Directeur : El Atouabi Majdouline           Redacteur en Chef : Ahmed NAJI
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 Financement de la santé au Maroc
Quel modèle pour la couverture sanitaire universelle   
Au Maroc, il est communément admis que la question du financement de la santé est, depuis longtemps, un vrai casse-tête.

A. CHANNAJE

L'insuffisance des ressources publiques, résultat des restrictions budgétaires, la hausse en cascade des coûts des soins, l’amélioration de l'espérance de vie des Marocains (74,8 ans) et le vieillissement de la population sont, entre autres, des facteurs qui pèsent sérieusement sur le financement du système de santé au Maroc. Un secteur qui est censé cependant garantir et faciliter l’accès des populations aux soins médicaux. Or, ce n'est malheureusement pas le cas au Maroc. Le citoyen doit, avant tout, payer par n'importe quel moyen s'il veut se soigner. Le gouvernement est appelé alors, dans le but d'améliorer l’offre de soins, de chercher des ressources financières supplémentaires pour investir, de manière rationnelle, dans le domaine de la santé.
Or, les dépenses de santé ne représentent que 7,7% du budget de l’Etat, alors que l’OMS recommande, notamment pour les pays similaires au Royaume un chiffre de 15%.
C’est dans ce contexte qu’une conférence nationale sur le financement de la santé s’est tenue les 18 et 19 à Salé sous le thème : « Quel modèle de financement pour la couverture sanitaire universelle   ».
Organisée sous le Haut Patronage de SM le Roi, en partenariat avec l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé), la Banque mondiale, l’Union européenne et la BAD (Banque Africaine de Développement), cette conférence avait pour principe objectif d’identifier les grandes orientations de la nouvelle stratégie de financement de la santé, en lien avec les objectifs du Plan Santé 2025 en termes de couverture sanitaire universelle. « Le Maroc consacre aujourd'hui6% du PIB (Produit Intérieur Brut) au secteur de la santé. La contribution de l'État, à travers les recettes fiscales, représentent le quart des dépenses sanitaires. Les ménages contribuent pour 50%. Quant à l'assurance maladie, elle finance 22% de ces dépenses, a souligné Anass Doukkali, ministre de la Santé.
Le ministre de tutelle a ajouté que la forte contribution des ménages à la prise en charge des soins de ces dépenses constitue, notamment pour la population vulnérable.
M. Doukkali a tenu, cependant, à souligner que la transition du système de santé marocain doit faire face désormais au double phénomène de vieillissement de la population et de l'exacerbation des maladies chroniques. En effet, l'espérance de vie à 75 ans et la prévalence élevée des maladies chroniques, dont le diabète et l'hypertension.
De même, la généralisation du RAMED (Régime d'Assistance Médicale) a contribué à améliorer le taux de couverture médicale pour atteindre 62% de la population.
Cependant, l’extension de l'assurance maladie aux travailleurs indépendants, qui représentent 33% de la population, constitue un pas décisif vers l’atteinte de la couverture sanitaire universelle.
Tous ces éléments, selon M. Doukkali, plaident pour la mise en place d'une stratégie de financement cohérente, soutenable et pérenne.

Pénurie de cadres médicaux
et paramédicaux
De son côté, le chef de gouvernement, Saâdeddine El Othmani, a indiqué que l'amélioration de l'offre de santé au Maroc passe par un financement efficient et optimal du secteur.
Il a relevé la hausse de l’effectif médical et l’élargissement de la couverture médicale à plusieurs catégories professionnelles et semi-professionnelles combinés à l'exploration de nouvelles pistes pour le financement de la santé.
« Nous sommes à cette étape décisive dans l'optique d’intégrer un plus grand nombre de bénéficiaires de la couverture sanitaire globale », a fait savoir M. El Otmani, indiquant que l’utilisation optimale des ressources financières constitue, à elle seule, le prélude à ce chantier majeur.
Dans ce sens, il a rappelé que la couverture médicale englobera des indépendants, un chantier en cours de finalisation pour sa mise en œuvre et qui dénote de la volonté du Maroc à aller de l’avant pour réussir ce projet réformateur. 
« Nous recherchons à ce que notre approche du financement de la santé soit sociale, économique et intégrée », a-t-il dit, citant dans ce cadre l'élaboration d'un projet de loi portant sur le développement de partenariat public-privé dédié au financement du secteur. 
Il a déclaré, en outre, que le secteur de la santé au Maroc souffrait d'un manque de ressources humaines en raison de la fuite des cerveaux à l'étranger et de la faible formation en nombre des différents cadres médicaux. « C'est une pénurie de cadres médicaux, paramédicaux et techniques spécialisés », a-t- souligné.

