Directeur : Jamal HAJJAM           Redacteur en Chef : Ahmed NAJI
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 Nizar Baraka donne le "la" à John Bolton
M. Bolton, le temps de l'action doit succéder à celui de la frustration

Lors d'une conférence abritée par la Fondation Heritage il y a quelques jours à Washington, le conseiller à la sécurité nationale américain, John Bolton, a exprimé sa «grande frustration» de constater le non-règlement du conflit au Sahara, 27 ans après le lancement du plan de règlement onusien.
En tant que Secrétaire général du parti de l'Istiqlal, parti qui a soumis à Sa majesté le Roi Mohamed V, le 11 janvier 1944, le Manifeste pour l'indépendance et la démocratie et qui est fortement ancré dans les provinces sahariennes du Royaume, je comprends et partage la frustration exprimée par ce haut responsable américain.
Mais pas pour les mêmes raisons.
Nous, Marocains, notre frustration est immense. Elle a plus de 62 ans car notre indépendance obtenue en mars 1956 était incomplète.
Cette indépendance inachevée nous a menés à poursuivre le combat pour recouvrer l'ensemble de notre intégrité territoriale, incluant nos provinces sahariennes. C'est ainsi que le Maroc a récupéré Tarfaya en 1958, Sidi Ifni en 1969 puis Sakia Hamra et Oued Eddahab suite à la «Marche Verte» lancée par Feu sa Majesté Hassan II en novembre 1975.
Nous sommes frustrés de constater que, malgré les faits historiques qui démontrent les liens spirituels, culturels, politiques et administratifs qui ont toujours lié les populations des provinces du Sud au Maroc - confirmés par le jugement rendu par la Cour Internationale de Justice de La Haye en 1975- le dossier du Sahara est toujours en cours de traitement au niveau des Nations Unies.
Nous sommes frustrés de constater que la communauté internationale continue à donner au Front Polisario plus de poids qu'il n'en a dans la représentation de la population sahraouie vu que l'identification faite par les Notables (Chioukhs) du Sahara dans le cadre du plan de règlement porté par les Nations Unies a montré qu'une large majorité des Sahraouis vivent sur le territoire marocain.
Par conséquent, les véritables représentants des Sahraouis aujourd'hui sont les représentants locaux et régionaux et les parlementaires élus démocratiquement et au suffrage universel direct au niveau de cette région dans le cadre de la régionalisation avancée qui a été consolidée comme choix irréversible du Maroc dans sa nouvelle Constitution.
Nous sommes également frustrés de noter que la proposition du plan d'autonomie proposée par le Maroc comme base de discussion pour aboutir à une solution politique juste, durable, mutuellement acceptable et définitive à ce conflit conformément aux différentes résolutions du Conseil de Sécurité n'a pu voir le jour 12 ans après sa présentation, alors même que les grandes puissances mondiales dont notamment les États-Unis l'ont considérée comme une proposition «sérieuse, réaliste et crédible».
Frustrés encore de voir que c'est toujours à notre pays que la communauté internationale demande de faire des efforts supplémentaires alors que nous sommes dans notre droit, que nous avons été ceux qui avons déposé la demande aux Nations Unies, en 1963, pour l'inscription de ces territoires sur la liste des territoires non autonomes de l'ONU et non le Polisario, qui n'a vu le jour qu'après une dizaine d'années, au moment de la première crise pétrolière mondiale.
C'est également Feu Sa Majesté Hassan II qui avait en premier proposé, en 1981 à Nairobi, l'organisation d'un référendum pour confirmer la marocanité du Sahara, que c'est notre pays qui a accepté le plan Baker I en 2001 au moment où l'Algérie et le Polisario l'avaient rejeté et ont été même jusqu'à proposer la partition du territoire comme solution politique à ce diffèrent régional.
C'est encore le Maroc qui, après que les Nations unies aient conclu à l'inapplicabilité du plan de règlement et donc du référendum d'autodétermination prévu, et après que les projets d'accord cadre formulés par l'ONU n'aient pas abouti, a proposé en 2007 le plan d'autonomie pour sortir de ce conflit et assurer un avenir meilleur pour les populations de la région. Pendant ce temps, le Polisario, soutenu par l'Algérie, continue à camper tranquillement sur ses positions entraînant ainsi le statu quo que vous déplorez mais aussi le blocage du Maghreb avec une frontière fermée par l'Algérie avec le Maroc depuis 1994, privant notre région d'un souffle nouveau et nos jeunes de perspectives d'avenir et de vie meilleure.
Nous sommes en outre frustrés que nos concitoyens dans les camps de Tindouf continuent à vivre dans des conditions déplorables et ne bénéficient même pas du droit de se déplacer et de voyager ; car malgré les résolutions des Nations Unies, le HCR n'a toujours pas pu recenser les populations de ces camps pour qu'ils puissent bénéficier du statut de réfugiés.
Enfin, nous sommes frustrés que les efforts immenses consentis par le peuple marocain pour mettre à niveau leurs territoires sahariens en termes d'infrastructures, de services publics et de développement humain durable, efforts qui ont pris une ampleur significative avec le nouveau modèle de développement des provinces du Sud lancé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI en novembre 2015, doivent faire face à des obstacles dressés par le Polisario et ses soutiens en vue de priver nos concitoyens sur ces territoires du droit au développement en liant leur sort uniquement à la résolution du conflit.
Or ces populations, notamment les jeunes, n'en peuvent plus d'attendre. Ils ont besoin de vivre mieux, ils ont besoin de prendre leur avenir en main et seul le projet d'autonomie sous souveraineté marocaine est à même de répondre à ce besoin.
Le temps est désormais venu de convertir cette frustration en action afin de rendre justice à l'Histoire et aux populations de cette région, afin de permettre enfin à tous les sahraouis de se retrouver et de vivre ensemble. Ce n'est qu'en étant unis au sein d'une large autonomie dans leur pays, le Maroc, par ailleurs pôle de stabilité régional et démocratie solidaire, qu'ils pourront s'inscrire dans un développement soutenu, durable et partagé.

Nizar Baraka
Secrétaire Général du Parti de l'Istiqlal

20/12/2018
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 Gazoduc Nigeria - Maroc - Europe
Des risques réels peuvent affecter le succès du projet

A. CHANNAJE

Des leçons doivent être tirées des échecs constatés dans la mise en œuvre de certains projets énergétiques régionaux de la zone CEDEAO. Il conviendrait, ainsi, de prendre en compte un certain nombre de fragilités avérées et de faire preuve de vigilance concernant le projet de gazoduc Nigeria-Maroc-Europe. C'est ce qui ressort d'une étude de l’Institut Royal des Études Stratégiques (IRES) intitulée « La transition énergétique en Afrique, à l'aune de la nouvelle stratégie africaine du Maroc », fraîchement rendue publique.
Le premier point de vigilance concerne le calendrier de ce projet. Selon l'IRES, ce dernier devrait être inscrit dans un horizon de très long terme (entre 2035 et 2040) et ce, eu égard aux délais requis pour son approbation par les pays concernés, le travail législatif, les études détaillées, le montage financier, le processus de passation des marchés, le bouclage financier.
Pour ce qui est du deuxième point, le Maroc est appelé à réexaminer sa stratégie de développement de Gaz Naturel Liquéfié (GNL) en tenant compte du développement de la zone offshore immédiatement au sud du Royaume qui se transforme en une importante zone productrice et exportatrice de GNL avec le premier gaz prévu à l’horizon 2021. Si d’autres découvertes de gaz se matérialisent, un gazoduc reliant l’Europe et le Maroc aux champs gaziers, partagés par la Mauritanie et le Sénégal, pourrait constituer une première étape du Gazoduc Nigeria-Maroc-Europe, est-il souligné.
L'IRES estime aussi que des risques réels peuvent affecter le succès de ce projet. Les risques en question sont celles associés à la solvabilité des acheteurs dans certains pays fragiles de la région, à la situation politique instable dans certains pays, aux problèmes de sécurités des installations dans certaines zones de la région et la non-régularité de la fourniture du gaz par les pays producteurs.
Face à ce constat, l'IRES recommande le lancement d'une étude d’impact dudit projet permettant d’identifier les risques majeurs y associés et de recommander les actions appropriées pour les mitiger.

