Directeur : Jamal HAJJAM           Redacteur en Chef : Ahmed NAJI
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        Economie
 
La SMIT et la  promotion de l’investissement touristique : un bilan médiocre: Ingénierie, consulting et mise en valeur touristique

Les objections de la Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT) élevées systématiquement à l’encontre des remarques et constats de la Cour des comptes qui parsèment le rapport de cette institution sur cette entreprise n’auront pas suffi à réfuter ceux-ci et à justifier les égarements, les défaillances et les insuffisances dans les gestion de la SMIT et qui remettent en cause l’existence mêe de la société qui pénalise les finances de l’Etat et dilapide son patrimoine.

Le contrôle de la Cour des comptes aporté essentiellement les missions légales de la SMIT et les aspects de gestion courante de cette société, appelés aussi activités de support. Un focus particulier a été mis sur le Plan Azur, chantier structurant des deux Visions touristiques de 2010 et 2020, vu d’une part son poids déterminant dans le chantier « produit » de ces dernières et vu d’autre part, que les missions de la SMIT concourent toutes à la réalisation du « produit touristique ».
Outre les larges prérogatives dont se trouve investie la SMIT et concourant à la réalisation du produit touristique, celle-ci est chargée en vertu de son texte de création du suivi des contrats et conventions conclus avec des investisseurs touristiques. De par ses prérogatives en matière de suivi, la SMIT doit centraliser toutes les informations afférentes aux projets touristiques, surtout ceux matérialisés par des conventions ou contrats.
Si la responsabilité du chantier Azur est partagée par plusieurs parties, tant publiques que privées, la SMIT se trouve engagée de par ses missions légales, mais aussi de par les dispositions la concernant expressément au niveau du contrat programme de la Vision 2020.
La Société Marocaine d’Ingénierie Touristique (SMIT) est une société anonyme à directoire et conseil de surveillance, créée par la loi n° 10-07, promulguée par le dahir n° 107-169 du 30 novembre 2007, portant restructuration et changement de dénomination de la Société Nationale d’Aménagement de la Baie d’Agadir (SONABA) placée sous la tutelle technique du ministère du tourisme.
Selon la même loi, la SMIT est née de l’absorption, par la SONABA, de la Société Nationale de la Baie de Tanger (SNABT) et la Direction des aménagements et des Investissements (DAI) relevant du ministère du tourisme. La SMIT continue ainsi de bénéficier des privilèges des sociétés qui étaient à l’origine de sa création, notamment le privilège d’expropriation, et se subroge à leurs obligations et missions.
La SMIT dispose d’un effectif global de 120 agents. Elle apour objet principal de réaliser ou faire réaliser, pour le compte de l’Etat ou des personnes morales de droit public, sur l’ensemble du territoire national, les missions suivantes :
- La réalisation des études. Il s’agit des études de toute nature nécessaires à la définition et à la mise en oeuvre de la stratégie de développement du tourisme arrêté par les pouvoirs publics.
- La promotion des investissements touristiques : promotion du développement touristique auprès des investisseurs et la recherche et la mobilisation des ressources de financement en faveur de développement touristique ;
-Le consulting : consultation de toute nature donnée aux pouvoirs publics dans les domaines de sa compétence.

25/1/2017
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Prospection d’investisseurs peu concluante : absence de grands gestionnaires dans l’hôtellerie

La SMIT compte aussi parmi ses missions la promotion du développement touristique auprès des investisseurs ainsi que la recherche et la mobilisation des ressources de financement en faveur du développement touristique. Cette mission se recoupe avec celle exercée directement par d’autres organismes de promotion, notamment l’AMDI.

La société ne procède pas par la suite à l’exploitation de ces veilles pour suggérer ou concevoir de nouveaux produits touristiques à construire ou à valoriser dans le contexte marocain.
La promotion des investissements touristiques est menée par la SMIT surtout via sa présence aux salons internationaux spécialisés. En effet, l’étude BCG 2010 avait présenté à la SMIT une liste des principaux salons relatifs à l’investissement touristique dans le monde contenant 28 forums et salons.
Cependant, il est à signaler le retard pris par la SMIT pour commencer ses actions de promotion. En effet, à la lecture des rapports présentés au conseil de surveillance, le démarchage n’a commencé effectivement qu’en 2012 ; alors que la loi et les statuts conférant à la SMIT les missions de promotion et de mobilisation des financements pour le développement touristique sont entrés en vigueur depuis 2008.
La SMIT souligne qu’elle organise également des Road Shows vers de grandes cités émettrices d’investissements telles que Londres, Vienne, Abu Dhabi et New York…, en vue d’organiser des rencontres avec les investisseurs potentiels cibles et leur présenter les différentes opportunités d’investissement dans le secteur touristique au Maroc. A ce titre, la SMIT soutient qu’elle a approché de 2012 jusqu’aux premiers mois de 2015 un total de 158 prospects répartis comme suit :
Le tableau de bord du suivi des actions de démarchage 2012-2014 fait apparaitre que les nouveaux contacts ont été menés essentiellement sur la zone MENA, soit près de 60% de l’ensemble des actions ; et ce pour un résultat très modeste, soit seulement 03 conventions signées.
En effet, la plupart des contacts sont concentrés sur les pays du golfe et ils débouchent rarement sur la signature d’une convention ou même d’un mémorandum d’entente (MOU : Memorandum Of Understanding).
En termes de résultats, les conventions signées proviennent des rencontres type B to B pour 03 conventions, des road show pour 02, des appels à manifestation d’intérêt pour 02 et des mailings pour une seule convention signée.
Par contre, le bilan des participations aux forums, est néant en termes de conventionnement.
Les prospects démarchés par la SMIT sur la zone MENA ne sont pas toujours des spécialistes du tourisme, mais sont en général des fonds d’investissements, ayant déjà des participations dans des projets immobiliers et touristiques ou cherchant à se diversifier vers le tourisme. Lesdits prospects sont principalement issus de l’Arabie saoudite, des Emirats Arabes Unies, de Turquie et de Chine.
A cet égard, il est à remarquer l’absence, parmi les prospects approchés sur la zone MENA, de grands gestionnaires dans l’hôtellerie ou encore dans l’animation touristique.
Concernant la zone Amérique-USA, il a été relevé que 13 des 24 prospects démarchés étaient des banques, fonds ou assurances. Le désengagement de l’Américain Colony Capital, de la station Taghazout, laissant en souffrance des arriérés bancaires conséquents, est un exemple de l’inadéquation des profils des prospects démarchés.
En effet, les prospects opérant vraiment dans la gestion hôtelière ou dans l’animation touristique, parmi ceux démarchés, sont principalement issus de l’Europe et ils sont souvent approchés à l’occasion de l’IHIF (International Hotel Investment Forum) tenu à Berlin ; mais il faut souligner que leur démarchage est peu concluant.
Pour ce qui est des prospects nationaux, la liste des prospects démarchés contient beaucoup d’hôteliers, mais aussi deux investisseurs et un industriel cherchant à se diversifier vers l’hôtellerie et le tourisme. Ceci a abouti à la signature de quatre conventions avec des hôteliers et des promoteurs immobiliers, et qui portent notamment sur des lots hôteliers et deux villages de vacances.
Dans l’ensemble, les actions de démarchage 2012-2014 ne débouchent que rarement sur des MOU ou sur la signature de conventions. En effet, moins de 10 conventions ont été signées sur toute la période précitée.

