Directeur : El Atouabi Majdouline           Redacteur en Chef : Ahmed NAJI
  Nationale     Sport     Economie     Culture     Cinéma     Environnement     Dossier     International  
  Divers   |   Femme   |   Régions   |   T.Continent   |   Informations utiles   |   Tarif publicitaire   |
 
 
 
        Nationale
 Actes de sabotage et de vandalisme à Lâayoune
Une morte et plusieurs dizaines de blessés

Hajar LEBABI

Tandis que l’Algérie célébrait son sacre à la Coupe d’Afrique des Nations 2019, Lâayoune était en proie à de graves troubles à l’ordre public, ainsi que des actes de sabotage, fomentés par des éléments séparatistes. En effet, mettant à profit la vague de joie spontanée des marocains qui sont sortis célébrer la victoire du voisin algérien lors de la finale de la CAN face au Sénégal, des individus embrigadés par le Polisario ont perpétrés «des actes de sabotage et de pillage obligeant les forces publiques à intervenir pour assurer la protection des biens privés et publics», indique un communiqué de la wilaya de la région Laâyoune-Sakia-El Hamra, précisant que les affrontements ont duré jusqu’à 03h00 du matin. Foyer sismique de ces actes de vandalisme, l’avenue Smara, artère principale de la ville de Laâyoune a concentré la plupart des actes de sabotage commis. Parmi ces actes, on citera la mise à feu d’une agence bancaire de la BP, ainsi que la destruction de plusieurs équipements faisant partie du mobilier urbain, sans oublier la dégradation de plusieurs dizaines de véhicules particuliers.
Plus grave, le caillassage intensifs des forces de l’ordre à généré plusieurs dizaines de blessés parmi ceux-ci, dont quatre dans un état grave. Parallèlement à ces incidents, ajoute le communiqué de la Wilaya de Lâayoune, «une jeune femme âgée de 24 ans est décédée à l’hôpital régional de la ville où elle a été transférée de la voie publique dans un état critique». Une enquête est en cours sous la supervision du parquet compétent pour élucider les circonstances de ce décès. Selon des sources rapportées par plusieurs sites web marocains, la jeune femme aurait été percutée par un véhicule des forces auxiliaires faisant partie du dispositif sécuritaire déployé pour contenir les troubles. «L'accident, qui s'est produit vers 23h00 sur l'avenue Mohammed VI, a provoqué le décès de la jeune fille, née le 28 février 1995, au moment où elle traversait la voie à pied en provenance du mur de l'école Al Mourabitine et en direction du quartier Moulay Rachid à Laâyoune», précise pour sa part le communiqué de la Wilaya de Lâayoune.
D’autres enquêtes sont également en cours pour déterminer les vrais responsables et les motivations réelles des casseurs qui sont loin d’être de simples hooligans à l’image de ceux qui ont sévi dans des villes françaises comme Paris suite à la victoire algérienne. Les troubles de Lâayoune interviennent en effet dans un contexte tendu marqué la reprise durant la dernière semaine des tensions au niveau du point de passage de Guerguarate où des éléments affiliés au Polisario se sont attaqués aux transporteurs de marchandises, bloquant leur traversée des frontières maroco-mauritaniennes. Ils interviennent également en pleine période de crise au sein des camps de Tindouf dont le leadership affaibli par la crise politique en Algérie n’a eu de cesse de multiplier les exactions contre les populations civiles, dont le dernier acte n’est autre que l’enlèvement de trois opposants en la personne de Moulay Abba Bouzid, El Fadel Breika et Mahmoud Zaidane.
Simple coïncidence ou acte sciemment prémédité, on notera que les troubles sociaux au sein des camps de Tindouf avaient généré une vague de redditions parmi les militaires du Polisario dont treize éléments s’étaient rendus au Maroc, en mars 2019. Ce qui rappelle un scénario analogue et autrement plus dramatique, celui des graves troubles survenus à l’occasion du démantèlement du camp de Gdeim Izik en novembre 2010, précédés au début de la même année par une importante vague de retours à la mère patrie, parmi les résidents des camps de Rabouni. L’enquête menée par les autorités marocaines concernant les événements de Gdeim Izik révélera par la suite que plusieurs dizaines de spécialistes de la guérilla urbaine s’étaient terrés parmi les centaines de civils ayant choisi de revenir au Maroc pour encadrer et chapeauter des actes de sabotage au sein de nos frontières.

Hajar LEBABI

22/7/2019
Lu 5506 fois
| |
 La CNSS relooke ses tarifs
Augmentation du taux de remboursement normal de 70 à 80%
Des décisions qualifiées d'encourageantes viennent d’être validées par le Conseil d’administration de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) au profit des salariés du secteur privé. Des décisions qui ont pour principal objectif d’améliorer les conditions de la couverture médicale des affiliés bénéficiant de l’AMO (Assurance de la maladie obligatoire).

A. CHANNAJE

Parmi ces décisions, figure l’augmentation du taux de remboursement normal de 70 à 80%. Le but est d’améliorer le niveau des prestations AMO pour réduire le restant à charge des assurés. Une telle mesure est de nature à encourager les salariés ayant un revenu bas à se soigner davantage.
La seconde décision prise est la hausse du taux de remboursement des dispositifs médicaux à 100%, et celle du taux de remboursement des médicaments génériques à 90% au lieu de 70%. « La décision d’augmenter le taux de remboursement de ce genre de médicaments est louable. Elle sera sans aucun doute une bonne nouvelle pour les personnes malades obligées d’acheter ces médicaments coûteux », déclare à L’Opinion Larbi El Amine, syndicaliste à l'UGTM (Union Générale des Travailleurs du Maroc).
Le CA de la CNSS a également décidé, pour les soins dentaires, à ce que le plafond des prothèses soit de 3000 DH par an au lieu de 3000 DH tous les deux ans. « 3000 dirhams par an ne suffit pas, d’autant plus que le plafond n’est pas clair. on ne sait pas si tous les ayant droit vont bénéficier à la fois ou à titre individuel d’un telle mesure, sachant que le coût de la prothèse est d’environ 2000 dirhams par an », fait remarquer notre interlocuteur.
Le Conseil a décidé aussi de revaloriser le tarif national de référence de la consultation médicale, et ce après avoir finir les consultations avec les professionnels. Ainsi, pour la médecine générale, le tarif de référence


