Directeur : El Atouabi Majdouline           Redacteur en Chef : Ahmed NAJI
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        Economie
 Safran, une filière en plein devenir
L’Or rouge du Maroc en quête de débouchés à l’international
Quatrième producteur de safran à l’échelle mondiale, le Maroc se rattrape par la haute qualité de sa production. Réputé pour ses qualités gustatives et colorantes aux quatre coins du globe, le safran de Taliouine, où est récoltée la plus grande partie de la production nationale de safran, mérite d’être labellisé Produit à Appellation d’Origine Contrôlée. Portrait d’une plante hors du commun, intronisée depuis la nuit des temps comme la reine des épices.

N. BATIJE

Safran, c’est un mot plein de poésie et de gourmandise. Au Maroc, cette épice rare et donc chère est réputée être celle des fêtes: baptêmes, mariages, grandes réceptions… Le safran est par excellence le condiment des grands plats et des grands jours. Son processus de production, et surtout ses critères de qualité restent cependant l’apanage des connaisseurs. Ce qui en fait l’une des épices les plus contrefaites au Maroc. Vendu sous forme de pistils, ces jolis filaments rouges emballés dans des écrins de plastique, voire de verre, le safran est en effet souvent mélangé avec des herbes moins nobles, dont principalement les filaments de maïs.
Le vrai safran, l’authentique, est constitué des stigmates de la fleur du bulbe safran (Crocus sativus). A valeur commerciale certaine, le safran est une épice très rare qui est souvent utilisée comme condiment dans la préparation de mets de choix tels que pastilla, Rfissa et autres Tanjia. Parfois, il est également utilisé comme colorant naturel. Le safran dispose également de vertus médicinales à travers ses effets anti-inflammatoires et antioxydants connus des anciennes générations. Le Maroc est le quatrième producteur mondial de safran, avec une production de 6,8 tonnes en 2018 pour une superficie d’environ 1.800 hectares. Le Maroc surpasse ainsi l’Espagne et l’Italie, ce qui dénote d’une évolution considérable de la production nationale qui a plus que triplé en une décennie. Toutefois, l’Iran reste le plus gros producteur, avec 180 à 185 tonnes par an, contrôlant ainsi 90% du marché mondial. Viennent ensuite l’Inde (Cachemire) et la Grèce.
Taliouine est le centre de la production du safran dans le Royaume. Dans cette localité montagneuse perchée à 1500 mètres d’altitude et située dans la région de Souss-Massa-Derâa, entre Atlas et Anti-Atlas, la filière du safran regroupe 1600 producteurs qui se partagent une superficie de 600 hectares. A Taliouine, le secteur emploie 15.000 personnes principalement dans la récolte. Il faut compter au moins 230.000 fleurs pour obtenir un kilo de cette épice et dans les champs, ce sont principalement les femmes qui s’attèlent à la délicate tâche de l’émondage.
La coopérative « Souktana » est la vitrine de la filière à Taliouine. Notamment en matière de commercialisation de cette épice et d'amélioration de la qualité de production. Ses responsables soutiennent que “le Maroc est le seul pays africain qui produit un safran bio d'une qualité supérieure et dont le pouvoir colorant, compris entre 228 et 240%, dépasse celui du safran cultivé en Iran (160%), premier producteur mondial». L'or rouge de Taliouine se distingue en effet par sa couleur, un beau rouge sombre, sa forte odeur et sa saveur inégalée. En 2008, Jean-Marc Pillet, un  biologiste suisse et spécialiste de l’épice rouge, avait même déclaré que le safran de Taliouine était le meilleur au monde, en raison notamment de sa forte concentration en safranal, une molécule qui lui donne un arôme puissant.
De l’avis des responsables de la coopérative « Souktana », bien que le safran de Taliouine ait acquis une notoriété mondiale, il n'est certainement pas à l'abri de difficultés qui sont celles d'autres filières agricoles, notamment en termes de structuration et de commercialisation. En plus de la contrefaçon et de la contrebande, la filière est pénalisée par les pratiques frauduleuses de réseaux informels qui servent d’intermédiations entre les producteurs et les acheteurs. Du coup, et comme dans d’autres filières, le safran profite davantage aux intermédiaires qu’aux producteurs initiaux. Ces derniers disposent toutefois d’une parade pour réguler le marché. Réputé pour sa longévité, le safran peut en effet se conserver durant sept années. Ce qui permet à ses producteurs de gérer le flux de mise sur le marché de leur production, en fonction des prix pratiqués dans les souks locaux et de leurs besoins en liquidité. Et c’est d’ailleurs ce qui fait qu’au fil de ses éditions, le Salon International de l’Agriculture au Maroc (SIAM) s’est imposé comme un plate-forme idéale pour les opérateurs de la filière du safran d’écouler à Meknès une bonne partie de leur production, de façon directe et à l’abri des manœuvres des spéculateurs.
Celles-ci demeurent malheureusement légion tant le marché reste dominé par les intermédiaires, la contrebande et la contrefaçon, au grand dam des producteurs qui appellent de leurs vœux une meilleure régulation et surtout la mise en place d’une Appellation d’Origine Contrôlée.