25/1/2017
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La SMIT ne maîtrise pas les données relatives aux investissements et gonfle les chiffres

Concernant la recherche et la mobilisation des ressources de financement en faveur du développement touristique, la SMIT affirme qu’elle a contribué à la mise en place des instruments de financement FMDT, pour l’amorçage de projets touristiques, et WESSAL capital, pour canaliser des capitaux institutionnels étrangers vers des projets touristiques d’envergure.
Toutefois, la mise en place des deux fonds ne peut être attribuée à la SMIT et à ses efforts en cette matière. En effet, pour le FMDT, sa création a été prévue par le contrat programme national de la Vision 2020 et a été institué en 2011 sous forme de société anonyme, avec un capital social initial de 1,5 milliard de dirhams souscrit par l’Etat à hauteur des 2/3 et par le Fonds Hassan II à hauteur du 1/3.
Par ailleurs, l’institution de ces deux fonds n’était pas suffisante pour intéresser et convaincre les investisseurs privés de la viabilité et la rentabilité des projets touristiques structurants. En effet, le recours à la CDG s’est avéré incontournable pour constituer, à titre d’exemple, le tour de table des actionnaires des deux sociétés d’aménagement des stations Saidia et Taghazout.
Il en découle que les investisseurs privés montrent encore des réticences à s’engager dans des projets touristiques d’envergure autres que des unités hôtelières dans des villes où les taux de fréquentation se maintiennent à des rythmes soutenus.
Par conséquent, l’intéressement des investisseurs nationaux et internationaux aux projets touristiques souffre encore de déficits tangibles vu que le modèle économique de ce genre de projets n’est pas bien affiné et défendu auprès de ces investisseurs.
On rejoint par là le constat déjà relevé au niveau de l’analyse des études d’ingénierie réalisées par la SMIT et qui consistait en le manque du volet analyse de faisabilité dans les études de concepts ; ce qui ne permet pas de stimuler les investisseurs pour s’engager dans la réalisation de tels produits.

Evolution des investissements touristiques

Tel qu’il ressort de la répartition des objectifs d’investissement de la Vision 2020 par programme et par territoire, l’objectif en matière d’investissement global est d’environ 150 Milliards DH.
En ce qui concerne l’investissement touristique en tant que résultat principal de l’effort de promotion, la SMIT soutient qu’il s’est accru à un rythme notable durant la période 2010-2014 avec des investissements conventionnés engagés de l’ordre de 57 Milliards DH sur toute la période précitée, et ce malgré la conjoncture internationale difficile. La SMIT précise également que ces investissements ont été répartis en 22,02 milliards dirhams en hôtellerie, 7,54 Milliards DH en animation et 0,25 Milliards en RIPT (Résidence Immobilière de Promotion Touristique).
Elle relève même une augmentation significative des investissements en animation pour constituer 25% de l’investissement global sur la période 2010-2014. Elle souligne également une prédominance des investissements nationaux et ceux provenant de la région MENA avec respectivement 42% et 22% de l’investissement touristique total engagé sur la période précitée4.
Toutefois, la SMIT n’a pas été en mesure de produire une situation récente des investissements touristiques annuels répartis par région, et ventilés par catégorie de projets et pays d’origine de l’investisseur même après plusieurs relances. Ceci renseigne sur le manque de finesse des données qu’elle est censée maîtriser en tant qu’acteur dans la promotion des investissements touristiques.
Le recours à l’AMDI a en revanche permis de recueillir des statistiques officielles relatives aux investissements touristiques ayant fait l’objet d’une convention et validés par la commission des investissements présidée par le chef de gouvernement.
Lesdits investissements ont totalisé un montant de 51,21 Milliards DH5 sur toute la période 2009-2014.

25/1/2017
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La SMIT et la  promotion de l’investissement touristique : un bilan médiocre/ « Vision 2020 » : absence d’indicateurs de performance

Partant du constat que le tourisme au Maroc est largement concentré sur deux destinations, Marrakech et Agadir, qui totalisent près de 70% des nuitées internationales et que cette concentration géographique ne permet pas de mettre en avant toutes les potentialités du territoire marocain, le contrat programme de la Vision 2020 a prévu la création de huit territoires présentant la cohérence touristique, l’attractivité et la masse critique nécessaires, en termes de capacités d’hébergement, d’actifs touristiques et de desserte aérienne.