de la consultation médical serait de 150 DH au lieu de 80 DH. Pour la médecine spécialisée, le tarif serait de 250 DH au lieu de 150 DH.
Les tarifs de l’optique seront également revalorisés avec 400 dirhams pour les montures et 400 et 800 dirhams, respectivement pour les verres normaux et progressifs. 
Ces différentes décisions entreront en vigueur à partir de janvier 2020, et ne nécessiteront aucune hausse des cotisations de la part aussi bien de l’employé que de l’entreprise. « Ces mesures sont les presque les mêmes déjà prises par la CNOPS », souligne encore notre source.
Le Conseil d’administration de la CNSS a, par ailleurs, décidé de mettre en œuvre l’une des principales dispositions de l’accord de 25 avril 2019, à savoir la hausse des allocations familiales à 300 DH par enfant pour les trois premiers. Une décision qui sera appliquée avec effet rétroactif à partir du 1er juillet 2019.
Le nombre de bénéficiaires de pensions de la CNSS est passé à 568.829 en 2019 pour un montant de 11 milliards de dirhams. Pour les allocations familiales, le nombre de bénéficiaires est de 1,3 millions.
La masse des salaires déclarés à la CNSS est d’environ 148 milliards de dirhams.
Ce sont alors près de 4 millions de salariés qui vont bénéficier des décisions susmentionnées. Dans son rapport « Tableau de bord social », fraîchement publié, la DEPF (Direction des Etudes et de la Prévision Financière) souligne que 3,88 millions salariés ont été déclarés à la CNSS dans le cadre du régime général au titre de l’année 2017 contre 2,1 millions en 2010, soit une progression annuelle moyenne de l’ordre de 6,9%. Le montant des cotisations dues s’est accru, quant à lui, de 8% en moyenne par an durant la même période passant de 1,3 milliards à 2 milliards de dirhams entre 2010 et 2016.
Le nombre des pensionnés a, pour sa part, atteint 560.819 pensionnés en 2017 contre 380.286 pensionnés en 2010.
A. CHANNAJE

22/7/2019
Lu 5448 fois
| |
 
La Jordanie réitère son soutien à l'intégrité territoriale du Maroc

Le ministre jordanien des Affaires étrangères et des expatriés, Aymen Al-Safdi, a réitéré, samedi à Amman, le soutien de son pays à l'intégrité territoriale du Maroc.
"Notre position sur la question du Sahara marocain est claire, en l'occurrence la préservation de l'intégrité territoriale du Royaume du Maroc et l'aboutissement à une solution politique dans le cadre du référentiel international et des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU afférentes à ce sujet", a souligné M. Al-Safdi lors d'un point de presse conjoint avec le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Nasser Bourita, à l'issue de leur entretien.

Signature d'une convention de coopération et de deux mémorandums d'entente
Le Maroc et la Jordanie ont signé, samedi à Amman, une convention de coopération dans les domaines militaire et technique, ainsi que deux mémorandums d'entente relatifs à la concertation politique et à la collaboration entre l'Institut diplomatique jordanien et l'Académie marocaine des études diplomatiques.
Les trois textes ont été signés par le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Nasser Bourita et le ministre jordanien des Affaires étrangères et des expatriés, Aymen al-Safdi.
La signature de la convention de coopération et des deux mémorandums d'entente intervient dans le cadre de la visite de travail qu'effectue M. Bourita au Royaume Hachémite de Jordanie sur invitation de son homologue Aymen al-Safdi.
La visite de M. Bourita en Jordanie s'inscrit dans le cadre de la tradition de communication et de concertation qui marque les relations entre les deux pays frères, sous la conduite sage de SM le Roi Mohammed VI et Son frère SM le Roi Abdallah II Ibn Al Hussein.
Ce déplacement constitue une opportunité pour faire le suivi de la mise en oeuvre de la teneur du communiqué conjoint publié à l'occasion de la visite de travail et d'amitié que le Souverain jordanien avait effectuée dans le Royaume du Maroc les 27 et 28 mars 2019.

22/7/2019
Lu 6063 fois
| |
 Loi-cadre sur l'enseignement
Séisme en vue au PJD
Abdelilah Benkirane n'est plus l'homme qui jurait par tous les saints de ne plus s'immiscer dans les affaires du gouvernement. Il n'est plus non plus celui qui s'interdisait de s'exprimer en dehors des institutions. Aux débats dans les organes de son parti, il préfère désormais "prêcher" depuis le salon de sa villa au quartier les Orangers de Rabat, face caméra.

Amine Derkaoui

Comme on s’y attendait, Abdelilah Benkirane a finalement réagi à l’adoption, mercredi 16 juillet, du projet de loi cadre sur la réforme de l’enseignement au sein de la commission parlementaire de l’enseignement, de la culture et de la communication. Dans un Live Facebook diffusé dans la soirée du samedi dernier suivant la même scénographie habituelle, avec en toile de fond un portrait de lui avec son défunt compagnon de route Abdellah Baha et dans un timing parfait, à 24 heures de la séances plénière du Parlement devant débattre de la loi sur l’enseignement, rappelant celui de sa dernière sortie en mars contre cette même loi, l'ex Chef du gouvernement n'a pas mâché ses mots. 