Trois ateliers étaient au programme de cette conférence :
Mobilisation des fonds pour le système de santé entre limites de la capacité contributive et besoins de financement des soins,
Mise en commun des ressources pour la santé et gestion du risque financier,
Achat de services dans le domaine de la santé et optimisation des dépenses : quel impact sur l'équité de la prise en charge 
Ont pris part à cette conférence, initiée par le ministère de la Santé, plus de 200 participants à savoir des acteurs politiques, des experts nationaux et internationaux de renoms, des partenaires institutionnels, des représentants professionnels et syndicaux, ainsi que les représentants du secteur privé et de la société civile. 
A. CHANNAJE

19/6/2019
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 Assemblée générale de l’ASMEX
Hassan Sentissi El Idrissi, président jusqu’en 2021
L’ASMEX a présenté mardi dernier sa nouvelle feuille de route à l’horizon 2025. Au programme : adoption de nouveaux statuts et prorogation du mandat du président Hassan Sentissi El Idrissi.

Lionel Atokré 

« Pour une prospérité durable par l’export ». C’est la nouvelle vision adoptée par l’Association Marocaine des Exportateurs (ASMEX) pour la feuille de route 2025. Lors des Assemblées Générales Ordinaire et Extraordinaire tenues mardi dernier à Casablanca, plusieurs points émanant de cette feuille de route ont été abordés. Parmi eux, celui de l’adoption des nouveaux statuts, présentés au président Hassan Sentissi El Idrissi, en vue d’assurer l’éligibilité de l’ASMEX au statut d’utilité publique. S’agissant des nouveaux statuts, les membres de l’association ont acté la prorogation pour deux années supplémentaires du mandat du Président en exercice, M. Hassan Sentissi El Idrissi.
«Le vote qui a été fait à main levée était unanime», nous informe Mohammed Essaâdi, vice-président général de l’ASMEX. Les nouveaux statuts adoptés par l’ensemble des membres prévoient, pour le président, un mandat de cinq ans au lieu d’un mandat de trois ans renouvelable une fois. « Nous estimons que cinq ans, c’est suffisant pour atteindre des objectifs en tant que président de l’ASMEX », ajoute Mohammed Essaâdi. Le mandat passe ainsi de trois à cinq ans, prolongeant la présidence de Hassan Sentissi El Idrissi jusqu’en 2021. Présidence qu’il assure depuis 2013.
L’Assemblée générale ordinaire a aussi porté sur l’approbation des rapports moral et financier de l’exercice 2018, tout en évoquant les principaux défis à relever. A ce propos, la nouvelle vision de l’ASMEX porte sur des axes stratégiques prioritaires dont l’accélération de la croissance des exportations, la diversification de l’offre exportable et des marchés à l’export, le développement des exportations des régions, la consolidation des partenariats internationaux et le renforcement du positionnement de l’ASMEX en tant qu’interlocuteur privilégié des toutes les parties prenantes de l’export.