L'Europe sera le principal
demandeur du Gazoduc
Autre élément soulevé par l'IRES est que ce projet de gazoduc offshore, qui devra traverser le Bénin, le Togo, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Liberia, la Sierra Léone, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Gambie, le Sénégal, la Mauritanie et le Maroc avant son point de chute en Europe, aura pour principal demandeur et consommateur le continent européen. L’implication de l’Europe paraît ainsi primordiale pour la mise en place de contrats de type "take or pay" ou encore "ship or pay", et donc pour le succès du projet.
L'IRES tient à remarquer que le gaz nigérian, ou tout autre gaz qui serait amené à être transporté plus tard si de nouvelles découvertes voient le jour, entrera en compétition avec d’autres sources telles que le gaz nord-africain, le gaz russe ou le GNL importé dans le cadre du projet Gaz-to-Power au Maroc.
Le prix de revient, c’est-à-dire le prix d’achat à la source plus le prix de transport par gazoduc, reste donc un facteur important dans les considérations des acheteurs potentiels européens, compte tenu des projets Nord Stream 2 et du gazoduc Trans-Adriatique, en cours de réalisation ou des projets africains tels que les gazoducs d’Algérie ou de Libye ou du projet de gaz offshore Zohr en Egypte – l’une des plus importantes découvertes récentes en Afrique - dont le premier gaz a déjà été produit.

Disponibilité du gaz nigérian,
un facteur de risque majeur
Cependant, poursuit la même source, la disponibilité du gaz nigérian reste un facteur de risque majeur. « Etant donné les coûts nécessaires pour produire et transporter les quantités de gaz associées afin de les commercialiser, la pression démographique et sociale pour rattraper le retard en termes d’électrification du pays, et les conditions difficiles de production d’hydrocarbures, le Nigéria pourrait-il se permettre d’exporter une partie du gaz produit alors que ses centrales thermiques pourraient en manquer  », s'interroge l'IRES.
L’IRES tient à signaler cependant que le gazoduc Nigeria – Maroc – Europe ne pourra voir le jour sans un leadership politique prononcé tel qu’exercé par le Maroc et un engagement ferme du Nigeria de mettre en œuvre les conditions à même de garantir une fourniture continue et sûre du gaz pour l’export.
Pour rappel, le lancement officiel du projet de gazoduc a eu lieu le 15 mai 2017 à Rabat, lors d'une cérémonie présidée par SM le Roi en présence du ministre des Affaires Etrangères, Geoffrey Onyeama.
Avant ce lancement officiel, un accord de partenariat stratégique a été déjà signé à l’occasion de la visite officielle du souverain au Nigéria les 2 et 3 décembre de la même année entre le fonds souverain marocain Ithmar Capital et la Nigeria Souverain Investment Authority (NSIA) afin  d’appuyer ce projet d’envergure.
A. CHANNAJE

20/12/2018
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 Meurtre des deux jeunes Scandinaves dans la commune Imlil, région Al Haouz
Arrestation à Marrakech des trois suspects recherchés

Suite au meurtre de deux touristes étrangères, la danoise Louisa Vesterager Jespersen (24 ans) et la norvégienne Maren Ueland (28 ans), dans la commune Imlil, région Al Haouz, le Bureau central d'investigations judiciaires (BCIJ), relevant de la Direction générale de la surveillance du territoire national (DGST), en coordination avec les éléments de sûreté de la préfecture de police de Marrakech, a arrêté, jeudi matin, trois autres suspects impliqués dans cet acte criminel.
Selon un communiqué du BCIJ, les mis en cause ont été arrêtés dans la ville de Marrakech et sont soumis actuellement à une enquête judiciaire sous la supervision du Parquet compétent en vue de déterminer les circonstances de cet acte criminel, dévoiler ses motifs réels ainsi que la piste terroriste de ce crime qui a été appuyée par des preuves et données issues des procédures de l'enquête.
Rappelons que les corps des deux victimes, parties ensemble pour un mois de vacances au Maroc, ont été découverts lundi matin dans une vallée, sur un site isolé où elles avaient planté la tente pour la nuit, à deux heures de marche du village d'Imlil. Toutes deux ont été tuées à l'arme blanche,
selon les autorités, et l'une d'entre elles a été décapitée.
Le BCIJ avait arrêté un premier suspect, mardi matin dans la ville de Marrakech, sur la base d'informations précises fournies par les services de la DGST, immédiatement après la découverte des corps des deux touristes norvégienne et danoise.
Les enquêteurs avaient diffusé dans la nuit de mercredi à jeudi un avis de recherche des trois suspects alors en cavale. Tous les trois sont originaires de Marrakech, selon cet avis, et l'un d'eux a des antécédents judiciaires "liés à des actes terroristes", selon des informations obtenues par l'Afp.
Sur les photos d'identité noir et blanc diffusées par les autorités, un des suspects est vêtu d'un vêtement long blanc, porte "un kufi", une calotte blanche sur la tête, et arbore une barbe non taillée. Le deuxième porte également une barbe fournie, tandis que le troisième a un visage maigre cerné d'un bouc.
Le Procureur général du Roi près la Cour d’Appel de Rabat, Hassan Daki, avait indiqué mercredi à propos du premier suspect arrêté que ce dernier appartenait à un groupe extrémiste. Il a également annoncé que les recherches se poursuivaient pour s’assurer de l’authenticité d’une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux et présentée comme montrant le meurtre d'une des deux touristes. Dans la vidéo d'une extrême violence, l'un des meurtriers prononce plusieurs fois les mots "ennemis d'Allah" et parle d'une "revanche pour nous frères à Hajine".
Le Premier ministre danois Lars Løkke Rasmussen a dénoncé dans la nuit de mercredi à jeudi un crime "bestial" qui pourrait être "motivé par des raisons politiques et donc un acte terroriste".
Ce crime abominable qui a secoué l’opinion publique, au Maroc et à l’étranger, porte en effet, par sa sauvagerie, la signature de l’extrémisme barbare et rappelle de modus operandi des groupes terroristes. La piste radicale islamiste est corroborée par le profil des suspects arrêtés qui ont des liens avec le milieu islamiste radical.

20/12/2018
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 Par 152 voix en faveur, 5 contre et 12 abstentions à l'Assemblée générale des Nations Unies
Le Pacte mondial sur la Migration officiellement adopté