Dans une diatribe caustique mêlant arabe littéraire, références coraniques et dictons populaires en Darija, il a dirigé ses flèches contre ses "frères" et, en première ligne, Saâd Eddine El Othmani pour avoir non seulement laissé passer le projet de loi-cadre sur l'Enseignement, mais pour l'avoir soutenu. Preuve de l'influence des Live de Benkirane sur la vie du parti au pouvoir, le président du groupe parlementaire du PJD, Driss Azami, a remis sa démission au Secrétaire général du parti, quelques minutes après la fin de la diffusion de la vidéo. Une information confirmée à "L'Opinion" par Souleimane Amrani, le vice Secrétaire général du parti de la lanterne. 

Le vote de ce texte en commission parlementaire avait en effet été marqué par l’opposition de deux PJDistes aux amendements des articles 2 et 31, suivie par une volte-face de ces mêmes députés, qui ont validés en fin de compte le texte dans son ensemble, s'alignant ainsi sur le vote de l'ensemble du groupe parlementaire du PJD. Pour rappel, ces deux articles instaurent une "alternance linguistique" (consécration des langues nationales tout en admettant le recours aux langues étrangères dans certaines matières) à travers, notamment, l’enseignement des matières scientifiques et techniques en langues étrangères.

"L'appartenance à ce parti
ne m'honore plus"

Dans son allocution de 38 minutes, l'ex patron du PJD a admis ne plus se reconnaître dans le parti qu'il a "lui-même fondé". "La langue arabe est inscrite dans nos documents fondateurs, comment peut-on l'abandonner en faveur de la langue du colonisateur " s'est-il exclamé, avant de menacer: "je pense sérieusement à quitter ce parti auquel je ne suis plus honoré d'appartenir". Pour le Chef du gouvernement limogé en 2017, l'adoption du projet de loi-cadre est "une honte sans précédent", intolérable pour "un parti à référence islamique". Il reproche notamment à l'actuel commandement du PJD d'avoir débattu du positionnement du parti vis-à-vis de cette réforme au sein du Secrétariat général, alors qu'une telle question "de principes", compte tenu de son importance, devait être soumise au débat dans le cadre du Congrès national du parti", a-t-il préconisé. 

En s'adressant directement à son successeur El Othmani, Benkirane a ouvertement remis en question la participation du PJD au gouvernement, au sein duquel "il n'a plus rien à faire". "C'est notre erreur la plus flagrante depuis que nous dirigeons le gouvernement", a estimé celui qui considère que les mesures disciplinaires qui risquent d'être prises contre les deux députés frondeurs seront "également des mesures contre [sa] personne". 

Tandis que son vote est programmé pour la séance plénière du lundi 21 juillet au parlement, le sort du projet de loi-cadre sur l'enseignement s'assombrit avec la sortie du sulfureux Benkirane et la démission de son protégé Driss Azami. Et même si, par la force des choses, la loi-cadre est adoptée lundi à la première Chambre, elle risque de creuser les fossés au sein du PJD, divisé par les clivages internes depuis la constitution du gouvernement El Othmani. 

Amine Derkaoui

22/7/2019
Lu 5505 fois
| |
 Démissions en série au patronat
Ou comment le «problème Mezouar» risque de tuer la CGEM
Entre les affaires, les déceptions, les coups fourrés et les envies d'ailleurs, le patronat fait l'objet d'un turn-over sans précédent.

Amine Derkaoui

“Je suis venu me battre avec les miens, et voilà que je me bats contre les miens!". C'est en ces termes, et tant d'autres de la même veine émotionnelle, que Salaheddine Mezouar a exprimé son "amertume", en conférence de presse jeudi 18 juillet, à propos de la série de démissions que connaît la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM) sous son règne. Silencieux depuis le début de cette vague qui traverse le patronat depuis celle de Ahmed Rahhou en janvier dernier, c'est suite au retrait de son vice-président général, Fayçal Mekouar, que Mezouar a décidé de rétorquer. Pourquoi avoir parlé aujourd'hui et pas avant "J'ai...
"J'ai appris la leçon des dernières fois, où j'ai eu tort de me taire. Désormais, je répondrais à chaque fois que quelque chose de ce genre se produira. Plus ça monte, plus je monterais", a-t-il sévèrement promis.

Trahi, déçu et lâché par ceux qu'ils croyaient ses lieutenants, le patron des patrons déplore surtout qu'une "machine se soit mise en branle" et que "des réunions se tiennent dans [son] dos" au moment même où il parle à la presse. Plus qu'une autre démission de conjoncture donc, le coup de Fayçal Mekouar est celui qui a "le plus ému" l'ex-président du RNI. Un coup de poignard dans le dos que Mezouar n'a visiblement pas digéré, et surtout venant de cet "ami", avec qui il dit avoir travaillé "en toute confiance". Révélée en avant-première nationale par le site web de l'hebdomadaire Telquel pendant la soirée du 17 juillet, la démission de Fayçal Mekouar couronne un long feuilleton d'abdications des ténors de la CGEM. Après les démissions de Ahmed Rahhou (vice-président), Mohamed Talal (vice-président), Hammad Kassal (président de la Commission Délais de paiement), Fadel Agoumi (Directeur général délégué) a déposé la sienne 24 heures avant Fayçal Mekouar, ouvrant la voie au doute sur une possible entente entre les deux, réputés proches l'un de l'autre. Mais dans une déclaration à « L'Opinion », Agoumi s'est contenté du minimum syndical: "Après sept années comme directeur général adjoint de la CGEM, je ressens une certaine fatigue. C'est un métier crevant", a-t-il indiqué sans vouloir en dire davantage, notamment sur le timing de sa démission.

