Directeur : Jamal HAJJAM           Redacteur en Chef : Ahmed NAJI
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 Election présidentielle en Azerbaïdjan
Ilham Aliyev, haut la main

Sans surprise, le président de l'Azerbaïdjan, Ilham Aliyev, a remporté le scrutin présidentiel du 11 avril 2018 dès le premier tour, à une majorité écrasante dépassant les 86%, devant sept autres candidats de différents courants politiques. Le corps électoral composé de quelque 5,3 millions d’électeurs s'est déplacé massivement pour un taux de participation officiel de presque 75%. Les 125 circonscriptions électorales que compte le pays ont ainsi reçu presque 4 millions d'électeurs dans 5641 bureaux de vote équipés de la logistique qui sied à une telle circonstance.
A noter que deux principaux partis d'opposition ont appelé au boycottage du scrutin, un appel qui ne semble pas avoir trouvé un large écho auprès des électeurs au regard du taux de participation très élevé communiqué dans la soirée du 11 avril par la commission électorale centrale.
Avec ce plébiscite, le président Ilham Aliyev, au pouvoir depuis 2003 après avoir succédé à son son père, Heydar Aliyev, a été reconduit pour un nouveau mandat de sept ans, le référendum constitutionnel de 2016 ayant transformé le quinquennat qui était en vigueur en un septennat.
J. H.

12/4/2018
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 Rencontre nationale de mobilisation des partis politiques autour de l’intégrité territoriale, à Laâyoune
Les trois « non » fermes et irrévocables de Nizar Baraka :
M. Nizar Baraka, Secrétaire Général du Parti de l’Istiqlal, a prononcé une importante allocution, lors de la rencontre nationale de mobilisation des partis politiques autour de l’intégrité territoriale, lundi à Laâyoune, dans laquelle il a insisté sur le rejet catégorique de toute tentative de changement du statut juridique et historique de ce qu’on appelle la zone tampon dans le Sahara marocain et de la nécessaire mobilisation de toutes les forces vives de la nation pour contrer les manœuvres machiavéliques des adversaires et ennemis de l’intégrité territoriale du Maroc.
Voici, par ailleurs, la traduction de l’intervention intégrale de M. Nizar Baraka :

« J’ai l’honneur de prendre la parole, au nom de vos frères et sœurs du Parti de l’Istiqlal, à cette rencontre qui constitue un moment fort du consensus national autour de la question de notre intégrité territoriale, laquelle demeure une constante fédérant le peuple et la nation marocains sous la conduite de SM le Roi Mohammed VI qu’Allah l’assiste et le glorifie.
Nous nous retrouvons donc aujourd’hui en cette ville de Laâyoune, en tant que citoyens et citoyennes marocains, élus et acteurs politiques, afin de réaffirmer encore une fois ce consensus inébranlable face à ce que connaît, ces derniers temps, la question de notre intégrité territoriale comme manœuvres, provocations et fuite en avant de la part des adversaires et des ennemis auxquels nous disons que de telles machinations ne font que conforter l’union et la cohésion du peuple marocain car sa souveraineté est d’un intérêt supérieur au-dessus de toute autre considération.
Nous nous retrouvons dans cette région que SM le Roi entoure d’une sollicitude particulière, afin de clamer face aux ennemis et adversaires de notre intégrité territoriale les « non » fermes et irrévocables que voici :

