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Samir ZERRADI

 Bilan d’étape :
L’Opposition fustige encore une fois l'Exécutif
 
Livrant une analyse objective dévoilant la face cachée du bilan d'étape du gouvernement, les composantes de l'opposition ont saisi la première occasion pour riposter aux tirs à outrance du chef de l'Exécutif à leur encontre. Ainsi, lors de la séance plénière tenue, lundi dernier, à la deuxième Chambre, les Conseillers parlementaires, notamment Istiqlaliens, ont pris la parole pour dénoncer les provocations lancées par M. El Othmani à la Chambre des Représentants, les jugeant sans fondements et servant uniquement à dissimuler, vainement d’ailleurs, les défaillances de son gouvernement que le bilan de mi-mandat n’est pas parvenu à maquiller.

Aussi, montant sur le créneau, les intervenants au nom du Parti de l’Istiqlal ont critiqué en premier lieu le leitmotiv revenant à plusieurs reprises dans l'exposé du chef du gouvernement sur les « réalisations sans précédent ». Ils ont indiqué à cet effet qu'il ne s'accorde nullement avec le postulat prononcé qu’il a fait lui même et selon lequel « ni ce gouvernement, ni les gouvernements qui vont suivre ne pourront réaliser les réformes escomptées », martelant que cette déclaration ne fait qu’accroitre le sentiment de déception et de frustration parmi les citoyens.

S’attaquant aux détails, les parlementaires istiqlaliens ont relevé que le gouvernement s'est arc-bouté sur des indicateurs positifs pour lustrer son image, mettant de côté les vrais défis qui revêtent une importance majeure pour les Marocains. A savoir l'emploi, le renforcement du pouvoir d'achat, la réforme de l'enseignement et l'accès aux soins médicaux… entre autres.

Dans ce sens, ils ont considéré que les ménages souffrent à cause du trend haussier des produits de première nécessité. Tendance qui a impacté directement la demande intérieure, l'une des principales locomotives de la croissance. Ainsi, à titre d’exemple, ils ont cité les prix de la viande rouge, du poulet et du poisson qui ont enregistré en 2018 des hausses non négligeables pour la majorité des citoyens. Une réalité qui met à mal le budget des ménages déjà sous pression à cause des frais de scolarité, en plus du poids incessant sur les dépenses dû à la libéralisation des prix des carburants en l'absence des mécanismes d'accompagnement, alors que le plafonnement, tant promis par le gouvernement, tarde à se profiler. Par conséquent, une large proportion des ménages marocains ont subi une nette détérioration de leur pouvoir d'achat. Le taux d'épargne, de son côté, a diminué de 0,1 pour cent en 2018, alors que les recettes de la TVA ont enregistré une baisse de 12 pour cent.
Quant au taux de croissance, l'un des non-dits de l'exposé de M. El Othmani, le gouvernement, semble-t-il, est en perte de vitesse vis-à-vis de son objectif fixé, péroré dans le programme électoral, d’atteindre entre 4,4 et 5,5 pour cent. Selon les données têtues, le taux de croissance se chiffre à 2,7 entre 2016 et 2018, et s'établira à 2.9 pour cent les deux prochaines années.
Parallèlement aux faibles taux de croissance, ont poursuivit les intervenants, l’endettement du Trésor a augmenté de 4,6% à fin 2018 pour atteindre en chiffres réels 715 milliards de dirhams, tandis que la dette globale du Maroc a grimpé à plus de 84% du PIB, s'élevant à 890 milliards de dirhams, rappelant que le gouvernement espérait réduire le déficit budgétaire en le ramenant de 3.5% du PIB en 2017 à 3% en 2018.
« Ce qui nous laisse dans la confusion, a expliqué le Conseiller istiqlalien M. Fouad Kadiri, c'est le ton euphorique du chef du gouvernement devant ces réalités alarmantes qui mettent en danger la souveraineté économique du pays ». Et d'ajouter que les investissements étrangers ont régressé de 47%. En effet, les IDE ont enregistré un recul de 3,5 milliards de dirhams au cours du premier semestre 2018, notamment en mai et juin.

Mèches à retardement

Se référant aux « réalisations sans précédent », les intervenants au nom de l'opposition se sont interrogés sur le repli sans effet du taux de chômage à hauteur de 0,5%, alors que le gouvernement avait promis de le réduire à 8,5% à l’horizon de 2021, notant qu'il a en revanche grimpé à 10% en général dont 14% en milieu urbain où il touche quatre jeunes sur dix. Plus qu'alarmant, il touche plus de 40% des jeunes âgés de 15 à 25 ans, sans compter les 400.000 cas de déperdition scolaire annuelle. Ce sont là des mèches à retardement ont-ils estimé, soulignant dans le même élan que la tourmente règne dans le milieu académique à cause de la situation de l'université marocaine devenue une usine à fabriquer le chômage.
 Dans le même sillage, ils ont mis en exergue la montée sans précédent des mouvements de contestations qui ont chauffé les artères de la capitale, observés par les enseignants contractuels, les étudiants en médecine, les enseignants otages de l'échelle 9 et les diplômés chômeurs....
Les critiques avancées par les tenants de l'opposition se sont enchaînées pour se pencher sur les conditions lamentables du secteur de la santé. En fait, les remarques ont déploré le manque de ressources humaines médicales et paramédicales, qui sont de surcroît mal réparties. Cinq régions se taillent la part du lion, étant que l'effectif médical est reparti à raison de 65% sur le périmètre Casablanca-Kénitra-Fès, alors que les zones enclavées souffrent de problèmes d'accessibilité aux soins.
Soulignant ces déficits qui nécessitent une révision de la carte sanitaire, l’opposition a considéré que les Marocains doivent débourser 57% de leurs budgets en dépenses de santé, au moment où les hôpitaux publics ont perdu 4500 lits, passant de 27.640 à 22.500, d’où les décalages itératifs des rendez-vous pour alitement des patients dans les CHUs.
Samir ZERRADI
10/6/2019
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