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        Economie

Abdelilah CHANNAJE

 Entretien avec Tarik AITRI, président de la Fédération des Industries Métallurgiques, Mécaniques et Electromécaniques
Le secteur aspire à se développer davantage à l’avenir
 *Les écosystèmes des IMM devraient générer 13.400 nouveaux emplois à l’horizon 2020 *Un nouvel écosystème afférent au secteur ferroviaire en cours de finalisation
Le secteur Industries Métallurgiques, Mécaniques et Electromécaniques occupe une place prépondérante dans le tissu industriel marocain.
Réalisant un chiffre d’affaires de plus de 45 milliards de dirhams, le secteur aspire à se développer davantage à l’avenir, grâce à une multitude de projets prévus. Dans l’entretien qui suit, M. Tarik AITRI, président de la Fédération des Industries Métallurgiques, Mécaniques et Electromécaniques (FIMME), nous parle de ces projets, des contraintes dont souffre le secteur, ainsi que d'autres questions lui concernant.
L’Opinion : Pouvez-vous nous parler de la FIMME que vous présidez, ainsi que du secteur des industries métallurgiques, mécaniques et électromécaniques ?
 
Tarik AITRI : La FIMME est la fédération qui regroupe les industriels de la métallurgique, la mécanique et l’électromécanique au Maroc. Depuis sa création, cet organisme joue un rôle majeur dans le secteur qu’il représente, stratégique de par sa transversalité.
Sans se prêter à l’exhaustivité, les missions de la Fédération consistent notamment à défendre les intérêts communs de tous les acteurs des IMME et à développer les industries affiliées, dans tous les domaines touchant à la profession. Pour ce faire, nous effectuons auprès des pouvoirs publics toutes les démarches ou interventions nécessaires pour assurer une bonne représentation des opérateurs, dans leur très vaste diversité. Notre objectif majeur est d’être un moteur puissant et dynamique pour la croissance industrielle du Royaume.
Concernant le secteur précisément, il tient indiscutablement une place prépondérante dans le tissu industriel marocain. Outre son rôle stratégique de fournisseur de biens d’équipement à l’économie nationale et de leur maintenance, il contribue largement au renforcement de l’infrastructure industrielle du pays.
Réalisant un chiffre d’affaires de plus de 45 milliards de dirhams qui lui permet de dégager une valeur ajoutée dépassant les 10 milliards, le secteur aspire à se développer davantage à l’avenir, grâce à une multitude de projets prévus.
Grand pourvoyeur d’emplois, les quelque 1500 entreprises qu’il compte actuellement regroupent près de 68.000 personnes.
 
L’Opinion : Dans une correspondance au ministre de l’Industrie, Moulay Hafid Elalamy, adressée le 1er février 2019, la FIMME exprime ses mécontentements quant à la situation difficile que vit le secteur. Pouvez-vous nous donner plus de précisions à ce sujet ?
 
M. AITRI : La FIMME n’exprime pas ses mécontentements et n’opère pas de la sorte avec son ministère de tutelle. Elle a toujours partagé avec le ministère de l’industrie la situation économique, technique et technologique de son secteur.
Nous avons instruit notre position favorable quant à la continuité d’accompagnement en matière de protection commerciale du secteur des aciers longs (fer à béton et fil machine). L’expérience réussie de la première mesure de sauvegarde des produits longs conforte l’ensemble des acteurs concernés, ainsi que leur association dans la prise de ce genre de décisions.
Toutefois, nous avons fait part au ministère de l’Industrie des contraintes ainsi que des différentes positions exprimées formellement par les industries avales transformatrices des produits plats (tôles et bobines). Nous avons toujours informé la tutelle sur notre disposition à œuvrer de concert pour asseoir un équilibre stable entre filières amont et aval portant sur les différentes chaînes de valeur, sur la compétitivité, et sur la croissance et le développement des différentes branches d’activité des IMME.
 
 
L’Opinion: La FIMME a lancé, il y a plus de deux mois, des écosystèmes des industries mécaniques et métallurgiques (IMM). De quoi s’agit-il?
 