-Non à la mainmise sur les terres marocaines, y compris concernant le changement du statut juridique et historique de ce qu’on appelle la zone tampon dans le Sahara marocain, en ce qu’elles font partie intégrante du territoire national ;
-Non à la déviation ou le parasitage du processus de règlement de ce conflit artificiel en dehors du cadre onusien, l’immixtion de la justice internationale dans ce processus politique et négocié par excellence, conformément au référentiel fixé par le Conseil de sécurité (de l’ONU), incluse ;
-Non à toute altération du processus de négociations qui exempterait le voisin algérien vis-à-vis de ses responsabilités dans la recherche d’une solution définitive de ce conflit régional, et ce, proportionnellement à sa responsabilité dans le maintien, le parrainage et la perpétuation de ce conflit à partir de son territoire.
-En contrepartie de ces « non » fermes et irrévocables que le peuple marocain unanime réitère, il y a la proposition d’autonomie, dans le cadre de la souveraineté marocaine, dont le sérieux et la crédibilité sont attestés part la communauté internationale. Nous prenons acte positivement, dans ce cadre, de la teneur du rapport du S/G de l’ONU et qui insiste sur : La position ferme des Nations Unies concernant l’incursion du Polisario dans la zone de Guergarat et l’interdiction de tout acte susceptible de changer le statu quo dans la zone tampon ;
-La conduite exclusive par l’ONU du processus de règlement ;
-La responsabilité de l’Algérie à travers la confirmation de son implication dans les négociations et sa contribution à la recherche d’une solution définitive, permanente et négociée ;
-L’évocation par le rapport de la dynamique de développement que connaissent les provinces du Sud du Royaume, du lancement de plusieurs projets en vue d’améliorer les conditions de vie des habitants et de ménager des opportunités d’emploi pour les jeunes, ce qui, Allah en soit loué et au cas où on en douterait encore, que la voie choisie par notre pays, sous la conduite de SM le Roi et en coordination avec les habitants de nos provinces sahariennes dans la gestion de ce conflit artificiel, est la voie saine, idoine, réaliste, durable et prospective et que, par conséquent, il importe de continuer à renforcer cette dimension inclusive, à l’instar de la participation des deux présidents des régions de Laâyoune et Dakhla à la récente rencontre avec l’envoyé du S/G de l’ONU, M. Hörst Köhler, à Lisbonne.
Il importe également pour tous les intervenants, élus, acteurs économiques et sociaux et société civile de conjuguer leurs efforts afin de faire aboutir les objectifs des chantiers de développement prévus dans le cadre du nouveau modèle de développement des provinces du Sud.
Il est nécessaire, enfin, d’accorder la priorité aux provinces méridionales lors de la mise en œuvre de la régionalisation avancée et d’en accélérer la cadence, conformément aux hautes directives royales, dans la perspective de doter ces provinces de l’autonomie.
Nous réitérons, une fois de plus, la mobilisation totale du Parti de l’Istiqlal derrière SM le Roi qu’Allah le glorifie, face aux adversaires de notre intégrité territoriale et en vue de mesures et dispositions fermes à même de préserver la souveraineté nationale.
Que la paix et la clémence d’Allah soient sur vous ! ».

10/4/2018
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 En conclave dans la capitale des provinces du Sud, les chefs des partis politiques marocains, élus, chioukhs, notables, acteurs de la société civile et cadres sahraouis en ordre de bataille
Le message de l’unité qui sonne le glas des thèses infondées des ennemis de l’intégrité territoriale