Le "problème Mezouar"

Si ces démissions sont justifiées en on et en off par des prétextes aussi divers que la "fatigue", les "convenances personnelles" et autres "incompatibilité d'humeurs", un fil rouge se dégage: la vie de l'organisation patronale n'est plus la même depuis que l'ex-ministre des Affaire étrangères a été porté à sa présidence en juillet 2018. "La CGEM est une institution qui vit au rythme de l'équipe dirigeante. Quand un nouveau président arrive, il arrive avec de nouveaux visages désignés, qui ne sont pas forcément acceptés par tous les anciens", estime Abdelkader Boukhriss, président de la Commission Climat des Affaires. Il faut dire que les malheurs de Salaheddine Mezouar sont nombreux, mais deux semblent le poursuivre après l'écoulement d'une année sur trois du mandat, bien qu'il n'en est pas pour grand chose. Le premier, est que l'ombre de sa prédécesseure, Miriem Bensalah Chaqroun, plane toujours sur les mémoires des patrons, après une présidence de deux mandats (six ans au total) pleines de belles réalisations, notamment avec l'expansion des investissements du Maroc en Afrique. La deuxième tâche noire qui colle à l'élection de Mezouar est que, pour être porté président, il a dû faire face à un candidat de taille, Hakim Marrakchi, grand industriel, resté favori jusqu'aux derniers jours de campagne. Ce fut donc la première fois depuis quinze ans que le président de la CGEM n’est pas désigné suite à une candidature unique.

Victime de circonstances Peut-être. Mais l'ancien ministre des Finances y est aussi pour quelque chose. "Il a commencé à se faire des ennemis quand il a écarté Neila Tazi de la vice-présidence de la Chambre des Conseillers au nom de la CGEM", nous confie une source proche de Mezouar. Une fois élu, le nouveau patron des patrons avait en effet fait remplacer Neila Tazi, première femme marocaine à présider des séances plénières au perchoir, par Abdelhamid Souiri, par le biais d’Abdelilah Hifdi, président du groupe. Une "éviction" que l'ancienne vice-président de Meriem Bensalah Chaqroun avait ardemment contesté, évoquant une "violation au principe constitutionnel de parité hommes/femmes". "Souiri et Hifdi ont soutenu Mezouar pour la présidence. Neila a soutenu Marrakchi. Alors lorsque l'occasion s'est présentée pour prendre sa revanche, il n'a pas manqué de le faire", commente notre source.

La crise qui assomme le patronat est aussi une crise de "personnes". Lorsqu'il a débarqué, Mezouar s'est empressé de "donner un nouveau" souffle à son organisation avec la désignation de plusieurs nouveaux visages. "Les fédérations et les commissions de la CGEM voient arriver des personnes qui n'ont rien à voir avec le monde des entreprises. Leur frustration est compréhensible", révèle ce proche du président. Parmi ces visages, un certain Omar Alaoui, Chef du cabinet de Mezouar, au CV peu cohérent. Passé de statut de "militant" au Parti Authenticité et Modernité à celui de salarié du Rassemblement National des Indépendants, avant de rejoindre le cabinet du président du patronat, ce "communiquant" incarne parfaitement le “style Mezouar". Etouffant d’arrogance à l’image de son patron qui s’est toujours prévalu de son élection à 80% des voix, ce jeunot « fougueux et mal-aimé » dans les coulisses du patronat marocain, a fait sienne cette manie de vouloir, coûte que coûte, avoir le dernier mot. Il n'hésite pas à s'ériger en "donneur d'ordres et de leçons", lui qui, selon plusieurs de nos sources, "n'a jamais été aux manettes ou dans le top management d'une entreprise".

"Capitaliste d'Etat"

De ministre de l'Industrie, à celui des Finances puis des Affaires étrangères, en passant par la présidence d'un parti politique, Mezouar a un parcours brillant certes, mais que d’aucuns avaient jugé comme "incompatible avec le patronat". Une impression qui dominait déjà lorsqu'il était en campagne et qui n’a fait que se confirmer au fil des mois, faisant ainsi oublier son passage de deux ans à la présidence de l'Association Marocaine des Industries du Textile et de l'Habillement (AMITH). "Ses actes renvoient à un certaine forme de capitalisme qui ne correspond pas à toutes les formes de capitalismes fédérés à la CGEM. C'est un capitaliste d'Etat qui, au fil du temps, a démontré qu'il ne représente pas les capitalismes de l'organisation patronale d'aujourd'hui", remarque Hakim Marrakchi, unique candidat face à Mezouar lors des élections de la présidence de 2018. Pour illustrer son constat, Marrakchi rappelle la lettre de l'Association Marocaine des Exportateurs (ASMEX) au président de la CGEM, par ailleurs transmise au Chef du gouvernement, qui conteste les "réserves que le patronat aurait émises sur l'accord de libre-échange africain (ZLECAF, ndlr)", récemment ratifié par le Maroc. Selon le président directeur-général de Maghreb Industries, la lettre de l'ASMEX, bien que tenue secrète, signifie "que certains membres de la CGEM ne s'y retrouvent plus. Certes, c'est un succès d'avoir des profils divers dans la direction du patronat, mais il n'y a aucun véritable entrepreneur autour de Si Mezouar, ce qui fait que les intérêts des entreprises ne sont pas tous défendus. La CGEM n’est pas un ministère et sa principale vocation est de servir ces intérêts là".

Pour le moment, aucun scénario de sortie de crise n'est envisageable. Pire, de l'aveu même de son président, le patronat "risque de connaître d'autres épisodes de démissions". Ce qui est sûr, en revanche, c'est l'imminent remplacement de Fayçal Mekouar. Les statuts de l'organisation prévoient, en cas de démission du vice-président général, que le président en exercice propose à la prochaine Assemblée Générale une nouvelle personne à ce poste. En attendant, l’intérim devra être assuré par un vice-président désigné par le président après approbation du Conseil d’Administration. On verra, le moment venu, qui sera désigné aux côtés de Mezouar pour diriger la CGEM et on pourra dès lors juger de son aptitude à le faire et pourquoi pas réussir enfin à sortir cette instance du marasme dans lequel elle semble chaque jour s’installer davantage. Mais comme on le voit déjà, le mal est fait. Le patronat semble mal parti pour gagner en influence et, surtout, en image, à l'heure où il est attendu sur de grands dossiers comme les délais de paiement et la régulation du droit de grève, entre autres.