M. AITRI : Il s’agit d’un ambitieux projet lancé conjointement par notre Fédération, le ministère de l’Industrie et celui des Finances. Destiné aux entreprises des IMM, il sera porté par la profession elle-même et aspire à fournir les conditions optimales de leur développement. Il nécessitera la mobilisation de tous les acteurs, pour être en phase avec les objectifs sur lesquels la FIMME s’engage et les résultats escomptés pour les opérateurs du secteur.
Ce projet se décline en quatre écosystèmes, à savoir : la valorisation des métaux, les nouveaux métiers, le travail des métaux et l’industrie navale.
Ils bénéficieront de l’appui à l’investissement de l'État qui nécessitera une enveloppe estimée à 630 millions de dirhams, ainsi que d’une série de mesures initiées par les pouvoirs publics et sur lesquelles ils se sont engagés. Les équipes du ministère de l’Industrie et celles de notre Fédération œuvrent ensemble et sans relâche sur ces projets, afin de garantir toutes les chances de réussite, en offrant aux différentes filières des IMME inscrites dans les périmètres identifiés un essor de développement de la valeur ajoutée et de l’employabilité.
En effet, ils devraient générer, à l’horizon 2020, près de 13.400 nouveaux emplois et un chiffre d’affaires additionnel d’environ 11 milliards de dirhams pour une valeur ajoutée supplémentaire de plus de 1,6 milliard.
A l’occasion du démarrage officiel des écosystèmes IMM, la FIMME a donc immédiatement lancé un appel à manifestation d’intérêt à l’endroit des porteurs de projets potentiels dans ces écosystèmes, qui sont appelés à soumettre leur dossier à la fédération.
A titre informatif, un nouvel écosystème afférent au secteur ferroviaire est en cours de finalisation.
 
L’Opinion: Quels sont les défis à venir pour votre secteur au Maroc ?
 
M. AITRI : Les défis, il y en a toujours et heureusement ! Du fait de l’évolution mondiale dans bien des domaines, le secteur que nous représentons se trouvera régulièrement, de toute évidence, confronté à une multitude de challenges cruciaux. Il est clair que nous devrons faire face à de nombreuses incertitudes, aux inconstances de la conjoncture locale et internationale, à la rudesse de la concurrence et autres difficultés de toutes sortes. Cette réalité exigera de notre Fédération, inévitablement, des adaptations fréquentes.
Globalement, notre rôle essentiel consistera, dans le contexte cité, à soutenir et encourager le développement d’une industrie nationale saine et compétitive, à favoriser les synergies tout en préservant les équilibres nécessaires entre les opérateurs de tous bords.
Redorer le blason de notre secteur, l’aider à retrouver sa position, sa notoriété et surtout son épanouissement, perdu ces derniers temps, constituera pour nous, assurément, un défi majeur.
Dans cette perspective, il est absolument fondamental de réussir l’approche basée sur la notion d’écosystèmes aux côtés de notre ministère de tutelle, et d’atteindre les objectifs fixés, en vue d’élargir davantage les périmètres de notre secteur et d’offrir à notre jeunesse des opportunités d’emploi.
Nous souhaitons également doter le secteur d’un observatoire des métiers et des compétences, indispensable à son équilibre, à son renforcement et garantissant la visibilité et la pérennité de nos activités.
 
L’Opinion :- Y a-t-il d'autres éclaircissements à apporter sur la problématique de développement du secteur de la métallurgie en général ?
 
M. AITRI : Nous ne pouvons pas envisager un développement sans faire face à des problématiques multiples ! Les surmonter est déjà du développement en soi.
Néanmoins, l’essor de la métallurgie doit reposer sur des fondamentaux incontournables, nous n’en citerons que les plus importants :
 
• La conviction politique de faire des IMME la colonne vertébrale des industries dans notre pays par le développement des métiers ;
• Le renforcement des capacités financières de nos industries moyennant un accompagnement en adéquation avec leurs besoins réels ;
• L’appui à l’investissement productif générateur de valeur ajoutée et d’emplois ;
• Le renforcement des compétences managériales et opérationnelles ;
• La préférence de l’offre nationale ;
• Le développement de l’offre exportable.
Propos recueillis par :
Abdelilah CHANNAJE
2/5/2019
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