Laâyoune - DNES, Mohammed Beroual

Laâyoune - DNES, Mohammed Beroual - Cette fois-ci, le Maroc, sous la conduite éclairée de Sa Majesté, a entre les mains des arguments majeurs :
- les manœuvres entreprises par le polisario au niveau de la zone tampon constituent une violation flagrante des règles du droit international et des Résolutions de l’ONU, ce qui constitue une menace sérieuse au cessez-le-feu et compromet sérieusement le processus politique ainsi que la stabilité régionale ;
- l’Algérie, de par son soutien au polisario, a une responsabilité flagrante dans la pérennisation de ce conflit, elle qui sait pertinemment qu’aucun règlement de l’affaire du Sahara n’est possible en dehors de la souveraineté pleine et entière du Maroc sur son Sahara, et en dehors de l’Initiative d’autonomie, dont la communauté internationale a reconnu le sérieux et la crédibilité.
Soulignons que « le Maroc demande et a toujours demandé que l’Algérie puisse participer au processus politique, que l’Algérie puisse assumer une responsabilité pleine dans la recherche de la solution et que l’Algérie puisse jouer un rôle à la hauteur de sa responsabilité dans la genèse et l’évolution de ce différend régional ».
Partant de là, il appartient, donc, aux parties à l’origine de ce conflit, monté de toutes pièces, d’assumer pleinement leur responsabilité dans la recherche d’un règlement définitif. Egalement, il appartient à l’Organisation des Nations Unies d’user de tous les moyens dont elle dispose pour amener les parties récalcitrantes à la raison.
Sous le sceau de ces vérités et d’une ligne de défense du patriotisme, pierre angulaire de la société marocaine, les chefs des partis politiques marocains, toutes tendances confondues, se sont rendus, lundi 9 avril 2018, dans la capitale des provinces du Sud, où ils ont rencontré les parlementaires, les élus, les chioukhs, les notables, les acteurs de la société civile et les cadres sahraouis, dans un élan d'une mobilisation nationale condamnant les manœuvres des adversaires de notre intégrité territoriale à la suite des derniers agissements hostiles du polisario et ses tentatives à modifier les données dans la zone tampon.
Le but de cette rencontre est, donc, d’envoyer un message fort et sans ambiguïté aussi bien en interne qu’à l’international, exprimant la ferme position du Maroc et la claire volonté du peuple marocain s’agissant de son attachement unanime à l'intégrité territoriale, première cause nationale.
Les leaders des partis politiques ainsi que les représentants des instances élues, qui se sont relayés sur la tribune dans le palais des congrès de Laâyoune, ont fait montre d’un haut degré de responsabilité, de lucidité, d’engagement et de mobilisation. Et c’est avec force arguments qu’ils ont défendu, en chœur, la position du Maroc, une position qui puise son fort dans la légitimité historique du Maroc à recouvrer son Sahara et dans la légalité internationale.
Le Maroc, sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, qui ne s’est jamais départi de ses engagements à défendre les causes justes, le Maroc qui est crédité du rôle d’acteur actif pour son militantisme à faire régner la paix et la concorde, appelle aujourd’hui avec beaucoup d’insistance à ce que ces principes, censés régir toutes les relations internationales, fassent l’objet de réciprocité en ce qui concerne ses revendications légitimes. Il appelle aussi à ce que la prééminence de l’Initiative marocaine d’Autonomie, considérée comme la base sérieuse et crédible pour mettre fin à ce différend, soit définitivement adoptée, et que la négociation sur la base du réalisme et de l’esprit de compromis, et sous l’égide exclusive de l’Organisation des Nations Unies, soit la règle comme seule et unique voie pour parvenir à la solution politique mutuellement acceptable de ce différend.
Grâce à sa diplomatie active et raisonnée, à sa pédagogie reconnue à traiter les différends sur la base de la concertation et de l’échange, le Maroc, par la voie de Sa Majesté comme de ses instances habilitées, qui a pris sur lui le devoir et la responsabilité d’expliquer et de convaincre sur ce qui se passe au niveau de la zone tampon, une zone qui lui revient de droit mais dont il s’est retiré volontairement conformément à ses valeurs de paix et de bon voisinage, n’admet nullement aujourd’hui que des velléités, quel qu’en soit le degré, ne portent atteinte ni à sa souveraineté ni à ses droits légitimes, ni ne viennent entacher l’équilibre du statu quo anté.
Les initiatives prises dans ce cadre, à travers notamment le message écrit de Sa Majesté le Roi Mohammed VI au Secrétaire Général de l'ONU, S. E. Antonio Guterres, et également à travers des contacts en haut lieu, avec des dirigeants de grands pays, est l’illustration parfaite de la politique de sagesse qu’exige le contexte international.
Sur le plan intérieur, rappelons également cette réunion exceptionnelle qui s’est tenue dernièrement au Parlement, en présence des ministres de l'Intérieur et des Affaires étrangères, afin d'examiner les derniers développements du dossier du Sahara.
Ainsi, en plus qu’il se trouve conforté dans son approche et dans sa considération aux principes des relations internationales, le Maroc s’enorgueillit, aujourd’hui, d’avoir réussi un challenge majeur : celui de la consolidation de son front intérieur. A cet égard, d’ailleurs, il est unanimement admis que la réunion de Laâyoune a été un des moments fondateurs qui symbolise le pacte indéfectible d’unité nationale, scellé entre le Trône et le Peuple, pacte dont la clé de voûte est le Sahara marocain.
La rencontre de Laâyoune vient de prouver, encore une fois, la capacité du Maroc et des Marocains à se mobiliser et parler d’une seule voix. Elle vient de prouver, également, le sens, la capacité et la qualité de l’organisation. Preuve du sens du travail en commun et des synergies de l’ensemble des intervenants en charge du déroulement de cet événement sous l’œil vigilant des services d’Ordre qui, de par leur implication, leur présence et leur sens de responsabilité, ont assuré de meilleures conditions d’accueil et de travail aux participants. Que tous trouvent, ici, nos hommages appuyés.

