet-SIMSP ». « 509 » comme le grade de la fonction publique qui permet le calcul des salaires selon le niveau et qui est l’une des principales revendications des médecins. En effet, ces derniers réclament l’application de l’indice-échelon 509 dans le calcul de leurs salaires. Les médecins ayant un bac+8, à ce jour, ils sont rémunérés sur la base de l’indice 336-1, qui est celui d’un détenteur d’un diplôme Bac+5. L’autre mal évoqué par les manifestants lors de leur sit-in, est l’atmosphère austère et «catastrophique» dans laquelle les médecins du public exercent leur métier. Entre autres le manque d’infrastructures, d’équipements, de ressources humaines et de médicaments. «Ce qui génère une situation permanente de stress marquée par le débordement de services hospitaliers et des dispensaires déjà submergés par une forte affluence», comme nous l’a expliqué Docteur Ahmed Caïdi.
Pour l’heure, même si les médecins grévistes du public sont en colère, ils privilégient le dialogue en restant à l’attente d’une réaction du ministre Anas Doukkali par rapport à leur situation. «Il y aura une réunion de la Commission administrative et du Conseil national du Syndicat dans les prochains jours pour décider de la suite à donner à notre mouvement», nous informe Docteur Ahmed Caïdi. En attendant, les «blouses noires» du secteur public continuent leur mouvement de protestation avec deux grèves générales, entamées les 29 et 30 avril et qui reprendront les 2 et 3 mai.

Lionel ATOKRE
2/5/2019
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