Au niveau de l’axe développement du produit, la Vision 2020 a prévu 6 programmes structurants définis autour du culturel, balnéaire et de la nature, avec le développement durable comme toile de fond et complété par des programmes centrés sur certaines niches à forte valeur ajoutée et certains segments spécifiques pour l’attractivité des destinations. Il s’agit des programmes suivants :
- Programme Azur 2020 pour construire une véritable offre balnéaire Maroc compétitive au niveau international.
- Programme Eco/Développement Durable pour valoriser les ressources naturelles et rurales tout en les préservant, et veiller au respect de l’authenticité socioculturelle des communautés d’accueil en leur offrant des avantages socioéconomiques.
- Programme Patrimoine et Héritage pour valoriser l’identité culturelle du Maroc à travers la structuration et la valorisation du patrimoine matériel et immatériel du Royaume et la construction des produits touristiques cohérents et attractifs.
- Programme Animation, Sport & Loisirs pour créer une offre d’animation riche, variée et complémentaire aux infrastructures touristiques de base afin de consolider l’offre touristique marocaine et la rendre plus attractive et plus compétitive.
- Programme Niches à forte valeur ajoutée (Affaires et Bien-être) pour (i) Faire du Maroc une nouvelle destination internationale du Tourisme d’Affaires en créant des infrastructures permettant d’accueillir de grands événements internationaux et en organisant des synergies avec les segments sports et bien-être, animation et culture (ii) Faire du Maroc une nouvelle destination internationale du bien-être et de la santé.
- Programme Tourisme Interne pour répondre aux attentes des marocains en leur offrant un produit adapté tenant compte de leurs habitudes et de leur manière de voyager.
Pour le balnéaire, deux territoires sont prévus pour valoriser les littoraux atlantique et méditerranéen de l’offre balnéaire Maroc, consolidée à travers l’achèvement des projets Azur et le développement de nouveaux produits dans le sud. Il s’agit des territoires suivants :
- Souss-Sahara Atlantique : rassemble les sites d’Agadir, y compris son arrière-pays (Tafraoute, Imouzer Ida Outanane…), de Laâyoune et de Guelmim autour de l’alliance du désert, de l’Atlantique et du climat ensoleillé ;
- Maroc Méditerranée : avec les trois sites de Saïdia, Marchica et Cala Iris valorise la dimension méditerranéenne du Maroc, combinant les loisirs et le développement durable.
Le balnéaire, en plus des deux premiers territoires sus indiqués, est présent aussi au niveau du territoire Cap Nord (Tanger, Tétouan, Chefchaouen, Asilah et Larache) qui est un territoire culturel.
Le contrat programme de la Vision 2020 a prévu aussi quatre territoires pour le culturel (Marrakech Atlantique, Maroc Centre, Cap Nord et Centre Atlantique) et deux territoires comme des vitrines du Maroc en matière de développement durable (Grand Sud Atlantique et Atlas et Valées).
A l’instar de la Vision 2010, la nouvelle Vision 2020 accorde une grande importance au balnéaire pour la réalisation de ses ambitions. C’est ainsi qu’en termes de capacité litière le balnéaire contribuera à hauteur de 102.912 lits, soit environ 51%, à la capacité additionnelle totale projetée qui est de 200.000 lits. En termes d’investissements, la nouvelle vision prévoit la réalisation de 88,24 Milliards de DH au niveau du balnéaire d’un total investissement de 150 Milliards DH, soit environ 59%.
Toutefois, à mi-chemin de la Vision 2020, la Cour a constaté une absence d’indicateurs de performance construits autour du territoire touristique, qui renseignent sur une réelle émergence de ce concept et sa prise en considération par les parties prenantes dans leurs stratégies et leurs actions.

25/1/2017
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Station de Taghazout / Défaillances et trébuchement

Selon la SMIT, les projets planifiés avant le démarrage de la Vision 2020 et estimés à 25,9 Milliards DH, n’ont été réalisés qu’à hauteur 4,6 Milliards DH à fin juin 2015, soit 18%. En termes de capacité litière, les projets planifiés projetaient la création d’environ 32.423 lits. Or, à fin juin 2015 seuls 5.609 lits ont été réalisés, soit 17% de ce qui a été prévu.
La première séquence de la trajectoire définie pour réaliser les objectifs de la Vision 2020, est une phase cruciale de construction du produit touristique. Or, l’analyse des capacités litières à réaliser dans le cadre des six stations Azur, qui sont des projets structurants pour toute la vision, montre que 85% de celles-ci ne se concrétisera qu’après 2015. Dans certains cas, les capacités sont programmées pour l’après 2020.

Bilan des réalisations
du programme Azur jusqu’à
fin juin 2015

A l’occasion de la onzième édition des Assises du tourisme organisée le 29 septembre 2014, le ministre du tourisme a mis l’accent sur les difficultés qu’a connus le Plan azur. Il a déclaré ensuite l’engagement du gouvernement à faire émerger trois stations avec une taille critique convenable à Saïdia, Lixus et Taghazout dans les trois années avenir.
Ceci confirme une prise de conscience du gouvernement que l’objectif des six stations était trop ambitieux, ce qui justifie la nécessité de concentrer les efforts d’investissement, tant privés que publics, dans un nombre limité de stations.

La Nouvelle Station
Touristique de Taghazout

Pour rappel, le projet de la Station Taghazout a connu une succession d’événements qui ont empêché son lancement. En effet, après la résiliation de la convention de mise en valeur avec l’aménageur développeur, la société « Palais des Roses international ». signée en 2002, des négociations ont été engagées avec l’aménageur développeur américain Colony Capital qui ont abouti à la signature d’une nouvelle convention de mise en valeur en 2006. Cependant, pour des raisons financières, ce dernier n’a pas pu honorer ses engagements et ladite convention a été résiliée en 2009.
Suite à ces résiliations, il a été décidé de relancer la station touristique de Taghazout, en faisant appel essentiellement aux moyens nationaux publics et privés. Ainsi, un protocole d’accord a été signé en date du 14 septembre 2010 entre le gouvernement et le consortium constitué de la CDG, Alliances développement, Sud Partners, la SMIT et le FMDT.
Aussi, afin de mettre en oeuvre ce partenariat, la Société d’Aménagement et de Promotion de la station de Taghazout (SAPST) a-t-elle été créée le 25 juillet 2011 en vue de procéder à l’aménagement, la valorisation et la promotion de la station en question. Elle regroupe CDG développement (35%), Alliances Développement Immobilier (20%), Sud Partners Développement (15%), la SMIT et le FMDT (30%).
Toutefois, jusqu’à fin juin 2015 la convention de mise en valeur n’a pas été signée. Selon les informations fournies par la SMIT, les causes sont multiples, mais il s’agit principalement du non-respect, par les projets proposés, du schéma directeur d’aménagement urbanistique du littoral et des surfaces dédiées à l’hôtellerie.
Selon les informations fournies par la SMIT, jusqu’à fin juin 2015 la station a connu la réalisation d’un hôtel de 360 lits, en plus d’une résidence hôtelière en cours d’une capacité de 360 lits, soit un total de 720 lits, représentant environ 10% par rapport à la capacité prévue. Pour la composante animation, le bilan fait état d’un golf de 18 trous et d’un club house.