Export, un potentiel inexploité
de 15 milliards de Dhs
En marge de cette rencontre, les membres de l’ASMEX ont passé en revue les constats issus des premiers résultats de l’étude sur l’offre exportable nationale. En premier lieu, vient la faible représentativité des exportations marocaines dans les échanges mondiaux avec une balance déficitaire avec les pays signataires d’un accord de libre-échange avec le Maroc.
« Nous avons très peu de sociétés exportatrices au Maroc. 50 % des sociétés qui font de l’export, ont une durée de vie très limitée », déplore Mohamed Essaâdi. Les membres de l’ASMEX  ont, toutefois, relevé que l’offre exportable nationale est en croissance continue malgré une forte concentration des exportateurs sur l’axe Casa-Rabat et un centrage sur les partenaires classiques tels que la France et l’Espagne. Le potentiel inexploité a été estimé à 15 milliards de dirhams.
L’ASMEX a par ailleurs présenté sa feuille de route à l’horizon 2025 qui émane de sa nouvelle vision intitulée « Pour une prospérité durable par l’export ». Plusieurs actions ont été prévues pour l’accélération de la mise en œuvre de cette feuille de route, dont notamment le déploiement des recommandations de l’étude sur l’offre exportable, l’intégration des fédérations sectorielles dans les structures de l’association et la mise en marche du Comité de Pilotage des Exportations (COPEX) et de la compétitivité dans le cadre d’un Partenariat Public-Privé. S’ajoute à cela l’accélération du chantier de la dématérialisation des procédures de l’export en partenariat avec les organismes concernés dont principalement et entre autres la Douane, l’Agence nationale des ports, le ministère de l'Industrie, de l'investissement, du Commerce et de l’Economie numérique, l'ONSSA et le guichet unique national des procédures du commerce extérieur « Portnet ».
Sur le volet de la présence régionale, l’association compte déployer davantage d’efforts pour une représentation plus élargie au niveau des 12 régions du Royaume à travers la création de nouvelles antennes. « La création de ces nouvelles antennes va nous permettre d’élargir notre réseau », estime Mohammed Essaâdi. De nouveaux services seront développés au profit des membres pour un accompagnement en phase avec leurs besoins et exigences sur le plan technologique et informationnel. Dans ce sens, une solution de veille et d’intelligence économique baptisée « ASMEX Gateway » a été lancée.

Lionel Atokré 

19/6/2019
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 Analyse
Le nouveau modèle de développement au crible de la pensée d’Allal El Fassi
Les sons de fanfare s'élèvent ce samedi 15 juin à l'entrée du Centre culturel Ahmed Boukmakh à Tanger, qui accueille la commémoration de la 45ème année du décès de Allal El Fassi. L'ambiance est festive mais chez les plus vieux, la disparition du "Za'im" est toujours aussi amère qu'elle le fut en 1974. "Je pleure encore comme un enfant quand je pense à Si Allal", soupire ce septuagénaire, le vague à l'âme.

Amine DERKAOUI

Pour ce premier rassemblement national du parti à Tanger depuis l'accession de Nizar Baraka au Secrétariat général, l'abondance est spectaculaire.

"On est impressionné par cet afflux de toutes parts de plus de 2000 personnes. On ne s'y attendait pas", reconnaît un membre du comité d'organisation. La salle de conférences qui va accueillir l'évènement est déjà pleine qu'autocars et bus transportant les militants venus des quatre coins du Maroc débarquent au parking. Mais quand la délégation du Bureau provincial de Rabat arrive, tout le monde s'attend à la surprise, et les Rbatis ne déçoivent pas. Guidés par l'infatigable "Filali", qui revendique 50 ans de militantisme au sein de l'Istiqlal, femmes et jeunes de Rabat brandissent drapeaux et photos de Allal El Fassi, et scandent, au point de mettre les fanfares en mode sourdine, chants nationaux et hymne du parti. Il faut dire que la logistique n'était pas contraignante. Une grande partie des participants ont fait le déplacement par Al Boraq, qui donne désormais aux déplacements vers Tanger des allures de promenade de santé.