Mohammed BEROUAL

10/4/2018
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 Gabriella Battaini-Dragoni, S.G. adjointe du Conseil de l’Europe :
Le Maroc a réalisé des efforts et avancées considérables dans les domaines des droits de l’Homme, de la démocratie et de l’État de droit

Propos recueillis par Adil Zaari Jabiri (MAP)

Le Maroc a réalisé, depuis plusieurs années, des efforts et avancées considérables dans les domaines des droits de l’homme, de la démocratie et de l’État de droit, a souligné Mme Gabriella Battaini-Dragoni, secrétaire générale adjointe du Conseil de l’Europe.
Mme Battaini-Dragoni, qui effectuera à partir de mercredi une visite de deux jours au Maroc pour faire le point sur la coopération entre le Royaume et le Conseil de l’Europe et examiner les perspectives de partenariat pour les années à venir, a relevé que «la Constitution de 2011 a, à cet égard, représenté une étape fondamentale, même si le Maroc était engagé dans un processus de réforme bien avant cette date».
Elle a estimé que les réalisations accomplies dans le Royaume "sont importantes, qu’il s’agisse par exemple des perspectives d’établissement d’un Mécanisme National de Prévention de la torture, du renforcement du cadre législatif et institutionnel visant à lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants, contre la traite des êtres humains ou à promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes, ainsi que les droits des migrants par une politique ambitieuse de régularisation et d’intégration ». 
Elle a ajouté que «la réforme du système judiciaire a été largement engagée, en vue de consolider son indépendance et son efficacité, en particulier avec l’adoption des lois organiques relatives au statut des magistrats et à l’établissement d’un Conseil supérieur du pouvoir judiciaire », se disant «heureuse, que sur la plupart de ces sujets fondamentaux, le Royaume du Maroc ait souhaité bénéficier de l’accompagnement du Conseil de l’Europe ».
«Je souhaite assurer les autorités de notre volonté pleine et entière de poursuivre et approfondir notre coopération à l’avenir, dans ces domaines et dans d’autres secteurs liés à l’agenda des réformes », a-t-elle déclaré.
Évoquant les relations entre le Maroc et l’Union européenne, Mme Battaini-Dragoni a souligné que «Notre partenariat avec le Maroc se développe avec succès grâce au soutien de l’UE et des autorités marocaines», invitant à «poursuivre le dialogue politique avec l’UE, notamment ses États membres, chaque fois que possible ».
Répondant par ailleurs à une question sur les mesures d’accompagnement qu’offre le Conseil de l’Europe en matière des événements sportifs, Mme Battaini-Dragoni a rappelé que le Maroc est membre de l'Accord Partiel Élargi sur le Sport (APES). À ce titre, il est associé aux travaux intergouvernementaux en matière de politiques sportives qui visent à rendre le sport plus éthique, plus inclusif et plus sûr, a-t-elle expliqué.  Le Maroc, a-t-elle ajouté, est aussi un État partie à la Convention du Conseil de l'Europe sur la violence et les débordements de spectateurs lors de manifestations sportives et en particulier de matches de football.
Rappelant qu’un événement sportif majeur, comme une Coupe du monde de football, offre une occasion unique pour le pays d'accueil non seulement en vue de la construction de l'infrastructure nécessaire, mais aussi en vue de l’amélioration des politiques et pratiques nationales pertinentes, elle a affirmé que «le Conseil de l'Europe serait heureux d'aider le Maroc à améliorer davantage ses politiques et à renforcer ses normes dans ce domaine».