25/1/2017
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Station de Saïdia :En dessous du standard de qualité, développement dispersé et incohérent et manque d’animation

En octobre 2004 le Gouvernement marocain a signé une convention de mise en valeur de la Nouvelle Station Touristique de Lixus avec les sociétés THOMAS & PIRON SA (société de droit belge, chef de file), L’ATELIER SA (société de droit belge) et ORCO (Optimaal Rendment Consortium B.V (société de droit néerlandais)).
Conformément aux engagements de ladite convention et pour réaliser les travaux d’aménagement et de valorisation de la NSTL, les aménageurs ont créé en mars 2005, la société d’aménagement de Lixus (Salixus).
En raison de la crise financière mondiale de 2008 et des difficultés rencontrées par les investisseurs à développer et à gérer un projet touristique d’une telle ampleur, le projet a connu un retard dans son développement. Ceci a poussé lesdits investisseurs, après autorisation du gouvernement, à vendre en 2009 leurs parts aux sociétés Alliances Développement Immobilier (ADI) (83,5%) et H Partners (16,5%). En 2010 ADI acquiert la part de H. Parteners et devient ainsi propriétaire de 100% du capital de Salixus.
Pour rattraper le retard enregistré par le projet et enrichir le programme de la station, les nouveaux investisseurs ont fait la demande d’une révision du programme, du phasage, du calendrier de réalisation ainsi que du programme d’investissement direct.
Un avenant à la convention de mise en valeur a été signé le 26 septembre 2012 par le Chef du gouvernement et Salixus. Les principaux changements apportés par l’avenant sont :
- Le changement du chef de file et du noyau stable : c’est ainsi que suivant la nouvelle convention La Société Alliances Développement Immobilier (ADI) SA constitue le chef de file et le noyau stable ;
- La reprogrammation des phases de réalisation de la NSTL : Les phases du projet ont été réduites de 5 phases à 3 phases et ce en vue d’accélérer le rythme de réalisation de la station.
- La réadaptation du plan d’aménagement et du cahier des charges urbanistiques.
Selon les informations fournies par la SMIT, le bilan des réalisations afférent à la station Lixus par rapport aux objectifs de 2020 se limite pour ce qui est de la composante touristique à un hôtel en cours de finalisation d’une capacité de 450 lits contre un objectif global de 7926 lits touristiques, soit un taux de réalisation de 5,7%. Rapportées à l’objectif de capacité touristique de la première phase du programme (prévu à l’horizon 2015) les réalisations sont inférieures à 11%. Pour la composante résidentielle le bilan à fin juillet 2015 fait état de 48 villas et 32 duplexes, soit une capacité totale de 448 lits résidentiels, sur 8380 lits prévus, ce qui donne un taux de réalisation de 5,35%. Pour la composante animation, les réalisations se limitent à un golf et un club house.
Après l’ouverture de la station de Saïdia en juin 2009 et la livraison de ses premières composantes, à savoir trois hôtels d’une capacité totale de 3170 lits, d’un VVT de 354 lits et d’une Résidence Touristique (RT) de 951 lits, soit une capacité touristique totale de 4475 lits représentant environ 26,47% de l’objectif escompté, en plus de 5900 lits résidentiels (1300 appartements et 137 villas), et des composantes d’animation (une marina, un golf et une médina), la station a été reprise en juin 2011 par la CDG et la SMIT à travers le protocole d’accord signé entre ces deux entités et le gouvernement marocain. Aussi, un avenant n° 4 a été signé entre ce dernier et la Société d’Aménagement de Saïdia (SAS).
Le principal changement introduit après ces actions, est la reprise par la Société de Développement de Saïdia (SDS) de certains travaux d’assainissement prévus par le Cahier des Charges Techniques (CDCT).
L’avenant sus-indiqué stipule aussi que la SDS proposera le repositionnement marketing de la NSTS et le concept d’aménagement qui en découle. Le plan de lotissement objet de l’autorisation de lotir sera modifié en conséquence et soumis par la SDS pour validation aux autorités compétentes en matière de délivrance des autorisations de lotir. A ce niveau, il convient de souligner qu’une étude de repositionnement de la station Saïdia a été effectuée en 2011-2012 par un cabinet conseil (T&L) qui a proposé un nouveau “Master plan” et un “Business plan” après un diagnostic de la station qu’il a réalisé, et à travers lequel il a pu mettre l’accent sur un certain nombre de dysfonctionnements dont souffre la NSTS. Il s’agit entre autres de :
- Un business model à court terme très dépendant des ventes de l’immobilier ;
- Resort inachevé et sans masse critique ;
- Saison très courte (monoproduit) ;
- En dessous du standard de qualité initialement défini ;
- Développement dispersé et incohérent ;
- Manque d’animation ;
- Manque d’adéquation entre le plan initial et la réalité ;
- Manque de vision globale du projet ;
- Qualité des infrastructures de base insuffisante.
D’après la SMIT, à mi 2015, les modifications apportées par le nouveau master plan de la station n’ont pu être validées par les autorités compétentes.
Côté capacités réalisées, aucune nouvelle sortie de capacité touristique n’a été enregistrée jusqu’à fin juillet 2015, sur un total prévu de 13 014 lits touristiques répartis entre 5 490 lits en hôtellerie et 7 524 lits en RT/ VVT. Les seules réalisations, ont été enregistrées au niveau du résidentiel avec une capacité de 936 lits contre 6839 lits prévus.