Ce n'est pourtant pas un hasard si Tanger a été choisie pour abriter cette rencontre. Comme l'a rappelé, dans son allocution d'ouverture, Abdeljabbar Rachdi, membre du Comité exécutif du parti, la capitale du Boughaz fut le deuxième lieu de résidence du "leader de la libération", après Fès. En effet, après sa mise en exil par les autorités coloniales au Gabon, puis au Congo, Allal El Fassi s'était installé en 1949 à Tanger, qui jouissait du statut de Zone internationale jusqu'en 1956.

Référence inexorable
"La conscience est le fondement de la civilisation véritable. (...) Une conscience lucide est l'unique instrument pour parvenir à rebâtir notre société". Ces deux phrases, extraites de l'œuvre de référence de feu Allal El Fassi, "L'Autocritique", expriment sommairement la pensée du chef de file du mouvement national. En présence des deux fils du Za’im, Hani et Abdelouahed El Fassi, l'actuel Secrétaire général du parti, Nizar Baraka, a démontré comment les idées fondatrices de Si Allal inspirent la vision actuelle du parti du nouveau modèle de développement, telle que présenté au Cabinet royal en novembre 2018. Selon Baraka, la pensée conceptuelle de Allal El Fassi et son référentiel égalitaire sont une clé d'entrée pour remédier aux "dysfonctionnements du modèle actuel". "Ces orientations se basent sur la préservation de la sécurité spirituelle et l'intégrité territoriale, le renforcement de la solidarité et de la cohabitation entre les citoyens, avec un focus sur les valeurs fédératrices de l'identité nationale, où la religion musulmane occupe une place centrale", explique le Secrétaire général. En faisant référence aux principes de "préservation de la richesse et sa répartition équitable », étayés dans les innombrables écrits de Allal El Fassi, Baraka a appelé à "l'encouragement de l'entrepreneuriat et à la lutte contre les tendances monopolistiques" de certaines structures économiques, insistant que le parti de la balance "ne peut que faire face à toute politique débouchant sur l'exacerbation des fractures sociales et territoriales, ou nuisant au pouvoir d'achat de la classe moyenne". Le nouveau modèle défendu par l'Istiqlal doit "cibler les familles les plus atteintes par les inégalités sociales, et réduire les disparités entre les provinces littorales et les zones montagneuses et frontalières", préconise Baraka en mettant l'accent sur la nécessité de "renforcer les capacités humaines et passer d'un modèle d'investissement sur les infrastructures, à un autre qui renforce le capital humain".
En somme, l'humanisme vrai tel que préconisé par Allal El Fassi. Tout en étant convaincu du rôle de l'élite intellectuelle et militante, "Sidi Allal" plaidait la proximité de celle-ci du citoyen simple, une caractéristique que nos dirigeants ont tendance à oublier.

Amine DERKAOUI

17/6/2019
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 Mouvement des étudiants grévistes en médecine et en pharmacie
L’ESCALADE !
Après les menaces de redoublement collectif et d’expulsions définitives proférées à l’encontre des étudiants grévistes; après la suspension des professeurs qui ont manifesté leur soutien à leur mouvement; après la tentative de diabolisation de ce mouvement en l’assimilant dans son intégralité aux manigances politiciennes d’Al Adl Wal Ihssane, on croyait avoir tout vu. Il n’en était rien, puisque voici venu le temps
de l’intimidation et des représailles à l’encontre des familles et des parents des étudiants. Retour sur les origines d’un mouvement en pleine escalade.

Bouteina BENNANI

Les hostilités ont commencé mercredi 12 juin, soit deux jours après l’opération de boycott réussie des examens des Facultés de médecine et de pharmacie et qui avait été marquée par un taux record d’adhésion de 100%. Selon des témoignages publiés dans la presse nationale et corroborés par les sources de « L’Opinion » au sein de la Coordination des étudiants grévistes, plusieurs familles auraient reçu la visite d’agents d’autorité, des Moqaddems en l’occurrence, les incitant à faire pression sur leurs enfants pour qu’ils cessent leur boycott des examens. Des convocations dans les Wilays de plusieurs villes, dont celle de Fès, ont également été adressées aux étudiants et à leurs parents. Et enfin, plusieurs témoignages (voir encadré) font même état de représailles sous la forme de radiation ou d’intimidation de parents d’étudiants grévistes exerçant dans le secteur médical. Tout ceci a un nom : Escalade. Retour sur les origines du mal.