Abou Zouheir

Le nouveau Réseau des Nations Unies sur les migrations se félicite que l'Assemblée générale ait officiellement approuvé mercredi les résultats de la Conférence de Marrakech. L'adoption du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières représente un moment décisif dans la poursuite de la coopération internationale en matière de migration au profit de tous.
Se félicitant de la décision prise ce mercredi 19 décembre 2018 par l'Assemblée générale, Louise Arbour, Représentante spéciale du Secrétaire général pour les migrations internationales, a déclaré : « L'approbation officielle du Pacte représente un engagement retentissant en faveur d'un cadre international des migrations fondé sur des faits et non sur des mythes, et de la compréhension que la meilleure façon de mettre en œuvre les politiques migratoires nationales est de coopérer et non de les isoler ».
« Le Pacte mondial arrive à un moment important », a déclaré le Directeur général de l'OIM, António Vitorino. "Il contient la promesse d'un discours sur la migration moins politiquement chargé, fondé sur des preuves, un plan pour développer des politiques plus globales visant à améliorer la vie des migrants et des communautés dans lesquelles ils vivent, et la possibilité de réduire les flux migratoires dangereux, chaotiques et irréguliers".
Le Pacte mondial sur la migration est le tout premier cadre mondial négocié sur une approche commune de la migration internationale dans toutes ses dimensions. Bien qu'il ne soit pas juridiquement contraignant, le Pacte est le fruit d'un processus intensif de négociations fournissant une plate-forme solide pour la coopération actuelle et future en matière de migration, s'appuyant sur les meilleures pratiques et le droit international, pour rendre la migration sûre et positive pour tous.
L'importance du Pacte réside également dans le fait qu'il reconnaît que des politiques migratoires efficaces et une meilleure protection des personnes vulnérables nécessitent l'appui de nombreux acteurs. A cette fin, le Pacte a été renforcé par l'engagement d'une large alliance de partenaires, notamment la société civile, le secteur privé, les syndicats, les diasporas et les communautés de migrants, les institutions nationales des droits de l'homme, les autorités locales, les réseaux de jeunes et d'autres acteurs.
Le système des Nations Unies s'est engagé à appuyer la mise en œuvre du Pacte mondial par la création du Réseau des Nations Unies sur les migrations : une communauté collaborative d'entités des Nations Unies se réunissant pour fournir un appui efficace et coordonné aux États Membres et aux autres partenaires dans la réalisation des objectifs convenus à Marrakech. Ce réseau tirera parti de l'impact de l'expertise et de la capacité considérables des Nations Unies pour aider à renforcer les avantages de la migration et à relever ses nombreux défis.
« La migration est un phénomène aux multiples dimensions », a déclaré AntónioVitorino, parlant en tant que coordinateur du réseau au nom de son Comité exécutif et de l'ensemble des membres. "Il aborde les questions profondes et urgentes du développement durable, du changement climatique, de la crise humanitaire, du contrôle aux frontières, de la sécurité, de la lutte contre la traite des êtres humains et le trafic illicite, de la promotion des moyens de migration légale, y compris pour le travail, et de la protection accrue de nos droits humains universels. Aucune partie de la communauté des Nations Unies ne peut à elle seule s'attaquer efficacement à toutes les dimensions de la migration, mais ensemble, nous avons la chance de faire une réelle différence. C'est la raison d'être du Réseau."avait-il ajouté.
Rappelant ses commentaires de clôture à la Conférence de Marrakech, Louise Arbour a déclaré : " Au fur et à mesure que les nombreuses initiatives proposées par le Pacte prendront racine, nous verrons des vies sauvées, des conditions de vie améliorées et des communautés s'intégrer et prospérer grâce à un développement et une prospérité accrus. En regardant vers l'avenir, nous serons mieux équipés pour compter sur un esprit de solidarité, plutôt que sur l'indifférence ou - pire - sur l'égoïsme qui, autrement, pourrait nous déchirer".
Rappelons que le Réseau des Nations Unies sur la migration a été créé à la demande du Secrétaire général et est accueilli favorablement dans le Pacte mondial sur la migration. Il comprend actuellement 38 entités du système des Nations Unies. Le Directeur général de l'OIM est le Coordonnateur du Réseau. Un comité exécutif de huit membres assure la supervision stratégique et est le principal organe décisionnel du Réseau. Les membres du Comité exécutif sont : le Département des affaires économiques et sociales de l'ONU (DAES) ; l'Organisation internationale du Travail (OIT) ; l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) ; le Haut-Commissariat aux droits de l'homme (HCDH) ; le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) ; le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) ; le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) ; l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC).
Abou Zouheir

20/12/2018
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 Nouveau terminal de l’aéroport de Rabat-Salé
SM le Roi pose la première pierre et lance la nouvelle génération d’avions de la RAM

Sa Majesté le Roi Mohammed VI a procédé, mercredi, à la pose de la première pierre d’un nouveau terminal à l'aéroport de Rabat-Salé, avant de lancer le premier appareil de la nouvelle génération des avions de la Royal Air Maroc (RAM), un Boeing 787-9 Dreamliner nouvellement acquis. 
Nécessitant des investissements prévisionnels estimés à 1,641 milliard de dirhams, l’extension de l’aéroport Rabat-Salé est un projet structurant destiné à accompagner la croissance incessante du trafic passager et l'essor socio-économique que connait la région de Rabat-Salé-Kénitra.
Ce projet, qui permettra de porter la capacité d'accueil annuelle de l'aéroport à 4 millions de passagers au lieu de 1,5 million actuellement, s'inscrit en droite ligne des objectifs du programme phare "Rabat Ville Lumière, Capitale Marocaine de la Culture" en renforçant la vocation touristique de la Capitale.
La nouvelle infrastructure aéroportuaire ne manquera pas de bénéficier aussi à la ville voisine de Kénitra, en tant que plateforme industrielle et important bassin d’emplois, avec sa zone franche, qui accueille des groupes industriels de renom.
Faisant partie intégrante de la stratégie de développement de l'Office national des aéroports (ONDA), ce projet d'extension de l’aéroport Rabat-Salé portera sur la construction d’un nouveau terminal d’une superficie de près de 69.000 m2, l'agrandissement du parking avions (six postes additionnels), l'aménagement de bretelles de liaison et la construction d'un parking pour voitures sur deux niveaux (1.300 places).
Pour répondre aux besoins et attentes des usagers, nationaux et étrangers, le futur terminal sera doté d'équipements technologiques de pointe conformes aux normes et standards internationaux en matière de sûreté, de sécurité et de qualité des services, et d'une architecture optimisant les espaces pour une gestion fluide des passagers.
Il comportera ainsi un Hall public avec un espace qui sera dédié à l’exposition de maquettes d’avions, une zone d’enregistrement des passagers et des bagages, une zone d'inspection filtrage, une zone réservée à la livraison des bagages, un espace de contrôle des passeports à l’arrivée, des circuits rouge et vert pour le contrôle douanier à l’arrivée.
Le futur terminal comportera également six passerelles télescopiques d’embarquement et de débarquement, une galerie commerciale aménagée suivant le nouveau concept de walkthrough, ainsi que des espaces de restauration et de détente des passagers.
Dans le cadre du respect de l'environnement et des principes de durabilité, ce projet, financé par les fonds propres de l'ONDA (596 millions DH), la Banque Africaine de Développement (825 MDH), et l'Agence Française de Développement (220 MDH), intègre dans sa conception des techniques innovantes pour la régulation de la température intérieure des espaces, la valorisation de l'éclairage naturel, et l'économie de l'eau.
Le lancement par le Souverain de la construction de ce nouveau terminal vient conforter la place internationale de l'aéroport Rabat-Salé qui a connu un trafic passagers important durant les dernières années avec un taux d’évolution annuel moyen de 14,03 pc sur la période 2007-2017.
SM le Roi Mohammed VI, que Dieu L'assiste, a, par la suite, lancé le premier appareil de la nouvelle génération des avions de la Royal Air Maroc (RAM), un Boeing 787-9 Dreamliner nouvellement acquis. 
A cette occasion, le Président-Directeur Général de la RAM, M. Abdelhamid Addou, a remis au Souverain un présent symbolique.
Le premier des quatre Boeing 787-9 commandés par la compagnie nationale, le gros porteur 787-9, plus spacieux et plus performant, vient s’ajouter aux cinq 787-8 déjà exploités par la RAM et permettant à celle-ci de desservir de nouvelles destinations en vol direct, et d'étoffer ainsi son réseau qui compte déjà plus de 90 destinations à travers le monde.
Le fuselage du 787-9 est allongé de six mètres par rapport au 787-8 et peut transporter 302 passagers (soit 28 de plus par rapport au Boeing 787-8) sur une distance allant jusqu'à 14.140 kilomètres dans une configuration typique à deux classes. Cette capacité additionnelle permettra à Royal Air Maroc d’élargir son champ d’action, tout en optimisant la rentabilité de ses routes, notamment grâce à l'efficacité énergétique de cet avion, avec une réduction de la consommation de carburant et des émissions de carbone de près de 25 pc par rapport aux autres avions long courrier.