10/4/2018
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 La galère portugaise "Physalia physalis", une espèce apparentée aux méduses
Prolifération sur les côtes marocaines

La galère portugaise "Physalia physalis", une espèce apparentée aux méduses, a été détectée sur les côtes marocaines, dans la région de Casablanca, Mohammedia, Bouznika et Skhirat, après une apparition massive sur certaines plages des côtes espagnoles, a indiqué, récemment, le ministère de l'agriculture, de la pêche maritime, du développement durable et des eaux et forêts.
Dans un communiqué, le ministère souligne avoir lancé une étude par l’Institut national des recherches halieutiques (INRH) pour mieux comprendre les conditions environnementales à l’origine de la prolifération
de cette espèce sur les côtes marocaines, tout comme celle des méduses de manière générale.
Selon les informations de l'INRH qui a mis en place un réseau de surveillance de ce type de phénomènes, les apparitions de la galère portugaise sont saisonnières et demeurent généralement limitées dans le temps (souvent entre mars et avril).
Cette espèce, qui apparaît régulièrement au niveau des côtes marocaines, peut provoquer des brûlures intenses en cas de contact, avertit la même source, notant que la gravité des blessures occasionnées à l’homme en cas de contact avec les tentacules de la physalie semble cependant varier d’un individu à l’autre.
Dans la plupart des cas, les envenimations se limitent à des brûlures intenses qui peuvent être très douloureuses. La durée des lésions peut durer une à deux semaines selon les organes touchés, ajoute la même source rappelant le cas mortel signalé sur les côtes portugaises en 2010. Mais, les cas de piqûres recensées ces dernières années au Maroc n’auraient pas entraîné de complications majeures, selon le ministère.
En cas de piqûre, le ministère conseille à retirer délicatement les tentacules collés à l'aide d'un papier, d'un bout de plastique, d’un coquillage ou même d’un morceau d'algue, à ne pas utiliser aucun liquide agressif, car déclencherait des cellules urticantes encore non activées (pas de vinaigre, ni salive, ni urine, et surtout pas d'eau douce) et à rincer délicatement la plaie à l'eau de mer si nécessaire. En cas de douleur persistante ou de malaise, consulter d’urgence un médecin, insiste la même source.

10/4/2018
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 Message royal au Forum national de la Haute fonction publique
La réforme globale et intégrée de l’Administration publique s’impose sans délai

SM le Roi Mohammed VI a adressé un message aux participants au Forum national de la haute fonction publique, qui a ouvert ses travaux mardi à Skhirate, sous le thème de la restructuration du système de la haute fonction publique. Voici le texte intégral du message royal dont lecture a été donnée par le Conseiller de SM le Roi, M. Abdeltif Manouni:
"Louange à Dieu,
Paix et Salut sur le Prophète, Sa Famille et Ses Compagnons.

Mesdames, Messieurs, 
Le Forum national de la Haute Fonction publique, qui tient aujourd'hui ses assises, coïncide avec le soixantième anniversaire de la promulgation du Statut général de la Fonction publique. A cette occasion, Il Nous plaît de vous adresser ce message, eu égard aux hautes responsabilités que vous assumez et qui font de vous une élite engagée directement dans la gestion de la chose publique.
Nous avons tenu à conférer Notre Haut Patronage à cette importante manifestation, en reconnaissance du rôle clé dont s’acquitte, depuis l’Indépendance, l’Administration publique. En effet, partie prenante à l’action menée au service de la Nation et des citoyens, elle accompagne également le processus de développement économique et social engagé dans notre pays. Des missions assidûment remplies en dépit des difficultés auxquelles elle fait parfois face et des dysfonctionnements qui peuvent survenir conjoncturellement. 
Nous nous réjouissons que vous ayez pris l’initiative d’organiser ce forum, laquelle vient traduire votre engagement à mettre en œuvre Nos orientations qui visent à réformer l’Administration publique et à valoriser ses ressources humaines. 
Nous vous félicitons également d’avoir choisi le thème de la restructuration du système de la haute fonction publique. Notre souhait est que vos assises soient l’occasion d’une réflexion sereine sur les transformations que connaissent toutes les composantes du système de la Fonction publique, ainsi que sur les insuffisances inhérentes à son fonctionnement. Nous espérons aussi qu’à l’occasion de ce forum, vous examinerez les mesures législatives et réglementaires qu’il convient de prendre pour améliorer le rendement des services et des établissements de l’Etat.