En 2015 déjà !
Abstraction faite des points litigieux sujets à débat et du gouffre politique où se sont enfoncés les ministres de la Santé et de l’Education nationale, fallait-il s’engager, une fois encore, dans ce genre de cercles vicieux  A-t-on oublié la marée humaine constituée par les étudiants en médecine, lors de la marche menée en 2015, qui avait exposé le Maroc à la moquerie  Toute la presse avait, alors, parlé des 110 Dhs par mois octroyés aux étudiants de médecine pour les stages dans les Centres Hospitaliers Universitaires.

Il fallait se remémorer ces évènements et comprendre que ces jeunes étudiants ne s’emballent pas pour n’importe quelle cause, mais agissent en tout état de cause. C’est le cumul de revendications datant de plusieurs années, auxquelles se sont ajoutées d’autres problématiques créées par l’actuel gouvernement. Il s’agit du concours de résidanat pour les docteurs en médecine ou médecins généralistes, autrement dit le passage obligé pour l’accès à la spécialité. Une étape décisive dans leur parcours préprofessionnel. Les différents arguments des uns et des autres n’ont pu résoudre la problématique, ni désamorcer la tension entre les différents intervenants. D’ailleurs, ce sont presque les mêmes tiraillements observés qu’en 2015. Toujours est-il que les secteurs Education et Santé, imbriqués, ne semblent, ces dernières années, évoluer vers aucune issue.

La polémique du résidanat
La polémique actuellement soulevée, celle du résidanat, n’est pas des moindres. Le concours en lui-même est difficile et les postes attribués aux jeunes médecins sont peu nombreux. En 2018, selon des données chiffrées du ministère de la Santé auxquelles « L’Opinion » a eu accès, 910 postes ont été attribués aux résidents à travers tout le Maroc. Cette année, ce chiffre a reculé à 730 postes, alors même que deux nouvelles Facultés de médecine ont été ouvertes à Agadir et Tanger. En 2018, les 500 candidats, au niveau de Rabat, se sont affrontés, académiquement parlant, pour 155 postes. C’étaient 88 postes pour les spécialités médicales, dont 40 avec contrat et 48 sans contrat, 54 postes pour les spécialités chirurgicales, dont 23 avec contrat et 31 sans contrat, et 13 postes pour les spécialités biologiques, dont 7 avec contrat et 6 sans contrat. Donc, en gros, ce sont juste 101 postes budgétaires qui ont été proposés, avec engagement d’embauche, soit le 1/5 de l’ensemble des candidats. Au niveau de Casablanca, les postes attribués étaient au nombre de 202, en 2018. En 2017, les postes disponibles étaient 112, dont 40 avec contrat et 52 sans contrat.
En somme, les chiffres sont parlants et ils attestent d’un déficit patent de postes que justement les étudiants grévistes ne veulent surtout pas voir s’aggraver avec l’afflux massif d’étudiants du privé pour lesquels rien ne semble avoir été prévu, ni anticipé. D’où la résignation des étudiants grévistes à continuer leur mouvement qui s’apparente aujourd’hui à un réflexe de survie. «Nous craignons que nos chances pour le résidanat ne soient réduites par toute cette masse d’étudiants du privé qui vont diminuer nos possibilités de faire une spécialité», nous explique une étudiante gréviste de Rabat.