20/12/2018
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 Nizar Baraka donne le coup d’envoi de la dynamique organisationnelle du Parti de l’Istiqlal à Fès
Feuille de route de l’action partisane dans la perspective des prochaines échéances

M. Nizar Baraka, S/G du Parti de l’Istiqlal (PI), a présidé mercredi dernier à Fès une rencontre avec les cadres et militants istiqlaliens dans la capitale spirituelle sous le du Parti de l’Istiqlal sous le signe : « Notre force réside dans notre unité ».
La rencontre a été marquée, principalement, par l’allocution d’orientation du S/G qui y a souligné que l’importance de cette réunion réside dans les valeurs d’union, de fraternité, de resserrement des rangs et de cohésion
qu’elle dégage et que résume parfaitementle thème qui lui a été choisi. Il a émis d’emblée le vœu, à ce propos, de voir régner sur cette réunion, le souvenir et les qualités des pionniers, combattants et martyrs du PI et, à leur tête, le défunt leader Allal El Fassi pour les exemples de loyauté, d’abnégation et de sacrifice au service de la patrie qu’ils ne cessent de donner aux générations suivantes, pour mieux mettre en exergue le besoin impérieux du parti, actuellement, de serrer les coudes et de faire bloc, de panser les plaies et d’oublier les tiraillements et discordes qui ont pu, un moment, ternir son ambiance interne.. Et d’indiquer, à ce sujet, que tous les istiqlaliens, direction, cadres et militants de base, sont dépositaires de ce  lourd et inestimable héritage et tenus, donc, de le perpétuer et l’enrichir, tout en rappelant que le PI a adopté, au terme de son 17è congrès général, une nouvelle stratégie tendant à améliorer son action et son rendement dans la perspective de prochaines échéances avec comme mots d’ordre : modernisation, renouvellement (des structures et organes), ouverture et renforcement du front intérieur et, pour couronner le tout,  la réconciliation comme ciment et clef de voûte de ladite stratégie..
Mobilisation générale pour mettre en œuvre la vision de la direction du parti
Le S/G a précisé que pour mettre le PI sur de nouveau rails et mettre ainsi en œuvre la vision et la nouvelle stratégie de sa direction il importe que toutes ses composantes, ses militants et militantes s’y impliquent volontiers et de façon résolue et énergique afin de donner sens à la réconciliation interne et bannir les divisions et les divergences factices, notamment, au niveau de certaines provinces. D’où, a-t-il souligné, le choix de la ville de Fès comme point de départ de cette dynamique de retrouvailles et de réconciliation, en raison la charge militante et de la symbolique que cette cité représente pour les istiqlaliens et istiqlaliennes, avant de rappeler que la Direction du parti avait, auparavant décrété 2018 année de la restructuration, de la réorganisation et de la mise à niveau des instances, organes et autres structures affiliées au triple niveau national, régional et local en vue, essentiellement, de mieux se préparer pour les futures échéances et de renforcer sa présence et son aura dans les différentes provinces et préfectures du royaume.
Il a, de ce fait, engagé de nouveau tous les istiqlaliens et istiqlaliennes à œuvrer main dans la main et à ne ménager aucun effort afin de faire de 2019 l’année du Parti de l’Istiqlal par excellence, avec tout cela suppose comme présence effective sur le terrain, localement et à l’échelle nationale et davantage d’efforts et d’engagement en vue de créer de nouvelles sections, d’en réveiller celles mise en veilleuse ou en hibernation, de recruter de nouveaux adeptes et sympathisants et, ce faisant, de verser  du sang neuf dans les veines du PI..

Les istiqlaliens et istiqlaliennes invités à faire de 2019 l’année du Parti de l’Istiqlal par excellence

Le S/G a donc annoncé, à cet effet, la décision de la Direction du parti de faire, prochainement, des tournées à travers les différentes provinces et préfectures du royaume afin de communiquer directement avec ses bases et avec les citoyens et citoyennes ainsi qu’avec les professionnels, entrepreneurs, artisans, acteurs de la société civile et diverses couches et strates populaires en vue de recueillir leurs avis et les associer à peaufiner la vision du parti concernant le nouveau modèle de développement et mieux expliquer la nouvelle dynamique qui l’anime. Ces visites seront accompagnées, a indiqué N. Baraka, d’initiatives et d’activités sociales, culturelles, etc. englobant des dimensions aussi multiples et variées que la formation et le recyclage partisan à travers des universités du printemps et d’été, le volontariat visant à transformer le PI en un vaste chantier de travail bénévole, la réactivation de la mémoire et du patrimoine du parti…

20/12/2018
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 Assassinat des deux touristes scandinaves
L’Organisation de la Femme Istiqlalienne exprime sa profonde douleur et appelle à sévir vigoureusement contre les auteurs

Réagissant au meurtre des deux touristes scandinaves dans la région de Marrakech, l’Organisation de la femme istiqlalienne (OFI) a exprimé, dans un communiqué signé de sa présidente, Khadija Zoumi, sa profonde douleur et son grand regret pour ce crime qui secoue violemment les valeurs de liberté, de tolérance et de coexistence et soulève moult questions, tout en présentant ses sincères condoléances aux familles des victimes et aux peuples danois et norvégien dont étaient issues les suppliciées et dont elle partage la douleur suite à ce crime crapuleux, lequel reste un acte lâche et  isolé – souligne le communiqué – que toutes les religions et valeurs universelles communes condamnent.
L’OFI rappelle, à ce sujet, qu’elle ne tolèrera aucune atteinte aux constantes du peuple marocain et appelle à sévir vigoureusement contre les auteurs de ce crime inadmissible en leur infligeant les plus lourdes peines, de même qu’elle prône le rejet de toute forme de radicalisme et à lutter contre le terrorisme quelle qu’en soit l’origine.
Elle invite, également, l’ensemble des forces nationales vives, ses militantes et toute personne démocrate et imbue des principes de tolérance et de coexistence et qui condamne ce crime inqualifiable à se joindre à la manifestation prévue devant les ambassades du Danemark et de Norvège, ce samedi matin et dont le programme sera communiqué ultérieurement.

20/12/2018
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Vision du Parti de l’Istiqlal pour un nouveau modèle de développement / Les six Ruptures

Dans le cadre de la réflexion sur le nouveau modèle de développement, le Parti de l’Istiqlal a proposé 6 ruptures à réaliser pour pouvoir le mettre en place. Il s’agit de “Passer d’une société basée sur l’intermédiation, les avantages et les formes de privilèges à une société de droit, garantissant l’équité”; de “Passer d’une approche basée sur l’urgence et la réaction aux crises à l’anticipation et la vision stratégique de long-terme”; de “Passer de l’éparpillement des efforts et de l’usage des ressources au ciblage des politiques publiques sur les ménages et les territoires”; de “Passer d’une gestion sectorielle en silos à une approche intégrée basée sur la cohérence et la complémentarité des services et des projets de développement au niveau des territoires”; de “Passer d’un modèle d’édification des infrastructures à un modèle visant à renforcer les capacités humaines et celles des entreprises et des organisations pour accompagner la nouvelle dynamique de développement recherchée” et, enfin, de “Passer d’une consommation abusive des ressources rares, notamment en eau, en énergie et en financements, à une consommation responsable de ces ressources et à leur valorisation pour le développement et l’amélioration des conditions de vie des citoyennes et des citoyens en y intégrant des conditions à caractère contraignant pour garantir la durabilité”. En voici un éclairage sur les six ruptures :

Rupture#1
*Passer d'une société basée sur l'intermédiation, les avantages et les formes de privilèges, à une société de droit garantissant l'équité


