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        Editorial
 
Sahara : Vérités et cécité

Jamal HAJJAM

Pris à la gorge par une révolte populaire inédite, le régime algérien poursuit malgré tout sa hargne contre le Maroc et son intégrité territoriale confirmant son hostilité viscérale, voire génétique. Se souciant peu de son propre sort, il continue de s’activer à l’international pour claironner que l’affaire du Sahara est une question de décolonisation. Et c’est en déphasage total avec les données objectives de l’étape que traverse le dossier, qu’il s’appuie obstinément sur des références tronquées et sélectives et s’attache mordicus aux plans antérieurs, enterrés pourtant définitivement depuis 2004 par le Conseil de Sécurité et dont la caducité est officiellement et internationalement établie.
C’est kafkaïen mais c’est le propre des caciques de ce régime grabataire qui passe ainsi, dans la foulée de sa dislocation, de la myopie à carrément la cécité alors que le cours des événements à l’intérieur de l’Algérie et dans la région, ainsi que l’évolution onusienne du dossier du Sahara, incitent à faire valoir un tant soit peu de raison ne serait-ce que pour préserver, pour l’Histoire, un minimum de dignité.
De toute évidence, la question du Sahara ne peut être une affaire de décolonisation mais d’intégrité territoriale du Maroc et de souveraineté nationale, arguments à l’appui. Et pour cause. C’est le Maroc qui l’a introduite aux Nations-Unies en 1963, en tant que territoire à récupérer, et ce, au moment où l’Algérie recouvrait à peine son indépendance et que le «polisario», création algérienne ultérieure, n’était pas encore conçu.
Rabat, qui réclamait officiellement, légitimement et ouvertement la rétrocession du Sahara par l’Espagne, avait, par ailleurs, convaincu de la légitimité de sa position, pris le devant lors de son adhésion à l’OUA, toujours en 1963, pour émettre ses réserves sur le principe de l’intangibilité des frontières héritées de l’ère coloniale.
L’avis consultatif de la Cour internationale de Justice de 1975 a, pour sa part, reconnu l’existence des liens d’allégeance des populations du Sahara aux souverains du Maroc et, réciproquement, de l’autorité de ces derniers sur cette région. L’avis de la Cour reconnaissait donc implicitement que ce territoire qui n’a jamais été une terre sans maître, faisait bel et bien partie intégrante du territoire marocain.
En 2004 et devant l’impossibilité pratique d’organiser un référendum d’autodétermination comme le prévoyait le plan de règlement initial aujourd’hui caduc, l’ONU avait ouvert la voie devant une autre forme d’autodétermination : une solution politique négociée et définitive. Le Maroc y a concrètement adhéré en 2007 en mettant sur la table son initiative pour la négociation d’un statut d’autonomie du Sahara, dans le cadre de la souveraineté du Maroc et de son unité nationale. Depuis sa présentation, la prééminence de cette proposition a d’ailleurs été consacrée dans toutes les résolutions du Conseil de Sécurité.
Aujourd’hui, et au bout de plus de quatre décennies de vaines falsifications des vérités historiques, de blocages et de tentatives d’avortement de chaque avancée réalisée sous l’égide des Nations Unies, le régime algérien, fossilisé dans sa haine du Maroc, refuse toujours de voir la vérité en face. Ceci à un moment où l’ONU semble déterminée à venir à bout de ce conflit artificiel qui ne cesse de mettre à mal la paix et la sécurité régionales, du fait du climat d’instabilité qu’il engendre.
L’organisation par l’Envoyé personnel du SG de l’ONU pour le Sahara de deux tables rondes impliquant directement l’Algérie en tant que partie prenante -une première dans les annales du conflit-, en dit en tout cas long sur l’intention de l’ONU de passer à la vitesse supérieure et, surtout, de mettre le voisin de l’Est devant ses responsabilités historiques.
Jamal HAJJAM

10/5/2019
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Sept années de vaches maigres

Jamal HAJJAM

Il a fallu sept années de tergiversations, de sourde oreille, d’arrogance, de négation des droits et revendications légitimes, pour que le gouvernement réalise enfin que les partenaires sociaux sont une pièce incontournable dans le dispositif étatique et des « pare-chocs » déterminants pour la bonne marche des affaires et la préservation de la stabilité.
Sept années de gel et de faux dialogue social, de mesures antipopulaires loin de toute concertation ou débat contradictoire, de renchérissement du coût de la vie et de dégradation du pouvoir d’achat des citoyens. Sept années d’effondrement des secteurs sociaux, de reniement des engagements, de broyage de la classe moyenne, de fiscalité galopante et de désordre fait de querelles entre les composantes de la majorité.
Après tant d’années de vaches maigres, très maigres, la signature, enfin !, d’un accord tripartite d’une durée de trois ans (2019-2021) entre le gouvernement, les syndicats et le patronat, répond à une partie des revendications syndicales dont la plus importante est l’augmentation générale des revenus pour les salariés du public et du privé. Faut-il cependant voir dans la conclusion de cet accord un haut fait de l’Exécutif  Loin de là.
Même l’engagement d’un vrai dialogue, autrefois institutionnalisé mais enterré par le gouvernement Benkirane, le Cabinet El Othmani ne s’y est sérieusement soumis qu’après la montée au créneau du Chef de l’Etat en personne. Dans son Discours à la Nation à l’occasion de la fête du Trône en juillet dernier, le Souverain avait, pour rappel, engagé le gouvernement à instaurer le dialogue social et à le maintenir « dans la durée et sans aucune interruption », affirmant que c’est un « devoir et une nécessité ».
C’est donc contraint et forcé, d’abord par la consigne royale, ensuite par une crise sociale menaçante, conséquente de la politique antisociale des deux derniers gouvernements, que l’Exécutif a finalement tendu l’oreille aux syndicats et pris note des exigences du patronat qui cherchait à faire avancer, selon un calendrier précis, des dossiers législatifs bloqués depuis des années. Dans la foulée, le gouvernement s’est rappelé que la loi organique sur la grève est inscrite dans la Constitution de 2011, que des négociations sectorielles sont indispensables, que l’institutionnalisation du dialogue social a besoin de mécanismes de résolution de conflits et que le dialogue doit être maintenu pour la réalisation de ce qui reste des dispositions de l’accord du 26 avril 2011, passé à la trappe par le gouvernement Benkirane.
Partant de là, l’enveloppe de plus de sept milliards de dirhams réservée au financement à terme des mesures contenues dans l’accord tripartite n’est pas la traduction matérielle d’une quelconque fibre sociale du gouvernement qui n’en dispose manifestement pas. Au regard du coût, socialement très élevé, des sept années d’inertie marquées par la paupérisation de larges couches sociales, d'autant que le baril de pétrole est reparti résolument à la hausse, c’est plutôt le prix à payer pour une paix sociale devenue trop fragile. Une paix sociale sérieusement malmenée par le manque de cohérence, d’efficacité et de responsabilité solidaire d’un gouvernement en déphasage total avec la réalité du pays et dont la composante principale, passée maître dans l’art de la récupération, est d’ores et déjà tentée de faire passer l’accord fraîchement signé pour un exploit gouvernemental, penchant électoraliste oblige.
Jamal HAJJAM

28/4/2019
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