Amine Derkaoui

22/7/2019
Lu 8095 fois
| |
 Vacances d'été
L'étranger en vogue chez les Marocains
Les Marocains se font de plus en plus nombreux à préférer l'étranger comme destination de leurs vacances d'été, suivant les tendances en réponse chacun à des exigences et besoins divers. Ce changement révélateur d'une métamorphose sociétale, dont l'impact économique est évident, soulève nombre de points pour réflexion et débat.

Avec l'émergence d'une classe moyenne qui n'hésite pas à se projeter vers de nouveaux horizons, la liste s'allonge chaque année de nouveaux postulants qui ont mordu à l'hameçon, dans un moment où ceux qui en ont pris goût bien avant, leur fidélité leur a valu des facilitations-récompenses, à l'instar de visas longue-durée, question de les fidéliser encore davantage.
Car pour les plus rompus, et leur cercle ne cesse non plus de s'élargir, le voyage hors du territoire, auquel ils consacrent un budget conséquent, est effectué au moins deux fois par année, pour les vacances d'été et celles du Nouvel an.
Et à n'en juger que par le nombre de visas délivrés en 2018 aux Marocains par les services consulaires français à eux seuls, ils seraient environ 400.000 à avoir obtenu l'accès à l'espace Schengen.
Ce chiffre fait du Royaume le deuxième pays pour la délivrance de visas français, après la Chine, un constat dressé et claironné par les autorités françaises à haut niveau. "Jamais dans l'histoire la France n’a délivré autant de visas aux Marocains qu'en 2018", assure le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, lors d'une récente visite à Rabat.
Cela sans compter les visas délivrés par les autres ambassades européennes et celles d'autres pays, ou encore les dossiers rejetés qui se comptent également par milliers.
Et sans besoin d'être bon spécialiste, rien que pour les frais engagés, non-remboursables pour ceux dont les demandes de visas n'ont pas été satisfaites, le calcul, additionné aux dépenses propres aux voyages, mène facilement vers des milliards de dirhams qui transitent chaque année vers l'étranger.
En effet, ces voyages ont coûté près de 19 milliards de dirhams (MMDH) en devises au titre de 2018, en progression de 9% par rapport à 2017, année qui avait déjà enregistré une hausse de 21%, selon les chiffres de l'Office des changes.
En 2018, les dépenses de voyages des Marocains à l’étranger ont augmenté de 1,55 MMDH pour s’établir à 18,9 MMDH, soit une hausse plus forte que celle des recettes touristiques en devises engrangées par le Maroc (+1 MMDH), d'après les mêmes chiffres.
Et la facture ne va que s'alourdir à coup sûr avec l'augmentation de la dotation touristique décidée en 2019 et qui passe à jusqu'à 100.000 DH par personne par an.
Ces 19 milliards de dépenses constituent une importante sortie de devises, dont l'évolution constante risque d'aggraver le déficit qui pénalise la balance commerciale du Maroc.
Cette tendance, de plus en plus en vogue chez les jeunes, couples ou familles, a donc au moins un côté sombre, économique en l'occurrence, mais les Marocains ont adopté ce "style de vie", un choix irréversible d'autant plus motivé par une offre étrangère envoûtante.
"Ça fait pratiquement quatre ans que je passe mes vacances en famille hors du Maroc. Un ami avant moi m'a parlé de son aventure et, à l'entendre, je n'ai pas vraiment trop hésité à me convaincre. Au début c'était un peu dissuadant, surtout en termes des formalités pour l'obtention du visa et la paperasse y afférente, mais une fois arrivé à destination, on sent toute suite que ça vaut le détour !", résume Amine El Yazidi, un entrepreneur de 38 ans, père de deux enfants de 15 et 10 ans.
"Même les enfants ont été piqués et ce sont eux qui désormais effectuent toutes les démarches, de la prise de rendez-vous pour visa à la réservation du bateau et aux propositions d'hébergement, tellement l'offre est abondante, le tout en un clic", illustre-t-il, vraisemblablement soulagé alors que s'approche le départ.
Et comme des milliers d'estivaliers marocains, la famille El Yazidi a jeté son dévolu sur l'Espagne pour la deuxième année consécutive, mais cette fois-ci au nord de la péninsule ibérique, toujours en voiture.
"Si tout se passe comme envisagé, le congé à l'étranger c'est vraiment la vie où tout a un goût!”, philosophe Nabil Ghazi, un ingénieur informaticien qui, lui, en couple, opte pour l'avion.
Offres attractives pour les vols low-cost qui nous reviennent très moins chers, d'autres offres aussi diversifiées qu'alléchantes proposées pour tous les goûts en termes d'accueil et de divertissement, un cadre où le rapport qualité-prix prend tout son sens, "c'est irrésistible", argue-t-il.
Effectivement, si pour des destinations lointaines (Brésil, Turquie, Amérique du nord....), l'aérien demeure l'unique voie possible, d'autres, ceux en particulier en partance pour l'Europe, font la traversée en bateau avec leurs propres véhicules, l'idée logique et compréhensible étant de profiter à plein régime des leurs vacances à travers une mobilité libre envisagée à travers tout l'espace Schengen, en pleine saison estivale.
Les adeptes du shopping ne sont pas non plus désenchantés: ils profitent des périodes de soldes pour s’approvisionner en gros, pour des produits de qualité à des prix abordables.
C'est dire que l'offre est vraiment irrésistible ! En quête de voyages qui les transforment et transforment leur manière de voir, que ce soit pour le culturel ou le balnéaire, pour le dépaysement ou pour la découverte, tout le monde y trouve son compte.
"Notre cher pays est pourtant beau et ce ne sont pas les atouts touristiques qui manquent, mais le voyage en interne (...) nous est plus coûteux qu'à l'étranger, pour un service, à vrai dire, souvent en deçà des attentes", déplore Mohamed Belmoudden, un super dénicheur des offres "last-minute", lui qui parfois prend l'avion ou tente la traversée de la Méditerranée même en week-end.
Interrogés à ce sujet, nombreux sont les adeptes du voyage à l'étranger qui pointent du doigt d'emblée le rapport qualité-prix, décisif dans leurs choix, tout en réitérant qu'en termes de développement, la façade méditerranéenne du Royaume, à titre d'exemple, n'a rien à envier à la rive Nord.
Cependant, le voyage à l'étranger pour les vacances, s'il est annonciateur d'un manque à gagner pour le Maroc sur le plan économique, contribue à n'en point douter à forger la personnalité du citoyen marocain, favorisant, à un prix certainement, l'émergence d'une génération plus réceptive et plus ouverte sur d'autres civilisations, d'autres cultures et d'autres langues, à l'ère où les nouvelles technologies rendent le globe de plus en plus exigu.
Une offre agressive dédiée, capable de persuader cette frange, épine-dorsale de la société et qui se fait entendre, contribuera indubitablement à stopper cette "fuite" effrénée et à asseoir les bases d'un tourisme interne fort, à la hauteur du statut de ce secteur, pilier de l'économie national et l'un des moteurs les plus puissants de la croissance et du développement.
"La numérisation, les nouveaux modèles d’activité économique, le coût plus abordable des voyages et les changements sociétaux devraient continuer à modeler notre secteur. Les destinations, tout comme les entreprises, doivent s’adapter pour rester compétitives", avertit le Secrétaire général de l'Organisation mondiale du tourisme, Zurab Pololikashvili.