Notre modèle de développement a atteint ses limites car il y a une crise de confiance liée, notamment, à la domination des normes informelles sur les lois, à la nécessité de recourir à des passe-droits, aux réseaux et à la corruption pour accéder à ses propres droits et à l'incapacité de garantir une justice équitable et une concurrence saine.
Dans ce contexte, malgré les avancées démocratiques enregistrées dans notre pays et inscrites dans la Constitution du Royaume, le citoyen marocain continue à accorder peu de crédit aux institutions élues et à la capacité des acteurs politiques et de l'administration à garantir l'égalité des droits et l'équité de traitement entre tous les citoyens.
Cette situation est principalement causée par le développement des inégalités et particulièrement l'enrichissement massif et publiquement exposé des catégories les plus aisées. La persistance de l'économie de rente et d'une concurrence biaisée par les abus de positions dominantes et des délits d'initiés cumulés à un secteur financier que les opérateurs continuent à percevoir comme « ne prêtant qu'aux riches », ne contribue pas à atténuer ce sentiment d'injustice.
Cette perception est exacerbée par le développement de la corruption et du clientélisme dont les manifestations visibles sont fortement et abondamment relayées à travers les réseaux sociaux. Par exemple, les citoyens considèrent toujours que seules les interventions permettent d'accéder à l'emploi public malgré la généralisation des concours ou à un rendez-vous à l'hôpital qu'elle que soit la gravité de la maladie.
Parallèlement à cela, la multiplication des affaires liées à la mauvaise gestion des deniers publics, la connivence entre la réglementation et les intérêts des grandes fortunes et la perception d'une application à deux vitesses de la loi selon que l'on soit puissant ou misérable renforce la défiance du citoyen vis-à-vis de la responsabilité publique. Dans ce contexte, plus de 90% des victimes renoncent à recourir à la justice pour faire valoir leurs droits.
De surcroit, le corpus de lois réglementant notre pays est dense, complexe et souvent inadapté à la réalité sociale. Une loi passe généralement plusieurs années dans le circuit législatif sans être pour autant effective car les décrets et les moyens permettant son application font défaut. De ce fait, de larges pans de la législation sont inapplicables dans les faits, et sont bafoués au quotidien. A titre d'exemple l'amende instaurée récemment à l'encontre des piétons traversant en dehors des passages réservés ou la loi concernant les employés de maisons.
Il est donc, aujourd'hui, plus que nécessaire de passer d'une société basée sur l'intermédiation, les avantages et les privilèges à une société de droit, garantissant l'équité. Il s'agit, à travers cette rupture, de garantir la primauté de la loi, l'élaboration et l'exécution de la loi sur la base de la confiance envers le citoyen, la transparence et la simplification de l'accès aux services publics, ainsi que de rompre avec toutes les manifestations d'injustice dans la relation du citoyen avec l'administration.
Garantir la primauté de loi implique que la loi est applicable à tous sans distinction et sans restrictions. L'importance de l'application de ce principe est cruciale car toute brèche est de nature à fragiliser l'ensemble du système. Si les brèches béantes, qui ont proliféré par le passé, devront être assainies progressivement, il s'agira, toutefois, d'élaborer les futures lois de manière à ce qu'elles correspondent à la réalité sociale et à ce qu'elles puissent être appliquées sans délais ; évitant ainsi les effets d'annonce sans lendemains. Cette nouvelle approche est essentielle pour restaurer la confiance en l'Etat de droit et est un préalable à l'adhésion et à la crédibilité de tout modèle de développement.
Le détenteur de la décision publique devra, à son tour, élaborer des lois plus souples, plus fluides et moins restrictives, accordant davantage de confiance au citoyen et aux opérateurs et permettant ainsi à l'initiative et l'innovation de s'exprimer pleinement. Le décideur public devra aussi faire en sorte que l'accès aux services publics soit plus transparent, plus fluide, plus simple et plus efficace. Il s'agira particulièrement de lutter contre la multiplication des intervenants et des étapes pour accéder à ces services ; sachant que ces délais, ces étapes et l'opacité de certaines procédures sont autant d'opportunités favorisant le clientélisme et la corruption.
Une confiance mutuelle entre gouvernés et gouvernants ne peut durablement s'installer sans fortement réduire le sentiment d'injustice perçu par la population dont l'une des manifestions les moins acceptées par la société est la « Hogra ». Ce terme désigne en même temps l'injustice, l'abus du fort vis-à-vis du faible et le dénigrement ressenti par la dureté de la vie quotidienne et l'incapacité de faire face aux besoins et aux attentes des siens.
Ce sentiment de « Hogra » est de surcroit souvent utilisé pour alimenter la radicalisation et les protestations. Les puissants détenteurs de ce pouvoir de « Hogra » sont principalement, aux yeux de la population, les détenteurs des pouvoirs politique, administratif et économique tant au niveau planétaire, qu'à l'échelle nationale ou locale. Il s'agira, du moins aux niveaux national et territorial, non seulement de fortement réduire le pouvoir discrétionnaire des administrations, mais aussi d'enraciner la notion de service de l'usager ainsi que la protection des droits des justiciables et des consommateurs.
Pour conclure, notre pays n'a plus les moyens de se permettre d'être dans « l'à-peu-près » législatif qui ouvre la voie à une réglementation inégale, inadaptée et dont le respect est soumis au bon vouloir de chaque responsable, nourrissant ainsi le sentiment d'injustice et de défiance. Le passage d'une société basée sur l'intermédiation, les avantages et les privilèges à une société de droit, garantissant l'équité devient ainsi une nécessité pour accéder à un nouveau palier de développement.



Rupture#2
*Passer d’une approche basée sur l’urgence et la réaction pour tenter d’éteindre les foyers de crise à l’anticipation et à la vision stratégique de long-terme


L’une des principales faiblesses de notre dynamique de développement actuelle est la déperdition des efforts et des moyens qui sont de plus en plus mobilisées pour tenter d’apporter des réponses aussi urgentes que provisoires à des foyers de crises en l’absence d’anticipation et de vision stratégique de long-terme.

Or, l’approche actuelle est non seulement coûteuse économiquement puisqu’elle est de nature à favoriser la culture de l’improvisation et du provisoire mais elle a également un coût social non négligeable où la protestation devient, aux yeux de la population, le seul moyen qui permette d’obtenir des réalisations palpables impactant sa vie quotidienne. Les dernières protestations enregistrées dans les provinces d’Al Hoceima, de Jerada ou de Zagora sont des limites de cette approche.

L’approche basée sur l’urgence, l’improvisation et les effets d’annonces est visibles au niveau de plusieurs politiques et services publics notamment :
• Les plans d’urgence et les réformes successives du système d’éducation et l’octroi de budgets, parmi les plus élevés au monde relativement au PIB, avec, en contrepartie un niveau qualitatif en perpétuelle dégradation et considéré parmi les plus faibles au monde ;
• Les programmes de développement sans moyens ni effets à l’instar du programme national de développement de l’emploi ;
• La généralisation annoncée de l’accès à l’eau potable pour tous les ménages alors que 30% des habitations rurales ne sont pas raccordées au réseau d’eau potable ; les critères utilisés par les pouvoirs publics étant la disponibilité d’une source d’eau à moins d’un kilomètre ;
• La disponibilité affichée du personnel médical dans certaines zones rurales ou enclavées alors que le médecin n’est présent que 1 à 2 jours par semaine et que l’obtention d’un rendez-vous peut prendre plusieurs mois ;
• La disponibilité effective de certains équipements médicaux alors que ceux-ci sont défectueux depuis plusieurs années ou ne disposent des techniciens ou des consommables leur permettant d’être opérationnels.