Mesdames, Messieurs,
L’Administration marocaine, qu’elle soit centrale ou locale, aborde aujourd’hui un tournant majeur, qui exige que ses responsables s’impliquent avec vigueur dans la dynamique de changement économique et social à l’œuvre dans notre pays; un tournant qui suppose également un accompagnement conséquent des politiques publiques menées et des chantiers de développement lancés. 
La mise en œuvre de mégaprojets structurants, notamment dans les domaines de l’industrie, de l’agriculture, des infrastructures et des énergies renouvelables, nous a permis, dans un premier temps, d’engranger d’importants acquis. Néanmoins, tel qu’il a été initialement conçu, notre modèle de développement a atteint ses limites et se révèle, désormais, inapte à générer des bénéfices en termes de développement global. S’il ne répond plus aux attentes des citoyens, c’est qu’il se heurte à de multiples carences, notamment le rendement insuffisant de l’Administration, son faible potentiel en compétence et en créativité et l’absence d’une bonne gouvernance administrative. 
Nous avons appelé précédemment à l’élaboration d’un nouveau modèle de développement pour appréhender les défis présents et à venir. Aujourd’hui, Nous lançons un appel pour que la notion de service public soit inscrite au cœur de ce modèle grâce à une réforme globale et profonde de l’Administration marocaine. 
Nos observations critiques sur le rendement et l’efficacité de l’Administration publique sont parfois sévères. Mais ceci ne veut nullement suggérer que cette Administration ne remplit pas son rôle. Le but n’est pas non plus de dévaloriser les compétences apportées par ceux qui y travaillent, ni de déprécier les efforts consentis pour accroître sa performance. Nous savons parfaitement que l’appareil administratif de notre pays connait, depuis des années, une évolution significative. En outre, Nous avons connaissance des remarquables réalisations dont il peut se prévaloir, des grands chantiers qu’il a contribué à faire aboutir. 
En définitive, ce que Nous voulons, c’est hisser la productivité de l’Administration à des niveaux supérieurs et l’infléchir pour qu’elle s’adapte aux changements intervenus à l’échelle nationale, qu’elle assimile les dynamiques d’évolution à l’œuvre au niveau mondial, et qu’elle contribue à relever les défis de développement auxquels est confronté notre pays. 
C’est pour ces raisons que Nous avons constamment insisté sur la nécessité de réformer l’Administration et de mettre à niveau les ressources humaines dont elle dispose. Pour notre pays, le choix est stratégique dans la mesure où une telle orientation permettra indéniablement d’asseoir les fondements du modèle de développement que Nous appelons de nos vœux. Ainsi, l’Administration pourra élaborer et développer, dans des domaines variés, des politiques publiques efficaces et efficientes. 
En effet, dès Notre Accession au Trône de Nos Glorieux Ancêtres, Nous avons œuvré avec célérité à la mise en place du nouveau concept d’autorité car Nous considérons qu’il constitue un préalable essentiel pour développer la performance de l’Administration et conforter son attachement aux règles de bonne gouvernance. Il s’agit, in fine, de satisfaire les demandes croissantes des citoyens, d’appuyer l’action dédiée à la réalisation de la justice sociale et de préserver la dignité humaine. 
Nous avons également veillé à ce que le principe de bonne gouvernance soit inscrit au cœur de la Constitution comme une condition préalable à l’organisation et à la gestion du service public. En effet, la bonne gouvernance implique nécessairement primauté du mérite, intégrité, transparence et égalité des chances pour l’ensemble des Marocains. Nous nous attachons aussi à rendre opérationnel le principe constitutionnel de corrélation entre responsabilité et reddition des comptes.