22/7/2019
Lu 248 fois
| |
 Conférence débat du HCP
Les vérités d'Ahmed Lahlimi

N. BATIJE

Le Haut Commissariat au Plan vient d’organiser sa traditionnelle conférence-débat pour présenter son Budget Economique Exploratoire 2020 et présenter une révision de la prévision initiale de la croissance économique nationale de l’année 2019 retenue au mois de janvier.
Une occasion aussi pour M. Ahmed Lahlimi, Haut commissaire au plan, de mettre tout son savoir faire au service d’un faire savoir qui, cette fois, s’est amplement focalisé sur l’économie du savoir et les opportunités qu’offrirait la maitrise des NTI et du digital en termes de positionnement sur le nouvel échiquier de plus en plus mouvant de l’économie internationale.
Une économie qui, de l’avis de M Lahlimi, « est en passe de rompre tant  avec  les instruments classiques d’élaboration de politique économique ou de création de richesses et de valeur ajoutée qu’avec les bienfaits du multilatéralisme  et/ ou les vertus de la mondialisation ».

Clairvoyance prospective
Pour cet économiste géographe de formation ,nommé, avec rang de ministre, par Sa Majesté le Roi et, de par ses attributions de principal producteur de l’information statistique économique, démographique et sociale et chargé de l’établissement des comptes de la nation, les changements de paradigme nourris  à coups de protectionnisme, de mesures restrictives et de guerres commerciales sino-américaine en vue de s’approprier le monopole de l’économie numérique et de plateformes « virtuelles », appellent une certaine clairvoyance prospective. Celle-ci gagnerait à prendre en considération les exigences de l’économie de demain, déjà en jeu aujourd’hui. D’autant plus que ces plateformes, se développant sans intermédiation aucune, de par les capitaux qu’elles mettent en jeu, bouleversent la dichotomie, sphère réelle-sphère financière, qui veut que, généralement, les flux migrent naturellement vers  les investissements traditionnellement producteurs.
Du coup, ajoute le Haut Commissaire au Plan, « les modèles émanant de l’orthodoxie économique, tant dictés par la mondialisation, ne sont plus de mise. C’est le cas de l’économie US qui contredit la théorie des cycles économiques. C’est le cas, aussi, de l’économie européenne qui, dans une conjoncture déflationniste, finance les banques par le biais de taux négatifs ».
Dans certains cas, les banques peuvent même emprunter gratuitement, voire à taux négatif, auprès de la Banque centrale européenne à condition qu’elles développent, en contrepartie, leurs prêts à l’économie.
Pour M.Lahlimi cet état de fait n’est, quelque part, que « la limite d’accumulation de profils qui cède la place à d’autres modèles qui se développent à l’image de la crypto monnaie qui, indépendamment de toute intermédiation ,crée ses propres moyens de financement à même de remplir les  traditionnelles fonctions de la monnaie classique, à savoir une unité de compte, une réserve de valeur et un intermédiaire des échanges ».

Le taux de croissance se situerait à 2,7% en 2019
Pour le Haut Commissaire au Plan et eu égard à ce genre de considérations, il est grand temps que le Maroc mise intelligemment sur ses ressources humaines et s’investisse davantage dans la formation d’un tout autre genre de profils, dont des développeurs, des programmateurs…et ce, dans la perspective de s’approprier et, l’outil, et le savoir nécessaire en la matière. Pour ce faire, M Lahlimi livre le fond de sa pensée et va droit au but : « Le modèle économique ne se décrète pas mais se change par de judicieuses  politiques économiques secondées, nécessairement, par un pacte nationale concerté et à réviser au fur et à mesure, si besoin est ». 
En attendant les perspectives d’évolution de l’économie nationale, telles que présentées par le Haut Commissaire lors de cette conférence débat, ne poussent  guère à l’optimisme et confirment, une fois de plus, la tendance baissière du rythme de la croissance.
Laquelle croissance demeure toujours impactée par la dépendance de la valeur ajoutée agricole aux aléas climatiques, d’autant plus que la dynamique des activités non agricoles peine toujours à hisser la croissance économique nationale à des niveaux adéquats en termes de création de richesse et d’opportunités de travail.