A la culture des réalisations sur le papier sans impacts sur la vie quotidienne de la population, s’ajoute la multiplication et la dispersion des programmes sociaux répartis entre plusieurs secteurs. Ainsi, il n’est pas rare de constater que les catégories aisées sont les principales bénéficiaires de mesures initialement destinées aux catégories les plus vulnérables à l’instar de la compensation. Il a été, par exemple, constaté que qu’une part importante des bénéficiaires initiaux du RAMED appartenaient au quintile (20%) le plus aisé de la population et que certains étaient déjà couverts par un autre régime (l’AMO).

Cette absence d’anticipation, de cohérence et de ciblage des programmes sociaux a pour conséquences que ces programmes peinent à atteindre leurs objectifs en matière de réduction des inégalités sociales et spatiales et de développement humain et ce, malgré les moyens importants qui leur sont consacrés. Ainsi, le classement du Maroc en matière de développement humain n’a pas progressé durant les 20 dernières années et le niveau des inégalités est resté élevé (GINI=0,40) malgré un inversement de tendance observé entre 2007 et 2014. Par ailleurs, au niveau des inégalités territoriales, 80% de la pauvreté reste toujours concentrée en milieu rural.

Dans ce contexte, il s’agit, aujourd’hui, d’adopter une approche basée sur l’anticipation et à la vision stratégique de long-terme qui nous permette de mobiliser et de coordonner nos efforts ainsi que d’en optimiser le potentiel. L’élaboration et la mise en œuvre de cette vision ne nécessitent pas seulement des compétences et des moyens mais aussi :
• L’appropriation du projet sociétal commun dont la source première devra être la volonté et l’adhésion des citoyennes et des citoyens, l’objectif principal sera l’amélioration de leurs conditions de vie et de celles de leurs enfants et dont le moteur essentiel sera l’effort collectif pour atteindre des objectifs communs ;
• L’anticipation qui se traduit par l’introduction d’une nouvelle culture en matière de programmation et d’exécution basée sur la mise en place des mécanismes nécessaires pour l'écoute, la prise en charge précoce et la gestion de crises ;
• La garantie de la durabilité qui protège les intérêts des générations futures en tant que principe essentiel dans la gestion de la chose publique et privé qui écarte les solutions de colmatage et les pseudo-succès provisoires qui hypothèquent l’avenir ;
• L’intégration d’une culture de service au citoyen avec une évaluation précise de l’impact effectif des politiques sur la vie quotidienne de la population.

Si les moyens dont dispose notre pays sont limités pour nous permettre d’apporter une réponse immédiate à toutes les attentes de la population, il est d’autant plus inconcevable que ces moyens soient fortement mobilisés pour apporter des réponses ponctuelles dans l’urgence plutôt que pour accompagner la dynamique de développement de manière durable et efficiente. Dans ce contexte, il devient donc aussi urgent que nécessaire de passer d’une approche basée sur l’urgence et la réaction pour tenter d’éteindre les foyers de crise à l’anticipation et à la vision stratégique de long-terme pour accéder à un nouveau palier de développement.



Rupture#3
*Passer de l’éparpillement des efforts et de l’usage des ressources au ciblage des politiques publiques sur les ménages et les territoires

La dynamique de développement de note pays n’a pas été en mesure de réduire les inégalités sociales et territoriales durant les 20 dernières années malgré l’importance, la multiplicité et la succession des politiques publiques et des programmes économiques et sociaux destinés à cet effet. Or, la réduction des inégalités sociales et spatiales est non seulement nécessaire au renforcement de la cohésion sociale mais contient intrinsèquement des potentialités importantes d’accélération de la dynamique de développement. Pour être en mesure de valoriser ce potentiel latent, il est, aujourd’hui, nécessaire de passer de l’éparpillement des efforts et de l’usage des ressources au ciblage des politiques publiques sur les ménages et les territoires.

En effet, bien que les taux de pauvreté et de vulnérabilité aient fortement baissé durant cette période, les inégalités sociales et notamment les écarts en matière de niveau de vie des ménages se sont maintenus au même niveau durant les 20 dernières années malgré une légère amélioration entre 2007 et 2014. Parallèlement, la mobilité sociale ascendante a atteint un degré de rigidité important illustrée par le fait que seuls 1,9% des enfants d’ouvriers ou d’exploitants agricoles atteignent un niveau de cadre supérieur.

Ces inégalités sont encore plus importantes entre les territoires notamment en ce qui concerne l’importance de l’activité économique, les opportunités d’emploi, le niveau d’éducation, l’accès aux soins et aux services administratifs. A titre d’exemple, le nombre moyen d’années de scolarisation par habitant est inférieur à 2 ans dans plusieurs communes rurales quand celui-ci dépasse les 10 ans dans certains arrondissements urbains. D’autre part, certaines provinces disposent d’un médecin pour 700 habitants quand d’autres provinces ne disposent que d’un seul médecin pour plus de 7000 habitants.

Parallèlement, il existe plus de 100 programmes sociaux répartis entre différentes institutions alors que mécanismes font défaut pour en garantir le ciblage, la coordination et la complémentarité. Au déficit d’efficacité de ces programmes s’ajoute une répartition déséquilibrée des investissements privés et publics entre les différents territoires.

Pour illustrer la reproduction de ces déséquilibres, il suffit de s’intéresser à la répartition des investissements des établissements publics prévus par le projet de loi de finances pour l’année 2019 qui dépassent les 5000 dirhams par habitant en ce qui concerne la région de Casablanca-Settat contre 1000 pour la région de Fès-Meknès et 1500 pour celle de Draa-Tafilalet.

Bien que les territoires les plus favorisés aient aussi besoin de soutien et d’investissement, elles ont, pour la plupart, atteint leurs potentiels de croissance, d’attractivité des talents et des investissements. Parallèlement, les zones les moins favorisées recèlent de ressources humaines et naturelles largement sous exploités. L’intégration de ce capital humain et la valorisation de ces ressources ne pourront se réaliser qu’à travers l’amélioration de l’attractivité, de la connectivité et du cadre général de vie dans ces territoires.

Dans ce contexte et pour accéder à un nouveau palier de développement, il devient impératif de valoriser tout le potentiel social et territorial du pays et d’assurer l’inclusion de toutes les Marocaines et tous les Marocains dans cette dynamique. L’atteinte de ces objectifs implique de passer de l’éparpillement des efforts et de l’usage des ressources au ciblage des politiques publiques sur les ménages et les territoires. A cet effet, il s’agit notamment de :
• Soutenir une dynamique de développement équilibrée sur l’ensemble du territoire national. Ainsi, tout en continuant à appuyer la trajectoire de développement sur le littoral Atlantique Nord, il est nécessaire de poursuivre la mobilisation pour la mise en œuvre du modèle de développement des provinces du Sud et d’élaborer une stratégie intégrée pour le développement des zones de montages et du corridor frontalier ;
• Orienter les politiques sociales vers les ménages avec l’objectif de contribuer à leur propre mobilité sociale et à celle de leur enfants. Cet accompagnement social s’intégrera dans le projet du ménage et bénéficiera des leviers que constituent la mobilisation, la solidarité et la responsabilité de chacun vis-à-vis du ménage ;
• Garantir un ciblage précis des bénéficiaires à travers notamment la mise en place du registre unique et l’évaluation régulière de l’impact des politiques publiques sur la vie quotidienne des ménages et sur la réduction des inégalités sociales et territoriales.

C’est en passant de l’éparpillement des efforts et de l’usage des ressources au ciblage des politiques publiques sur les ménages et les territoires, que l’action publique sera plus efficace et plus équitable contribuant ainsi au renforcement de la cohésion sociale en brisant le cycle du déterminisme social et territorial de reproduction de la pauvreté tout en valorisant le potentiel de réalisation d’une nouvelle dynamique de développement à travers l’inclusion de tous et sur l’ensemble du territoire national.



