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Samir ZERRADI

 Fin de la crise des enseignants otages de l'échelle 9
La salutaire intermédiation de l’UGTM
 ** La raison prend le dessus et ouvre la voie au dialogue ** Objectif: améliorer l'offre du ministère 
Le mouvement de protestation des enseignants bloqués à l’échelle 9, qui est l’une des crises les plus graves, après celle des enseignants contractuels, ayant agité le secteur de l’enseignement public durant les derniers mois, semble s’acheminer vers son épilogue grâce à l’intermédiation du groupe Istiqlalien à la Chambre des conseillers. Après deux réunions, jeudi et vendredi, avec des représentants de l’Union Générale des Travailleurs au Maroc (UGTM) et la Fédération Autonome de l’Enseignement (FAE), les enseignants grévistes ont décidé de suspendre leur mouvement de grève et de rejoindre leurs classes… en attendant que le ministère de l’Education Nationale réponde à leurs doléances.
Ils se considèrent comme des prisonniers au point de s’auto-baptiser «détenus de la cellule 9». Eux, ce sont les enseignants classés à l'échelle 9 qui mènent depuis le 1er mai une série de protestations pour obtenir le déverrouillage de leur statut administratif aux allures d’impasse bloquant toute perspective d’évolution de carrière. Leur mouvement de protestation menaçait de se radicaliser et de se poursuivre pour la troisième semaine d'affilée, dans l’objectif de mettre la pression sur le gouvernement et appeler le ministère de l'enseignement à assumer ses responsabilités et régulariser leur statut. Mais une réunion tenue le jeudi 9 mai, puis une deuxième dans la soirée du vendredi 10 mai, ont changé le cours des choses. Lors de ces deux réunions organisées à l’initiative des membres du groupe Istiqlalien unité et égalitarisme à la Chambre des conseillers, les enseignants grévistes représentés par des membres de leur coordination nationale se sont concertés avec les représentants de l’Union Générale des Travailleurs du Maroc (UGTM), bras syndical du parti de l’Istiqlal, en vue de trouver une issue favorable à leur crise.
Cette réunion qui a réuni au siège de l’UGTM les représentants des enseignants grévistes avec M. Nâam Myara, Secrétaire Général de l’UGTM, Mme Khadija Zoumi membre du bureau exécutif dudit syndicat et M. Youssef Aâlakouch Secrétaire Général de la Fédération Autonome de l'Enseignement (FAE) a été marquée par des pourparlers animés. Elle a été suivie par une deuxième réunion dans la soirée du vendredi qui s’est finalement soldée par la suspension de la grève des enseignants. La centrale syndicale de l’Istiqlal assurera pour sa part le rôle d'intermédiation pour négocier le dossier revendicatif des grévistes auprès du ministère de tutelle, avec en ligne de mire l’amélioration de l'offre présentée par M. Amzazi. En attendant, la Coordination des enseignants grévistes de l’échelle 9 a pris la décision, d'après un communiqué consulté par L’Opinion, de suspendre toute forme de protestation durant les prochains jours, donnant ainsi un précieux sursis au ministère de l’éducation afin de prendre les mesures qui s’imposent pour dépasser cette énième crise qui agite l’enseignement public.
En effet, après le mouvement national des enseignants contractuels qui a failli causer une année blanche, celui des enseignants dits de la «cellule 9», menaçait de replonger ce secteur désormais fragile dans le chaos. Dans ces deux cas, c’est l’intermédiation de l’Istiqlal, que ce soit par le biais des membres de son groupe parlementaire ou par le biais de son bras syndical, l’UGTM, qui a permis de désamorcer la crise et de remettre les parties sur la table du dialogue et de la négociation. Pour ce qui est des enseignants de la «cellule 9», l’intermédiation de l’Istiqlal a été précédée par un appel à la raison adressé au ministère de tutelle. En effet, les syndicats les plus représentatifs, dont l'UGTM, ont transmis, mercredi 8 mai, une lettre au ministre de l'éducation dans laquelle ils ont exprimé leur indignation quant aux répressions des manifestants et dénoncé l'incapacité du gouvernement à trouver une solution équitable et juste à ce dossier.
Mardi 7 mai, premier jour du Ramadan, trois membres du Conseil national de la coordination avaient, en effet, été arrêtés suite à une intervention musclée des forces de l’ordre lors de laquelle ont également été confisqués quelques outils de protestations des grévistes. «Ils nous ont pris nos haut-parleurs et nos tuniques oranges symbolisant les prisonniers de Guantanamo, mais surtout, ils ont arrêté trois des nôtres», déplorait ce jour-là Mohammed Boukhriss, coordinateur national des enseignants classés à l'échelle 9. Et d’ajouter : «Notre dossier est simple, il n'a pas besoin de dialogue ou de négociation, car cela ne fait que prolonger la crise et la souffrance des enseignants détenus dans la cellule 9 depuis des années, et qui perçoivent 4.000 dhs, nous refusons l'offre du ministère parce qu'elle ne représente pas une solution réelle, et ne répond pas à nos revendications».
A noter que les enseignants de la «cellule 9» demandent le passage à l'échelle 10 et le paiement de leurs arriérés. Par contre, le ministère propose de régler la situation d'une première tranche en 2019, et d'une deuxième tranche en 2020, et le reste en 2023. A cela réplique M. Boukhrisse: «Les étudiants qui vont étudier à l'université en 2020 peuvent intégrer le cycle de l'enseignement en 2023 et seront mieux rémunérés que leurs professeurs, alors que le nombre global de ces enseignants est de 4700, soit 20% du corps enseignant, de même le passage à l'échelle 10 est synonyme d'une augmentation de salaire de l'ordre de 700 à 800 dhs par enseignant, cela relève uniquement d'une volonté politique». M. Boukhrisse estime que "ces enseignants n'appartiennent plus à la Fonction publique, puisque l'échelle 9 n'existe plus depuis 2012, de plus le salaire moyen a augmenté de 32 pour-cent en dix ans, alors qu'ils sont contraints de toucher 4.000 dirhams" conclut-il.
Samir ZERRADI
13/5/2019
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