A ce titre, deux ratios sont à retenir : la croissance économique nationale serait de 2,7%, en 2019, et, sous certaines conditions, pourrait être portée à 3,4% en 2020. Et dans les deux cas de figure, l’économie nationale, de par ses déficits structurellement bien installés, continue et continuera de pâtir de moult maux, dont une croissance tirée principalement par la demande intérieure, alors que la demande extérieure présenterait une contribution  négative pour la deuxième année consécutive. Bien plus, le recours à la privatisation pour réduire le déficit budgétaire, compromis par la hausse des dépenses de fonctionnement, suite à la nouvelle augmentation des salaires approuvée dans le cadre du dialogue social, ne peuvent qu’alourdir davantage les dépenses publiques.
Lesquelles dépenses feraient qu’en 2019, la situation déficitaire des finances publiques se traduirait par le recours de l'Etat au marché des adjudications et aux emprunts extérieurs. 

Dans ce cadre, précise le HCP, « la dette intérieure du Trésor devrait connaitre une hausse de 4% par rapport à son niveau enregistré en 2018 pour atteindre 51,6% du PIB en 2019. La dette extérieure du Trésor, de son côté, devrait s’accroitre de 7,4% au lieu d'une baisse de 3,4% en 2018. Elle devrait ainsi représenter 21% de l’encours global de la dette du Trésor au lieu de 20,5% en 2018 et 13,7% du PIB au lieu de13, 3%.  Au total, le taux d’endettement global du Trésor devrait augmenter à 65,3% du PIB au lieu de 64,9% en 2018.
Et Compte tenu de la dette extérieure garantie par l'Etat qui devrait se maintenir à 16% par rapport au PIB en 2019, le taux de la dette publique globale s’accroitrait pour atteindre près de 81,3% du PIB en 2019, au lieu 73,4% durant la période  2010-2017 et 60,2% durant 2005-2009 ».
En termes de liquidité l’économie nationale, celle-ci continuerait d’être marquée par un important besoin en liquidité, atteignant près de 70 MMDH entre 2018 et 2019, au lieu de 41 MMDH en 2017, en liaison avec l’insuffisance des moyens de financement extérieur, notamment celle des flux des investissements directs étrangers et des recettes des MRE.

Ce qui ferait que, dans ces conditions, les réserves en devises devraient se limiter à près de 237 milliards de DH pour couvrir 5,6 mois d’importations au lieu de 5,8 mois en 2018. De même, précise-t-on de même source, « le maintien de la stabilité du taux directeur à 2,25% ne devrait pas profiter à la promotion des crédits bancaires, qui resteraient peu dynamique en 2019, avec un taux de croissance de 3,8% au lieu de 3,4%, en 2018, et 10,6%, en moyenne, durant la période 2007-2017. Cependant, les créances nettes sur l’administration centrale, avec une hausse de 10,7% par rapport à 2018, devraient continuer de soutenir la création monétaire en 2019».
Une croissance modérée
Dans ce contexte, et en prenant en compte les perspectives de croissance économique, en 2019, et le niveau général des prix, la masse monétaire continuerait d’enregistrer un taux d’accroissement modéré, de l’ordre de 4,3%, en 2019, au lieu de 4,1%, en 2018.
A ce niveau et outre les problématiques soulevées par l’effet d’éviction qui interpelle une sorte d’arbitrage entre le recours au financement extérieur et celui intérieur, le constat du HCP est on ne peut plus clair : « Le FMI n’est nullement une cour internationale de justice. C’est un organisme financier qui a pour mission d’assurer la stabilité financière du monde et sa vocation, de l’avis même de cette institution,  n’est pas de dicter aux Etats ce qu’ils doivent faire.  D’ailleurs, c’est la wali de Bank Al Maghrib qui avait déclaré que sa démarche afférente à la flexibilité du taux de change n’était pas dictée par le FMI », précise M. Lahlimi, en ajoutant qu’il n’appartient ni au HCP, ni au Wali de  Bank Al Maghrib, ni à la Banque mondiale de dicter quoi que ce soit et que c’est au gouvernement de se charger de concevoir et d’appliquer sa politique sur la base des grandes orientations royales.
Or, dans cette histoire de réaménagement du régime de change, «il est malheureux de constater que le wali de Bank Almaghrib s’est substitué au gouvernement et aux finances pour aller au Parlement et défendre ce projet, alors que sa mission principale consiste, à la limite, à donner son avis et à veiller à l’application de sa mise en œuvre», conclut M. Lahlimi, pour qui et au vue d’une certaine cohérence institutionnelle, chacun se doit de faire son travail et d’assumer ses propres responsabilités.
N. BATIJE

16/7/2019
Lu 11709 fois
| |
 "Summer Schools"
Effet de mode ou un business florissant
La saison estivale est bel et bien installée avec son lot de tendances et "Fashion". Pour tout un chacun, l'été est synonyme de repos surtout pour les élèves après une année studieuse et de dur labeur.