Mesdames, Messieurs, 
La Constitution assigne à l’Administration publique une mission fondamental : être au service des citoyens en leur assurant un égal accès à ses services et en veillant à ce que ses prestations couvrent de manière équitable et continue l’ensemble du territoire national. 
Par ailleurs, la Loi place les services publics sous l’autorité des ministres, étant donné que l’Administration est à la disposition du gouvernement. De plus, la Constitution fait obligation aux fonctionnaires de se conformer aux exigences de qualité, de transparence, de responsabilité et de reddition des comptes. Ce devoir constitue une condition indispensable pour établir une relation de proximité avec les citoyens, être à l’écoute de leurs doléances et satisfaire avec efficacité leurs besoins légitimes. 
A cet égard, Nous appelons à la célérité la plus grande pour que soit adoptée la Charte des services publics, prévue par la Constitution. Revêtue d’un caractère contraignant, elle doit devenir la référence fondamentale en matière de bonne gouvernance, de gestion des administrations publiques, des collectivités territoriales et des services publics. 
Notre vœu est que cette Charte soit l’expression franche et vigoureuse de Notre nouveau concept d’autorité qui englobe, in extenso, les administrations et les services publics, tous paliers et toutes catégories confondus, et, au premier chef, le système de la haute fonction publique.
Mesdames, Messieurs,
L’impératif d’une gestion efficiente des ressources et la satisfaction nécessaire des exigences du développement global posent avec acuité la question fondamentale de l’efficacité de l’Administration publique et des établissements de l’Etat. Pour un traitement judicieux de cette question, deux démarches sont indispensables: une révision des méthodes de travail des structures administratives et une refonte des modalités de gestion des ressources publiques, en vue d’une utilisation optimale des moyens en place. 
Vous n’êtes pas sans savoir que le défi de l’efficience accompagne irrémédiablement celui de la compétitivité. En effet, la valeur et l’efficacité des administrations se mesurent aujourd’hui à l’aune de leur contribution à renforcer la compétitivité de leurs pays respectifs et ainsi à les mettre en capacité de livrer la rude bataille de captation des investissements, des compétences et des capitaux. Cette efficacité dépend aussi de l’aptitude des organes administratifs à ouvrir de nouvelles perspectives de développement économique et social, à créer des opportunités d’emploi, notamment au profit des jeunes.
Au regard de ces multiples enjeux, la réforme globale et intégrée de l’Administration publique s’impose sans délai. En effet, à l’impératif d’assurer en permanence la bonne marche du service public s’adjoint la nécessité de veiller à la qualité des prestations publiques. Outre un renforcement de sa dimension régionale, la gestion des ressources humaines doit être optimisée en créant les conditions de la déconcentration administrative et en donnant la priorité aux exigences de compétence et d’efficacité. 
En tant que mode pratique et efficient de gouvernance territoriale, la régionalisation avancée est le socle sur lequel l’Administration doit s’appuyer pour offrir au citoyen les prestations et les services de proximité dont il a besoin et pour le rapprocher des centres de décision. Or l’opérationnalisation optimale de ce chantier structurant n’est possible qu’au prix d’une implication active de tous, notamment l’Administration publique, centrale et locale.
Comme nous l’avons fait précédemment à de multiples reprises, Nous soulignons et appelons de nos vœux la nécessaire adoption de la Charte des services publics, dans la mesure où elle permettra un réaménagement et une redistribution des compétences entre le Centre et les différentes entités territoriales. 
Par ailleurs, l’Administration devrait disposer, à tous les paliers, de ressources humaines qualifiées. Il est, par conséquent, primordial de relever le défi de la formation et de la mise à niveau continues des membres du personnel administratif, cadres et agents. De plus, les recrutements doivent être effectués en parfait accord avec les besoins réels de l’administration concernée et en fonction des qualifications requises pour les postes à pourvoir. Dans la même veine, il faut veiller au strict respect des critères de compétence, de mérite et d’égalité des chances au cours de ces processus d’embauche.
Par ailleurs, outre la mise en place de conditions et de cadres de travail appropriés, le recours à une panoplie de mesures incitatives et disciplinaires est nécessaire pour assurer des niveaux élevés de rendement professionnel. 
Il faut aussi s’attacher à former de nouvelles générations de responsables qui seront à terme insérés dans les différentes administrations et les divers services publics. Pour cela, il est important de pouvoir attirer des compétences hautement qualifiées, dotées d’un sens élevé des responsabilités et pourvues d’aptitudes avérées de communication, de planification stratégique et d’efficacité dans la gestion des projets. Ce sont de tels critères fondamentaux qui doivent présider aux procédures de nomination aux fonctions supérieures.
De plus, ce grand chantier de réforme nécessite l’amélioration des structures organisationnelles, le développement des méthodes de gestion, la moralisation du service public et le perfectionnement du cadre juridique. Pour cela, il est souhaitable et utile de s’inspirer du modèle managérial du secteur privé, ainsi que des meilleures pratiques internationales dans ce domaine.
A cet égard, l'utilisation des nouvelles technologies est un facteur clé pour améliorer le travail administratif. Il convient, par conséquent, de tendre vers une généralisation de l’administration électronique par la fourniture de services à distance et la facilitation, pour les différents départements, de l'accès commun aux informations.