25/1/2017
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La SMIT et la  promotion de l’investissement touristique : un bilan médiocre: Le CPR de Rabat-Salé-Zemmour-Zaërs n’est toujours pas signé

Le contrat programme relatif à la Vision 2020 partait du constat que le tourisme au Maroc était caractérisé par sa concentration sur deux destinations, Marrakech et Agadir, qui totalisaient près de 70% des nuitées internationales. Cette concentration géographique ne permet pas de mettre en avant toutes les potentialités du territoire marocain. Pour permettre au secteur touristique de jouer pleinement ce rôle, la Vision 2020 s’était alors inscrite dans une approche intégrée et volontariste d’aménagement du territoire national.

C’est dans ce cadre qu’ont été créés huit territoires touristiques présentant la cohérence, l’attractivité et la masse critique nécessaires (en termes de capacités d’hébergement, d’actifs touristiques et de desserte aérienne) pour disposer d’une visibilité internationale et accéder au statut de destination à part entière ; chaque destination étant à même d’offrir une expérience unique, en complémentarité et en cohérence avec toutes les autres.
En effet, ce découpage, qui transcende le découpage administratif, était conçu pour permettre aux régions de tirer profit de l’ensemble de leurs potentialités : sites naturels, patrimoine culturel, ….
Pour la concrétisation du principe de développement touristique territorial, la mesure n°1 du contrat programme de la Vision 2020 a prévu l’élaboration de contrats programmes régionaux (CPR) de développement touristique s’inscrivant dans le cadre des orientations définies pour chacun des territoires, au plus tard, à fin décembre 2011.

Rôle de la SMIT dans la mise
en oeuvre de la Vision 2020

Pour acter le processus d’implémentation de cette vision, la SMIT a commencé par l’élaboration en décembre 2011 d’une stratégie 2020 pour préparer l’opérationnalisation des axes retenus par le contrat programme 2020. Elle y a procédé notamment à la répartition des objectifs d’investissement et de capacité de la Vision 2020 par programme et par territoire ainsi que par année. Elle a procédé enfin à l’établissement d’un plan d’implémentation des objectifs de la dite vision.
Ledit plan a été par la suite décliné en 2012, sous forme de CPR qui fixaient la vocation de chaque région et proposaient des projets prioritaires à réaliser pour valoriser le produit touristique en chaque région. Il est à préciser que ces contrats, au nombre de 15, ont été signés par les gouverneurs et les walis des régions concernés courant 2012 et 2013. A souligner à ce niveau que le CPR de la région Rabat-Salé-Zemmour- Zaer jusqu’à fin juillet 2015 n’est toujours pas signé.
Cependant, la logique de territoire dans le déploiement de l’infrastructure touristique, que préconisait la Vision 2020, a été abandonnée au profit de la région comme entité administrative pouvant s’engager à contribuer à la réalisation des aménagements touristiques définis dans les contrats programmes.
Par ailleurs, ces contrats programmes avaient permis de déterminer un positionnement à partir des ressources touristiques et des contraintes de chaque région. Il y a été développé ensuite des plans d’actions notamment en matière de développement de produit, de promotion et de soutien à l’investissement, de transport et de formation.
Il faut préciser aussi à ce titre que la SMIT a été chargée explicitement au niveau de ces contrats programmes régionaux des actions relatives à l’identification du foncier, au développement de préconcept, au placement des projets via le démarchage des investisseurs ainsi qu’à la sélection des aménageurs développeurs et la contractualisation des engagements en matière de valorisation des lots touristiques.
Le pilotage et le suivi des CPR ont été attribués aux Agences de Développement Touristique (ADT). Toutefois, dans l’attente de la création de celles-ci, lesdites attributions ont été conférées à un comité local présidé par le Wali de la région en question.
Cependant, la convention pour l’opérationnalisation du produit nature de la Vision 2020, dite QARIATI, n’a été signée qu’en 2014 pour des engagements financiers totaux s’élevant à 2,34 milliards de dirhams de différents ministères et prévoit par ailleurs une rémunération forfaitaire annuelle de 20 millions de dirhams pour la SMIT au titre de son pilotage de la mise en oeuvre dudit produit.
En conclusion, la SMIT s’est lancée dans une série d’études enchainant définition de produit touristique et proposition d’aménagement jusqu’au milieu de l’année 2014, sans toutefois pouvoir amorcer une vraie dynamique de mise en oeuvre de produit touristique proprement dit tel que défini dans les CPR.

25/1/2017
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Vision 2020 et Programme AZUR

La Cour recommande à la SMIT de fournir plus d’efforts dans les processus de déploiement et de réalisation des politiques publiques en matière de tourisme, et plus particulièrement celle de la Vision 2020 et ses contrats programmes régionaux.
Les missions de la SMIT concourent toutes à la réalisation du «produit» touristique (stations touristiques, hôtels, projets d’animation…). Le Plan Azur constitue un chantier structurant pour les deux visions stratégiques du Maroc en matière de tourisme, auquel la SMIT était appelée à apporter sa contribution.
La Cour des comptes rappelle que le discours Royal du 10 janvier 2001, à Marrakech à l’occasion des assises nationales du tourisme, a engagé officiellement le Maroc dans une nouvelle politique touristique qui s’est concrétisée par la signature de l’accord-cadre entre le gouvernement et la fédération du tourisme avec comme principal objectif de placer le Maroc parmi les premières destinations mondiales et d’accueillir 10 millions de touristes en 2010.
Au terme de la vision 2010, une autre stratégie de développement touristique appelée « Vision 2020 » a été lancée, à travers le contrat programme 2011-2020 du 30 novembre 2010 signé entre l’Etat marocain et le secteur privé, qui ambitionne de doubler la taille du secteur en construisant notamment près de 200.000 lits hôteliers et assimilés et recevoir 20 millions de touristes en 2020.
La réalisation de la composante «Azur» a connu la contribution de plusieurs intervenants, tant publics que privés, dont la SMIT. A rappeler que celle-ci n’a démarré effectivement qu’en 2008, alors que le plan Azur (Vision 2010) était en cours. Quant au programme Azur (Vision 2020), la SMIT a été désignée expressément, dans le contrat programme précité, comme partie prenante.
La Cour des comptes précise que dans la Vision 2010, on parle de «plan Azur». Alors que dans la Vision 2020, il s’agit plutôt du «programme Azur».