Rupture#4
*Passer d’une gestion sectorielle en silos à une approche intégrée basée sur la cohérence et la complémentarité des services et des projets de développement au niveau et territoires


Notre dynamique de développement s’appuie sur des stratégies et des plans sectoriels qui, pour certains, ont permis de réaliser des avancées notables, mais pour la plupart, se sont vite confrontés à des limites liées à l’absence d’une approche intégrée basée sur la cohérence et la complémentarité entre les services et les projets de développement au niveau des territoires.

Ce déficit d’articulation et de coordination est abondamment illustré dans un ensemble de dysfonctionnements. Ainsi, il n’est pas rare de voir s’édifier de grands ensembles d’habitations qui restent déserts car ils ne disposent pas de routes, ne sont pas connectés à un quelconque réseau de transport public sans parler de l’absence de sécurité, d’opportunités d’emplois, d’établissements scolaires ou d’offre de services de soins, administratifs, culturels ou sportifs.

Cet exemple de gestion sectorielle en silo dans le domaine de l’habitat nous a conduit au paradoxe d’octroyer, d’une part, d’importants moyens pour réduire un déficit qui s’élèverait à 400'000 logements alors, que d’autre part, près de 1,2 millions de logement seraient vacants.

La même situation se répète dans plusieurs zones industrielles peu valorisées souffrant d’une inadéquation entre les besoins des opérateurs et l’offre disponible notamment due à l’appropriation et une valorisation souvent inadaptée du foncier initialement réservé à l’industrie par des spéculateurs immobiliers. A cela s’ajoute un dimensionnement insuffisant des infrastructures hors et au sein du site quand elles existent ainsi que l’absence des services nécessaires notamment en ce qui concerne le transport et la restauration.

Ces mêmes problématiques sont observées au niveau de l’articulation entre les politiques nationales et territoriales. L’une des illustrations les plus aberrantes de ce déficit d’articulation et de coordination est de voir, par exemple, certains ponts surplomber des routes ou des autoroutes sans que ces mêmes ponts ne soient, eux-mêmes, connectés à aucune route. Le déficit le plus inquiétant aujourd’hui se situe dans l’absence d’interaction effective entre les stratégies sectorielles, qui continuent à être exécutées sans pleinement prendre en considération la profonde réforme de l’état qu’est la régionalisation avancée, et certains plans de développement régionaux qui n’ont pas complétement intégré les limites et les contraintes en termes de ressources et de moyens au niveau national.

Ce déficit de coordination et d’articulation impacte également le développement et l’intégration du tissu productif national. Ainsi, par exemple, le Maroc exporte des minerais contenant des métaux qui sont raffinés en Europe ou en Chine et qu’il réimporte pour son industrie (Cuivre, Plomb…). Ces territoires, d’où sont prélevés ces mêmes minerais, sont non seulement vulnérables et en déficit d’opportunités et de perspectives mais disposent, pour la plupart, d’une culture industrielle et d’une infrastructure de base qu’il s’agit de rafraîchir et de moderniser. Parallèlement, les obstacles qui entravent l’intégration des produits marocains dans les chaines de valeurs mondiales et leurs accès aux marchés internationaux sont peu pris en charge notamment au niveau du transport et de la logistique, des barrières réglementaires et normatives et du marketing et de la distribution.

Pourtant, cette coordination et cette interaction entre les différents secteurs et acteurs nationaux et locaux ont d’autant plus d’importance que le succès d’un secteur peut être entièrement dépendant de politiques menées au niveau d’un autre département à l’instar de la mise en œuvre de l’Open Sky au niveau du transport aérien qui a été l’un des principaux moteurs du développement des arrivées touristiques durant la décennie 2000. Alors, qu’à l’inverse, l’absence d’infrastructures d’assainissements par exemple a fortement impacté les premières années de démarrage d’une station balnéaire à l’Est du pays.

Il est donc aujourd’hui, nécessaire de passer d’une gestion sectorielle en silos à une approche intégrée basée sur la cohérence et la complémentarité des services et des projets de développement au niveau et territoires, Il s’agit particulièrement de :
• Adopter une approche systémique intégrée basée sur la contractualisation dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques ;
• Insérer, dans le cadre d’une stratégie industrielle globale de manière complémentaire et intégrée avec les métiers mondiaux du Maroc, le développement du potentiel de valorisation des ressources naturelles et des territoires du pays ainsi que le développement d’une infrastructure matérielle et immatérielle d’appui à l’accès aux marchés internationaux pour les produits nationaux. Il s’agit, en effet, de passer d’une offre exportable basée sur la compétitivité par le cout à une offre basée sur le potentiel spécifique et la dynamique de conquête des marchés ;
• Accélérer la grande réforme de l’Etat que constitue la régionalisation avancée qui permettra aux régions d’avoir plus de poids et de ressources pour activer la dynamique d’un développement basé sur les spécificités et les atouts des territoires tout en prenant en compte leurs contraintes ;
• Assurer une intégration territoriale des politiques publiques dans le cadre de la régionalisation intégrée notamment à travers les contrats programmes Etat-Régions ;
• Etablir et éclaircir les prérogatives et les modes d’interaction et de coordination des différents intervenants, en appréhender les liens de causalité et notamment leur influence en termes de blocage ou de déperdition d’efforts ;
• Prédéfinir les mécanismes d’évaluation, d’alerte et de remédiation nécessaires.

Notre dynamique de développement ne peut plus être l’otage d’une absence de coordination. Les rares ressources desquelles nous disposons pour créer de la richesse et de l’emploi ne sauraient être dilapidées ou bloquées en l’absence de mécanisme de mise en cohérence, de coordination et d’évaluation. Pour remédier à ces dysfonctionnements et accéder à un nouveau palier de développement, il est, aujourd’hui, nécessaire de passer d’une gestion sectorielle en silos à une approche intégrée basée sur la cohérence et la complémentarité des services et des projets de développement au niveau et territoires.



Rupture#5
*Passer d’un modèle d’édification des infrastructures à un modèle visant à renforcer les capacités humaines et celles des entreprises et des organisations pour accompagner la nouvelle dynamique de développement recherchée


Durant les 20 dernières années, notre pays a consacré une part importante de ses ressources à l’édification d’infrastructures qui, par ce qu’elles ne sont pas valorisées à leurs pleins potentiels, ne contribuent pas suffisamment à la création de richesse et d’emploi. Pour accompagner la nouvelle dynamique de développement, il est nécessaire de passer d’un modèle d’édification des infrastructures à un modèle visant à renforcer les capacités humaines et celles des entreprises et des organisations.

Parmi les multiples transformations qui se sont produites dans notre pays durant les 20 dernières années, la plus visible est le développement du premier réseau d’infrastructures en Afrique. Ces infrastructures ont été édifiées notamment grâce à la mobilisation d’un niveau d’investissement si situant à plus de 30% du PIB ; l’un des taux les plus importants au monde.

La rentabilité de ces investissements en termes de croissance est aujourd’hui parmi les plus faibles au monde. Ainsi, pour générer 1 point de croissance, il faut, au Maroc, augmenter l’investissement de plus de 8% au lieu de 4% en moyenne pour les pays émergents. Durant la même période, le point de croissance, qui induisait la création de plus de 30'000 emplois, en crée plus ou moins 15'000.

En effet, si nous savons aujourd’hui réaliser de grandes infrastructures, nous n’avons pas été en mesure de les valoriser de manière optimale ; les rares valorisations étant le fruit d’investisseurs étrangers à l’instar de l’industrie automobile à l’exception notable de l’OCP et d’une poignée d’autres investisseurs nationaux.

Cette situation questionne sur la pertinence de l’orientation des futurs investissements sur le renforcement du « Soft » (Exploitation) plutôt sur l’édification « Hard » (Construction) pour créer les conditions d’un développement vertueux.