Une année blanche à 1 milliard
de dirhams
Les étudiants en médecine, médecine dentaire et pharmacie sont menacés d’année blanche. Il est plus que temps de faire des études sur le coût estimé d’une année blanche universitaire et des pertes subies par l’Etat, pour ce qui est du budget alloué à chaque étudiant. A défaut d’études récentes à ce sujet, l’étude du Conseil Supérieur de l’Enseignement, datant de 2009, peut donner une idée sur le coût, pour l’Etat, d’une année blanche, et ce, à travers le coût unitaire annuel de formation d’un étudiant. L’étude, intitulée « Financement et coût en éducation au Maroc », a été réalisée par M. Brahim Chedati, sous la supervision de l’Instance Nationale d’Evaluation du Système d’Education et de Formation, émanation du Conseil Supérieur de l’Enseignement, dans le cadre des travaux de préparation du premier rapport du Conseil sur l’état et les perspectives du système national d’éducation-formation pour l’année 2008.
Entre autres champs disciplinaires, cette étude nous apprend qu’en ce qui concerne la médecine, la pharmacie, et la médecine dentaire, le coût unitaire de formation des étudiants, en 2006, était de 45.395 Dhs. Autrement dit, c’est ce que coûte chaque étudiant de ces disciplines pour l’Etat. Si l’on ne se réfère qu’à ce chiffre, sans prise en compte de l’inflation et des surcoûts accumulés en l’espace de 13 années, le montant total de la perte occasionnée par une année blanche pour l’ensemble des 22.000 étudiants grévistes se monterait donc à 998.690.000 dirhams, soit un peu mois d’un milliard de dirhams de perte sèche pour les caisses de l’Etat.

Les autres raisons de la colère
La crise des étudiants grévistes intervient dans un contexte des plus troubles au sein des secteurs de la Santé et de l’Education au Maroc. Conditions de travail déplorables au sein des hôpitaux, manque de matériel dans les Facultés, rémunération dérisoire des gardes, nombre de postes de résidanat et d’internat très bas par rapport au nombre de lauréats, non aboutissement du système LMD (Licence-Master-Doctorat) indispensable pour un long cursus de ce genre, démissions de praticiens de l’Ordre des médecins, fuite des médecins en Allemagne et autres, ce sont là autant de dossiers à traiter dans l’immédiat. La problématique duale public-privé est, bien sûr, à mettre sur la table, mais pas au détriment des franges sociétales qui se battent pour relever leur niveau de vie et pour un avenir meilleur. Il est donc plus que temps pour que les décisions gouvernementales soient prises sous un angle égalitaire, juste et prévoyant sur le long terme, avec des études sérieuses à l’appui, et non pas fruit de tâtonnements, d’entêtement et de calculs politiciens.
Bouteina BENNANI

17/6/2019
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 3ème édition du Trophée International Mohammed VI de Polo
SAR le Prince Moulay Rachid préside la finale à Rabat

SAR le Prince Moulay Rachid a présidé, samedi au Polo Club Souissi à Rabat, la finale de la 3è édition du Trophée International Mohammed VI de Polo, organisée par la Garde Royale du 9 au 15 juin, sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI. A son arrivée au Polo Club Souissi, SAR le Prince Moulay Rachid a passé en revue un détachement des lanciers de la Garde Royale qui rendait les honneurs, avant d'être salué par le ministre de la Jeunesse et des sports, M. Rachid Talbi Alami et le ministre délégué auprès du Chef du gouvernement, chargé de l'Administration de la Défense Nationale, M. Abdeltif Loudyi, ainsi que d'autres personnalités civiles et militaires. Les chefs de délégations des équipes participantes ont été présentés à Son Altesse Royale qui a donné le coup d'envoi de la troisième manche de la finale.
SAR le Prince Moulay Rachid a ensuite rejoint la tribune officielle pour assister aux deux dernières manches de la finale de la 3è édition du Trophée International Mohammed VI de Polo.
Au terme de cette compétition, Son Altesse Royale a assisté à un défilé des équipes participantes avant de procéder à la remise du trophée de cette 3è édition au capitaine de la sélection nationale (A), Mohamed Lamhamdi, et du deuxième prix au capitaine de l'équipe du Portugal qui a participé à la finale, avant de poser pour une photo souvenir avec l'équipe championne, l'équipe finaliste et l'ensemble des équipes participantes à cette grande manifestations sportives. 

17/6/2019
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Amine DERKAOUI
 
   
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