Plan Azur - Vision 2010

Sur les six stations Azur lancées au départ, seules les stations de Saïdia et de Mazagan ont connu la réalisation de capacités touristiques, respectivement de 4.475 lits et de 1000 lits par rapport à des objectifs de 16.905 et 3700 lits. Pour les quatre autres stations du plan Azur, aucune sortie de capacité litière n’a été enregistrée jusqu’à fin 2010. Ceci donne un taux global de réalisation de 7,8% pour l’ensemble du plan Azur sur le volet capacité litière touristique. Pour le résidentiel, ce taux est de 12,6%.
Conformément à l’accord cadre 2001-2010, les parties avaient convenu que la réalisation de l’objectif 2010 passe nécessairement par un positionnement offensif du Maroc sur le segment balnéaire afin que celui-ci représente près de 70% de l’offre en 2010, soit une capacité additionnelle de 130.000 lits environ. Les six stations Azur, en tant que projets structurants au niveau du balnéaire, ont été lancées pour constituer l’essentiel de cette capacité nouvelle. Or, rapportées à l’objectif initial de la vision, en termes de capacité additionnelle à injecter au niveau du balnéaire, le taux de contribution du plan Azur reste faible, environ 4,2%.

Programme Azur -Vision 2020

Les principales innovations de la Vision 2020 se manifestent au niveau de l’introduction de nouveaux concepts. Il s’agit tout d’abord d’une politique d’aménagement territorial de l’offre touristique, pour assurer la diffusion des bénéfices du tourisme et du développement socio-économique sur toutes les régions du Royaume. A ce titre, huit territoires touristiques ont été définis autour de trois positionnements (balnéaire, culturel et naturel) et six programmes, dont programme Azur. Ensuite, la mise en oeuvre de la Vision 2020 est planifiée en deux séquences majeures avec chacune ses priorités et ses objectifs. Elles s’étalent successivement de 2011 à 2015 et de 2016 à 2020.
Plusieurs dispositifs d’accompagnement ont été prévus pour faciliter la mise en oeuvre de la stratégie touristique dans les meilleures conditions. Il s’agit essentiellement des nouveaux dispositifs d’investissement et de financement, dont certains sont consacrés exclusivement au programme Azur.

25/1/2017
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Fiasco des contrats programmes régionaux/ Taux de réalisation des projets : 0,29 %

Concernant l’état d’avancement de mise en œuvre des différents CPR, la SMIT a présenté à la Cour un bilan d’opérationnalisation des produits conçus dans le cadre desdits CPR valable jusqu’à juin 2015 .
La Cour des comptes précise, à cet égard, qu’un projet engagé, selon la SMIT, est un projet dont une convention ou un mémorandum ont été signé, ou dont les travaux concernant sa propre réalisation sont déjà en cours.
L’analyse de la situation détaillée des projets engagés dans le cadre des CPR a permis de relever des contradictions. Ainsi, plusieurs projets cités pour justifier les montants engagés par région n’étaient pas inscrits au départ dans les CPR. En effet, selon la situation décrivant l’état d’avancement des projets CPR, un montant de 47,53 Milliards DH est engagé avant 2011, année de signature des premiers CPR. Ce montant correspond à des projets touristiques répertoriés par la SMIT sur ladite situation sans qu’ils émanent des CPR.
De plus, la SMIT soutient que des projets ont été engagés dans le cadre du contrat programme de la région de Rabat pour un total de 9,5 milliards de DH, alors que ledit contrat, comme précité, n’était toujours pas signé à fin juillet 2015.
Il en est de même du parc d’attraction SindiPark et les trois golfs, présentés pour appuyer les réalisations du contrat programme de la région de Casablanca, alors qu’ils ne figurent pas sur la liste des projets répertoriés au sein dudit contrat. C’est le cas aussi des Malls commerciaux, de Casablanca, Tanger et Agadir.
En conclusion, il s’avère que cette situation, présentée comme celle de l’implémentation des CPR est plutôt une sorte d’inventaire de projets initiés ou juste suggérés, et que la SMIT estime qu’ils peuvent avoir un effet sur les flux touristiques au sein des régions concernées. C’est en effet une situation qui s’écarte largement des listes annexées aux CPR faisant montrer les projets à réaliser dans le cadre de leur mise en oeuvre.
Ceci conforte le constat selon lequel la SMIT ne dispose pas d’un mécanisme de monitoring et/ou de reporting dédié au suivi de l’implémentation des CPR et permettant de cerner les investissements touristiques réellement engagés dans les différentes régions.
Par ailleurs, l’imprécision des informations fournies par la SMIT au sujet de la mise en oeuvre des CPR et des autres aspects revus par la commission de contrôle et sa tendance à surévaluer les performances réalisées, a contraint cette dernière à s’adresser directement au ministère du tourisme. A cet égard la Direction de la stratégie et de la coopération au sein dudit ministère a remis à mi-juillet 2015 un autre état d’avancement de réalisation des projets issus des contrats programmes .
Il en ressort notamment, en termes d’investissement, que le taux de réalisation des projets issus des CPR, selon cette situation communiquée par le ministère, est de 0,29 % correspondant aux projets réalisés. En y incluant les projets en cours de réalisation, ce taux pourrait atteindre 19,82 %.
Ces taux sont très en deçà de celui de 73% défendu par la SMIT dans sa première situation livrée à la commission de contrôle et reprise d’une manière formelle dans son rapport au conseil de surveillance daté de juin 2015.