Ce passage de la logique « Hard » à l’approche « Soft » implique d’orienter les investissements vers le renforcement des capacités humaines, des entreprises et des organisations pour accompagner la nouvelle dynamique de développement recherchée. Pour y parvenir, il s’agit de :

• Elaborer une stratégie nationale, déclinée au niveau régionale et locale, pour un renforcement substantiel de capacités du capital humain. Ce renforcement ne devra pas se limiter aux compétences techniques mais aussi se focaliser sur les valeurs de citoyenneté, du mérite, du travail, du respect des normes et des engagements, du savoir-être, du savoir-apprendre et du savoir-communiquer. Ce renforcement devra aussi avoir pour objectif de garantir un bagage de valeurs et de compétences fonctionnelles minimales qui permette à chacun de s’intégrer dans la dynamique de développement. Il permettra, ensuite, à ceux qui le désirent de poursuivre leur formation tout au long de la vie et de certifier leurs compétences acquises ;
• Consacrer une part de plus en plus importante de l’investissement public à l’accompagnement effectif du renforcement de l’appareil productif et des entreprises à travers notamment le renforcement de l’appui à l’investissement, au recrutement, à la formation des compétences, à l’innovation et à a conquête de marché ainsi qu’à travers des prises de participations directes ainsi que la prise en charge de certains risques notamment en ce qui concerne les secteurs stratégiques et/ou d’avenir fortement capitalistiques ;
• Allouer un part des investissements au développement des technologies et de l’innovation qui permettraient au Maroc de passer du stade de consommateur à celui de producteur de technologie et d’innovations ;
• Assainir, en amont, le foncier en marge des infrastructures édifiées (ou à édifier) tout en proposant une offre locative pour les industries et en renforçant les services connexes pour encourager l’investissement privé et éviter la spéculation.

Notre pays est, aujourd’hui, doté d’un réseau d’infrastructures moderne qu’il est nécessaire de mieux valoriser pour créer plus de richesse et d’emplois. Pour accéder à un nouveau palier de développement, il est nécessaire, aujourd’hui, de passer d’un modèle centré sur l’édification des infrastructures à un modèle visant à renforcer les capacités humaines et celles des entreprises et des organisations.




Rupture#6
*Passer d’une consommation abusive des ressources rares, notamment en eau, en énergie et en financements, à une consommation responsable de ces ressources et à leur valorisation pour le développement et l’amélioration des conditions de vie des citoyennes et des citoyens en y intégrant des conditions à caractère contraignant pour garantir la durabilité

Notre approche actuelle de développement se traduit par une consommation abusive des ressources rares dans notre pays notamment en ce qui concerne l’eau, l’énergie et les financements. De par la forte corrélation entre approvisionnement en ressources, satisfaction des besoins des citoyens, productivité économique sécurité alimentaire et stabilité, il est, aujourd’hui, nécessaire d’adopter une consommation responsable de ces ressources rares et d’entreprendre une valorisation contribuant au développement et à l’amélioration des conditions de vie des citoyennes et des citoyens en y intégrant des conditions à caractère contraignant pour garantir la durabilité.

En effet, notre pays fait partie des 20 pays les plus touchés par le stress hydrique ne disposant plus que de 500 m3 d’eau par habitant en 2018 contre 2500 m3 en 1960 sachant qu’environ 80% de la consommation d’eau est absorbée par l’agriculture, 12% par les ménages et 8% par l’industrie. Cette situation de stress hydrique est accentuée par les effets du changement climatique et questionne sur la distribution rationnelle et équitable de cette ressource rare ainsi que sur son potentiel de valorisation.

Nous pouvons constater, par exemple, que les territoires montagneux qui possèdent les réserves d’eau les plus importantes sont parmi les plus mal desservis par cette ressource qui est mobilisée en aval pour l’agriculture extensive et la consommation des ménages urbains ; cette situation exacerbant les tensions sociales dans des territoires en situation de vulnérabilité multidimensionnelle par ailleurs. La question peut, par ailleurs aussi, se poser de savoir s’il est pertinent de continuer à produire des cultures à gros besoins d’eau, a fortiori de les exporter, dans certains cas.

Parallèlement, notre facture énergétique est passée de 4,2% du PIB en 2002 à 6,5% en 2017 atteignant un pic à 11,4% en 2013 du à la forte progression des cours du pétrole. Le renforcement du tissu industriel du pays cumulé à l’évolution de la mobilité des biens et des personnes et du niveau des équipements des ménages a induit une augmentation constante des besoins en énergie alors que le Maroc importe plus de 90% de ses besoins. Si l’impact de ces évolutions est aujourd’hui atténué par le développement des énergies renouvelables, il importe de questionner notre mode de consommation et de valorisation de la ressource énergétique.

En ce qui concerne la rareté des ressources financières, le Maroc ne possède pas, à l’instar d’autres pays, de ressources naturelles lui permettant de disposer de revenus suffisants pour accompagner ses besoins en matière de développement. Notre pays ne peut, par ailleurs, de par sa taille, son histoire et sa structure socio-économique se positionner en tant que « paradis fiscal » pour attirer et retenir massivement des capitaux. Or, notre dynamique de développement actuelle, qui est essentiellement portée par la consommation finale des ménages et des administrations ainsi que par l’investissement notamment public a entraîné une évolution inquiétante de l’endettement public et de l’endettement des ménages. Si le recours à l’endettement est vertueux quand ce dernier est affecté à l’investissement, il l’est moins quand les ménages et les institutions publiques y ont recours respectivement pour boucler des fins de mois difficiles ou pour couvrir des dépenses ordinaires.

Ces tendances en matière de consommation non durable des ressources en eau, en énergie et en financement est de nature à hypothéquer la capacité de développement des générations futures. Il est donc aujourd’hui nécessaire de passer d’une consommation abusive de ces ressources rares à une consommation responsable de ces ressources et à leur valorisation pour le développement et l’amélioration des conditions de vie des citoyennes et des citoyens en y intégrant des conditions à caractère contraignant pour garantir la durabilité. Cette rupture implique d’intégrer la durabilité en tant que pilier du modèle de développement du pays à travers notamment :
• La mise en œuvre d’une stratégie intégrée de développement par le climat s’appuyant sur les opportunités offertes par la finance climatique pour renforcer la résilience du pays, nous accompagner dans l’atteinte des objectifs nationaux en la matière et contribuer au développement des secteurs de l’économie verte et bleue dans notre pays et sur le continent africain ;
• L’élaboration d’une stratégie intégrée d’efficacité hydrique intégrant des objectifs précis en matière de durabilité, de distribution équitable et de valorisation responsable de la ressource hydrique à l’aide notamment de contrats de nappe, de la valorisation des bassins versants et de eaux usées et l’adoption d’un juste prix de la ressource hydrique ;
• L’accélération de la mise en œuvre de la stratégie énergétique et notamment du développement des capacités de production d’électricité à partir d’énergies renouvelables ;
• La mise en œuvre effective de la stratégie nationale d’efficacité énergétique et l’évaluation de tous les projets de développement en cours et à venir à travers ce prisme ;
• L’orientation progressive du recours à l’endettement des institutions publiques vers l’investissement productif avec un rééquilibrage des maturités de la dette avec les capacités de remboursement directement liés aux investissements concernés ;
• La mise en place des mécanismes efficients pour améliorer le pouvoir d’achat des citoyens et notamment des classes moyennes, prévenir le surendettement et soutenir les ménages en situation de surendettement.

La baisse progressive du niveau de durabilité de notre trajectoire de développement constitue non seulement un frein pour la dynamique actuelle mais aussi une hypothèque pour l’avenir de nos enfants. Pour accélérer notre évolution vers un nouveau palier de développement et en garantir la durabilité, il est nécessaire de passer d’une consommation abusive des ressources rares en eau, en énergie et en financements, à une consommation responsable de ces ressources et à leur valorisation pour le développement et l’amélioration des conditions de vie des citoyennes et des citoyens.

6/11/2018
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