Vacances oblige ! L'heure est venue pour se requinquer et recharger les batteries en attendant la nouvelle année scolaire. Entre-temps, les parents, actifs ou non, cherchent à occuper leurs enfants durant les longues journées ensoleillés. Ces dernières années, un effet de mode souffle en cette période estivale, celle des "Summer Schools" ou camps d'été.
Ces écoles ou espaces ouverts durant les mois de juin, juillet et août, proposent des activités ludiques aux enfants afin de les occuper tout en les divertissant. Puisque "oisiveté est mère de tous les vices", les parents se retrouvent des fois face à une nécessité de "placer" leurs bouts de chou en attendant le congé.
Ces écoles d'été concoctent des programmes, aussi riches que variés, étalés sur une, 2, 3 ou 4 semaines voire même deux mois. Un large choix est proposé : apprentissage d'une nouvelle langue, arts plastiques, natation, chants, danses, ateliers de dessins ou encore robotique, astronomie, sciences. Ces activités sont proposées aux enfants de 3 à 12 ans et il y a même des programmes pour les bébés!
Reste le prix et les horaires. Depuis quelques années, ce "business" est devenu lucratif donnant lieu à une inflation des prix. Pour beaucoup de bourses, ce genre d'écoles demeure hors de portée puisque le prix varie entre 400 à 1.800 DH par semaine. Une autre paire de manche, celle des horaires. Les horaires proposés souvent n'arrangent pas souvent les parents.
C'est le cas de Siham, maman de deux fillettes (8 et 10 ans) qui préfère laisser seule ses enfants dans la maison plutôt que de les réveiller tôt pour les accompagner dans une "école d'été". "Je ne conçois pas que les enfants passent 11 mois à avoir la même routine tous les jours”, a-t-elle confié, ajoutant que "les vacances ont été créées pour se reposer et changer de routine".
A vrai dire, souligne-t-elle, "je préfère laisser mes enfants à la maison plutôt que de les confier à ces écoles".
Ce n'est pas le cas pour d'autres enfants qui sont obligés de passer une partie ou la totalité de leurs vacances dans des "summer schools" puisque les parents ne peuvent pas prétendre à un congé pendant la période estivale.
C'est l'exemple de Laila qui préfère que son fils passe par la case "Summer School" que de rester entre quatre murs. Selon elle, l'enfant apprend énormément lors de ces journées bien remplies. Elle décline le programme qu'a suivi son fils, l'année dernière: sport, cours d'anglais, ateliers de peinture ou encore de théâtre. "Chaque jour, il apprend de nouvelles choses dans une ambiance décontractée”, a-t-elle tenu à préciser, relevant qu'elle renouvellera l'expérience cette année avec un autre établissement.
A travers ces "camps d'été", cette jeune maman active souhaite que son enfant soit plus autonome et s'imprègne de l'esprit du groupe. "Les prix sont élevés et les horaires ne me conviennent pas, mais il faut faire des sacrifices", a-t-elle toutefois déploré.
"Quand mon fils reste à la maison, il ne fait que regarder la télévision ou jouer avec sa tablette”, a-t-elle constaté, relevant qu'elle n'a pas énormément le choix puisque personne ne peut garder ses enfants à part l'école.
Même son de cloche chez Houria qui a déjà inscrit son enfant dans une école d'été. C'est pour la 3ème année qu'elle renouvelle l'expérience avec le même établissement qui propose de multiples activités mais surtout des gardes. Elle a choisi cet établissement pour sa proximité et espère que son fils sera "satisfait".
Pour Hanane, maman de deux garçons (8 et 3 ans), la question ne se pose même pas. Son aîné est parti chez sa grand-mère et le cadet sera installé dans une école d'été.
"Je ne trouve aucune autre solution pour mes enfants lors des vacances d'été", a-t-elle noté, ajoutant que sa mère, une personne âgée, ne peut pas garder deux enfants surtout en bas âge.
Pour Nadia, qui tente pour la première fois l'expérience, elle est très optimiste quant aux avantages de cette solution.
"J'ai inscris mon fils dans un camps d'été pour l'occuper au cours des vacances surtout pendant la période où je ne serai pas en congé”, a-t-elle dit, formulant le souhait que les activités proposées dans cette école estivale permettront à ce garçon de s'épanouir, de s'amuser et de développer ses capacités d'intégration “vu que cela sera une nouvelle expérience pour lui dans un nouvel endroit et avec de nouvelles personnes". Selon elle, le prix et les horaires proposés par cette école sont "convenables".
La responsable d'une école d'été a confié que chaque année, "il y a de plus en plus de programmes de divertissement qui sont proposés au profit des enfants".
"Ce ne sont pas des cours accélérés, des cours de soutien ou de rattrapage", a-t-elle assuré, ajoutant qu'"il faut que le Summer School soit un amusement, une relaxation totale pour l'enfant et non une garderie".
"Un centre aéré ou camp d'été permet de s'amuser, de faire du sport et de faire autre chose que l'enfant n'a pas fait pendant l'année, a-t-elle précisé, encourageant les parents à opter pour ce nouveau concept de vacances pour enfants.
Qu'ils restent à la maison ou qu'ils passent les vacances dans une école d'été, l'essentiel pour les enfants est de grandir tout en s'épanouissant !

9/7/2019
Lu 1042 fois
| |
 
 
 
   Autre
   
  La une en PDF
 
  Editorial
 
Faits divers
Les faits divers ou rubrique des chiens écrasés est un genre journalistique à part. Il fut un temps
Majd El Atouabi
 
  Dossier
 
Dashcam, le nouveau compagnon de route des automobilistes

Lionel ATOKRé 

La conquête de l’espace vue du Maroc des années 1960 

Hajar LEBABI
 
   
  Chronique
 
L’«émanation» du peuple, contre le peuple 
Jamal HAJJAM
 
  T�l�gramme
 
 
   
   Articles les plus lus
 

© Copyright 2009 L'opinion
Avenue Hassan II Lotissement Vita - Rabat Tél : 05 37 29 30 02/03/04/06 Fax : 05 37 29 39 97 E-mail : lopinion@lopinion.ma
Réalisé par Widesoft Systems