Remise en cause des chiffres
de la SMIT

En termes quantitatif, l’état d’avancement présenté par la SMIT fait apparaitre un taux d’engagement national moyen de 73% des investissements prévus dans les différents CPR. La SMIT a confirmé ce taux dans son rapport présenté devant son conseil de surveillance tenu fin Juin 2015.
La SMIT avait présenté dans son rapport au comité de surveillance en date de 22 Décembre 2014 une situation de mise en oeuvre des projets inscrits au niveau des CPR qui fait ressortir un «taux d’avancement moyen des projets CPR» de 31% en décembre 2014. La comparaison de ce taux avec celui arrêté en juin 2015 qui est de 73% montre que ledit taux a plus que doublé en l’espace de cinq mois seulement.
Mais, le taux de réalisation de 31% à fin 2014 lui-même est à reconsidérer étant donné que plusieurs CPR n’ont été signés qu’en milieu de l’année 2013, voire en 2014.

25/1/2017
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En contradiction avec les objectifs de la « Vision 2020 » / Concentration des investissements touristiques sur certaines régions matures

Il est bien noté sur le PV au conseil de surveillance que 31% est un taux d’avancement des projets CPR à fin 2014, et que 73% est aussi un taux d’avancement desdits projets selon la situation livrée à la Cour en Mai 2015.
Par ailleurs, et outre les CPR signés avec les régions, la SMIT continuait à signer en 2014 d’autres contrats avec certaines collectivités territoriales pour les assister et les accompagner dans la réalisation d’études d’ingénierie et de mise en oeuvre du produit touristique. On cite à titre d’exemple, la convention relative au développement de l’offre tourisme nature en arrière-pays d’El Hoceima, une autre concernant le tourisme Rural et de Nature à Berkane ….
Néanmoins, il est à observer que cet enchainement d’études et de conventions depuis 2010 jusqu’à 2015 en vue de décliner les objectifs de la Vision 2020 témoigne plutôt du manque d’une démarche claire et structurée traduite par un planning d’opérationnalisation des programmes découlant de ladite vision.
guise de conclusion, l’analyse détaillée des CPR et des taux de réalisation des projets révèle une faible implémentation desdits contrats, à l’exception de rares actions engagées dans ce cadre mais qui restent très limitées en termes de nombre et de montants investis.

Base de données basique
et imprécise

Sur un autre registre, la SMIT tient, sur tableur, une base de données globale renseignant sur des projets ou aménagements à caractère touristique et en attente d’être réalisés. sur la dite base, 2655 projets ont été recensés enchainant des actions de valorisation des médinas, des réalisations de différents types d’hébergements (hôtels, villages de vacances, camping…) ainsi que d’autres aménagements plutôt à caractère urbain tels que ceux des corniches,…
Ladite base englobe également des projets inscrits au niveau des CPR ; ceux conventionnés de ce type totalisent sur ladite base un investissement prévu d’environ 36 milliards de dirhams, soit 22% du total des investissements à réaliser dans le cadre des CPR.
Toutefois, la base de données en question contient des imprécisions et des contradictions, ce qui rend difficile toute analyse objective des données extraites de ladite base. A titre d’exemple, la plupart des projets sont considérés, au sein de cette dernière, comme étant déjà engagés juste suite à la signature d’un MOU ou de la convention les concernant.
Par ailleurs, dans son rapport pour son conseil de surveillance de juin 2013, la SMIT s’était engagée à faire migrer cette base vers un logiciel plus performant, mais sans résultat.
Concernant la concordance des réalisations supposées des CPR avec les objectifs de la Vision 2020, il faut souligner que l’état d’avancement défendu par la SMIT fait apparaitre une persistance de la concentration des investissements touristiques sur certaines régions dites matures en termes d’attractivité touristique.
En effet, la situation présentée par région administrative fait apparaitre des taux de réalisation dépassant 100%, en capacité et en investissement, pour les régions de Marrakech, Agadir et Casablanca.
Ainsi, les deux territoires Marrakech et Agadir ont accaparé à eux seuls, selon les situations précitées, plus de 50 milliards de dirhams d’investissements engagés dans le cadre de la Vision 2020 ; soit presque la moitié de l’investissement total supposé engagé au niveau national, selon la SMIT.
La persistance de cette concentration régionale en matière d’investissement touristique est en écart par rapport à l’objectif fixé dans le contrat programme de la Vision 2020 pour ce qui est de la favorisation de l’émergence de destinations touristiques autres que celles de Marrakech et Agadir. Ceci conforte l’idée selon laquelle les investissements touristiques évoluent indépendamment des actions entreprises par l’Etat et de ses démembrements, en l’occurrence la SMIT, et qui visent à les développer et à les orienter vers d’autres destinations autres que celles présentant une certaine maturité et disposant déjà de la capacité critique.
En conséquence, l’implémentation de la Vision 2020 telle que reflétée par la situation présentée par la SMIT, n’a pas permis l’introduction de l’équilibre souhaité par la Vision 2020 entre les régions en matière d’investissements touristiques d’une part, et n’a pas favorisé la diversification recherchée dans l’offre touristique nationale notamment en matière d’animation et loisirs d’autre part.

25/1/2017
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Faible contribution de la SMIT au plan AZUR et difficultés de suivi

Le ministre du tourisme a annoncé, lors des assises du tourisme de septembre 2014, qu’en parallèle à l’effort qui sera consenti par le gouvernement marocain pour faire émerger les trois stations de Saïdia, Lixus et Taghazout, les parties prenantes, tant privées que publiques, effectueront une reprogrammation de la réalisation des stations et/ou des tranches restantes avant 2020. Il s’agit des stations de Mazagan, Mogador et Plage blanche.
Pour la station Mazagan, hormis la sortie d’une capacité résidentielle de 222 lits en 2013 correspondant à 37 villas, aucune réalisation n’a eu lieu, ni au niveau de l’hébergement touristique ni au niveau de l’animation. En outre, la station, comme souligné plus haut, souffre d’un manque de visibilité sur les deuxième et troisième tranches du programme de valorisation.
Pour la station Mogador, le bilan fait état uniquement d’un hôtel de 406 lits ouvert en 2011, d’un golf de 18 trous et de 37 villas, soit 222 lits résidentiels.
Pour la station Plage blanche, suite à la résiliation le 15 septembre 2009 de la convention de mise en valeur signée entre l’Etat et le groupe FADESA en 2007, une nouvelle convention a été signée avec le groupe égyptien Pick Albatros en mars 2010. Toutefois, aucune composante du programme de valorisation n’a vu le jour, sachant que les premières unités auraient dû être ouvertes en mars 2013. Selon les informations fournies par la SMIT, une réflexion est engagée pour la constitution d’un nouveau tour de table pour l’aménagement de la station.