Mesdames, Messieurs,
En dépit des efforts consentis et des tentatives de réforme et de modernisation que Nous souhaitons mener à bien, l’Administration marocaine ne pourra se hisser au niveau d’efficience et d’efficacité souhaité, si ne s’opèrent pas un changement des mentalités et une rupture avec des postures, des pratiques inavouables qui nuisent à l’Administration et à son personnel. Nous pensons bien évidemment à la corruption, la prévarication, l'abus de pouvoir et l’absence de discipline dans l’exercice professionnel.
L’objectif recherché ne pourra être atteint qu’au prix d’une amélioration et d’une simplification des procédures administratives et d’une application stricte des règles régissant la nomination aux postes de responsabilité et les services publics. Il faut aussi garder en vue la nécessaire corrélation entre responsabilité et reddition des comptes. 
Il va sans dire que la réussite escomptée de la réforme reste tributaire d’une réelle volonté collective et de la capacité à surmonter les contraintes et les obstacles qui entravent l’évolution de notre modèle administratif et de notre schéma de développement. On peut citer la persistance d’attitudes réfractaires au changement et à la réforme, chez certains responsables qui craignent de perdre leurs privilèges; on peut également citer parfois leur manque de compétence et d'audace qui explique leur réticence à engager le processus de réforme.

Mesdames, Messieurs,
Vous savez à quel point que Nous avons à cœur de voir l'Administration accomplir ses missions au service du citoyen et jouer un rôle constructif et productif dans le développement de notre pays. Or la réforme de l'Administration et la remise en question du système de la Fonction publique ne sont pas seulement synonymes d’un redressement des services du secteur public. L’élan réformateur implique aussi la recherche des meilleurs moyens de mettre à contribution le secteur privé, en s’efforçant, au mieux de l’intérêt du pays, d’assurer équilibre et synergie entre les impératifs purement administratifs et les exigences proprement dites du développement. 
Nous avons bon espoir que ce Forum national de la haute fonction publique soit un moment fort qui mette en avant les nouveaux principes de gouvernance publique et fasse des propositions avant-gardistes sur les modalités de gestion efficace de la chose publique. Le modèle managérial souhaité reposera sur une contractualisation de la relation de travail dominée par les maîtres mots que sont l’engagement à atteindre les objectifs tracés et l’obligation de rentabilité et de résultat. Il devra également faire prévaloir la logique du service public, où prédominent les principes d’intérêt général, d’intégrité, de justice spatiale et de cohésion sociale. 
Nous espérons aussi que ce forum sera une occasion idéale pour formuler des recommandations, pour prendre des résolutions pratiques, déterminantes et applicables, en prélude à la mise en chantier de la réforme souhaitée. Ces décisions marqueront concrètement le point de départ pour mettre en marche le passage graduel d'un modèle de la fonction publique axé sur la gestion des carrières à un autre, tout nouveau, fondé sur la gestion des compétences. Il s’agira ainsi d’un modèle administratif efficace s’harmonisant avec le modèle de développement recherché et répondant aux impératifs de l'étape présente et à venir.
Nous bénissons vos efforts et implorons le Très-Haut de couronner de succès les travaux de votre forum. 
Wassalamou alaikoum warahmatoullahi wabarakatouh".

1/3/2018
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Le Maroc, un pays ouvert et non offert

Propos recueillis par Nadia NACIRI
 
   
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 Sérieux camouflet pour le polisario et consorts
 Le Maroc a réalisé des efforts et avancées considérables dans les domaines des droits de l’Homme, de la démocratie et de l’État de droit
 Prolifération sur les côtes marocaines


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