Bilan des six stations Azur
au titre de la Vision 2020

A mi-chemin de la Vision 2020, le bilan du chantier produit semble très faible. En effet, en termes de capacité litière, sur un objectif global de 58 540 lits touristiques pour les six stations, seuls 1576 lits ont été réalisés, soit un taux de 2,7%9 par rapport à l’objectif. Pour le résidentiel ce taux est de 6,52%. Le graphique suivant schématise le bilan du programme Azur 2020 jusqu’à fin juin 2015 : Pour la réalisation du plan Azur, L’Etat a déployé d’importants moyens, en l’occurrence la mobilisation du foncier nécessaire pour les six stations, le plus souvent avec des conditions très avantageuses pour l’investisseur. à titre d’exemple, pour la station Taghazout, la SMIT, entreprise publique, a vendu le terrain à l’investisseur à 50 DH/m2, soit un écart par rapport au prix de marché de 200 DH/m2, ce qui constitue une concession de 1,3 Milliards DH.

Contribution de la SMIT
à la réalisation du Programme Azur

L’analyse de la contribution de la SMIT à la réalisation des stations Azur a montré que, par rapport à ce qui a été prévu dans le cadre du contrat programme de la Vision 2020, la contribution de la SMIT s’est concrétisée essentiellement au niveau de Taghazout à travers la vente de 615 ha nécessaires à la réalisation de cette nouvelle station au prix de 307,9 Millions DH. A ce titre, la SMIT estime qu’en plus du foncier qu’elle a pu assurer à ce projet, son appui se manifeste également au niveau du prix de vente dudit terrain ramené de 250 DH/m² à 50 DH/m², soit un différentiel d’environ 1,33 Milliards DH. Pour les stations de Saïdia et Taghazout, la SMIT fait partie du tour de table des sociétés chargées du développement de ces dernières à travers des participations respectives à la SDS et à la SAPST de 34% (soit 0,10 Million DH) et 30% (soit 30 Millions DH) du capital social. A noter qu’en 2013 la SMIT est sorti du capital de la SDS.
Par ailleurs, la SMIT a remis à la Cour une situation (voir annexe n°5) montrant, pour chaque station Azur, ce qu’elle a considéré comme contribution à la réalisation desdites stations. Celle-ci prend la forme, soit d’une ingénierie ou d’études stratégiques, de promotion des investissements, de suivi opérationnel ou encore d’actions portant sur le foncier. Toutefois, hormis les contributions précitées relatives aux stations de Saïdia, Taghazout et Plage blanche, les autres actions figurant sur la situation présentée par la SMIT ne peuvent être prises en compte, vu que la société n’a pas étayé lesdites actions par des éléments probants.
Par ailleurs, il est à souligner que parmi les missions assignées à la SMIT, selon son texte de création, figure le suivi des contrats et conventions conclus avec des investisseurs. Or, il a été constaté sur place que la société a des difficultés à assurer un suivi rapproché du plan Azur, en témoigne la non disponibilité de certaines informations et les multiples contradictions constatées au niveau des données fournies à la Cour et afférentes audit plan.

25/1/2017
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Le rôle de la SMIT dans la promotion des investissements remis en question

Il y a lieu de relever à ce niveau un recul significatif des investissements conventionnés dans le secteur du tourisme et ayant fait l’objet de convention, toutes catégories confondues, notamment à partir de l’année 2011 ; et ce contrairement à ce que prétend la SMIT dans sa situation des investissements présentée dans le tableau précédent, constate la Cour des comptes..
Elle note, par ailleurs, aussi le caractère insignifiant des montants investis en animation seule selon les données communiquées par l’AMDI, et ce pour toute la période 2009-2014.
Il est constaté à cet égard le grand écart entre le montant de 7,54 milliards de dirhams investi en animation de 2010 à mi-2014 selon la SMIT, et celui de 1,18 milliards seulement investi de 2009 jusqu’à fin 2014 en même animation selon les données communiquées par l’AMDI.
. Concernant la répartition régionale des investissements conventionnés, il est à noter la persistance d’une certaine concentration en cette matière sur les régions de Marrakech et Casablanca et plus récemment la région de Tanger-Tétouan en termes de captage d’investissements touristiques. En effet, cette dernière a accaparé environ 40% de l’ensemble des investissements conventionnés au niveau national sur toute la période 2009 à 2014
Par ailleurs, les régions autres que celles de Marrakech, Casablanca, Tanger et Rabat, n’ont reçu sur la période 2009 à 2014 que des investissements touristiques conventionnés à titre occasionnel, c’est-à-dire une ou deux fois sur toute la période 2009-2014.
Pour ce qui est des pays d’origine des investisseurs, il faut souligner la dominance des capitaux exclusivement marocains dans les montants investis entre 2009 et 2014, et ce à raison de 31 % de l’ensemble des montants investis dans le tourisme en conventionnement sur toute la période précitée.
Il est à préciser que seuls 52, parmi les 63 projets validés au niveau de la commission des investissements entre 2009 et 2014, ont été réalisés ou sont encore en cours de réalisation ; tandis que les autres sont soit en résiliation soit en souffrance.
De ce qui précède, il s’avère que la SMIT n’a pas pu démontrer une valeur ajoutée consistante en matière d’attraction des investissements touristiques, ni une réactivité pour fournir l’information demandée, surtout que des entités de promotion des investissements, en l’occurrence l’AMDI, ont pu fournir des informations précises sur les investissements touristiques. De ce fait, des questions, ayant trait au rôle effectif de la société dans la promotion des investissements, deviennent de plus en plus légitimes.

25/1/2017
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