N. BATIJE




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Pour faire le tour de la question et éclairer les diverses zones d’ombre de la filière,L’OPINION s’est entretenu en marge du SIAM 2019 avec M. Driss Samih, PDG de la société « L’or rouge de Taliouine » en sa qualité du Président de la Fédération nationale des commerçants du safran et conseiller de la Fédération interprofessionnelle marocaine du safran.


L'Opinion : Que vous apporte le SIAM, en termes de développement de la filière ou de promotion de vos produits
R: A travers notre participation au SIAM, nous cherchons toujours à promouvoir le safran et lui procurer de nouveaux débouchés. Nous cherchons aussi à expliquer aux visiteurs de nos principaux stands le rapport qualité-prix dans la mesure où le safran présente plusieurs catégories et chacune d’entre elle présente ses propres caractéristiques. Globalement, il y a quatre types de safran et sans entrer dans les détails techniques, je dirais qu’il y a le safran royal dont le prix est fixé à 100 dhs le gramme, vient ensuite le safran premier choix à 35 dhs, voire 40 dhs le gramme et enfin le normal dont le prix n’excède guère 25 dhs le gramme.

L'Opinion : Qu’en est-il de la contrefaçon Et comment procéder pour être sûr que l’on ne se fait pas arnaqué
Réponse : Le procédé est simple, mais avant je tiens à préciser qu’à l’image de tout produit rare, le safran fait l’objet de contrefaçon, généralement, par le biais d’une sorte de mélange de fibres de maïs, du coquelicot et de l’arnica. Et la meilleure façon de tester de l’authenticité du safran consiste à prendre un bout de papier mouillé avec un tout petit bout de safran, si l’on obtient une couleur autre que rouge orangé, on est arnaqué. Des fois, on peut tester autrement en goûtant à un petit bout du safran qui, normalement, doit être amer et présenter un arrière-goût. Si le goût est sucré, ce n’est que du faux safran sous forme de maïs coloré. Et à mon avis, lutter contre ce fléau passe, nécessairement, par un renforcement de la traçabilité.

L'Opinion : Qu’en est-il de l’export, de la concurrence, le safran marocain est-il bien vendu à l’international
R : Le safran marocain se démarque de celui de la concurrence notamment par sa concentration en parfum et pouvoir colorant. C’est justement cette notion de dosage qui procure au safran marocain un avantage par rapport à celui asiatique. Un dixième de gramme du safran marocain équivaut à trois dixième de celui asiatique. Et toute proportion gardée, le safran asiatique n’est nullement moins cher que celui marocain. Ceci étant, je ne peux m’empêcher de révéler ma frustration vis-à-vis de l’Agence de Développement Agricole, pour ce qui est de la crise que connaît la filière safran à l’export. J’ai comme l’impression, pour ne pas dire la conviction, que cette agence ne nous prête pas la bonne oreille. J’irais jusqu’à dire que cette agence manque d’approche.

L'Opinion : Et pourtant, la filière est dotée d’un contrat- programme, signé lors du SIAM 2012 entre le Gouvernement et la profession à travers la Fédération Interprofessionnelle Marocaine du Safran
R : Je me contenterais de vous dire que tout contrat- programme ne servirait à rien s’il est mis entre les mains de gens qui ne savent pas ce qu’ils veulent ou qui, tout simplement, ne sont pas suffisamment conscients des objectifs initialement tracés ou retenus.

Entretien réalisé par N. BATIJE



23/4/2019
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 L’économie marocaine sous la loupe de Moody’s
PIB par habitant bas et dette élevée

L’agence de notation Moody’s vient de maintenir la note de crédit du Maroc à "Ba1 stable". Dans une note, Moody’s estime que ce profil de crédit du Maroc reflète sa résilience démontrée aux chocs internes et externes, soutenu par l'accès du gouvernement à des marchés de capitaux nationaux relativement profonds, ce qui le protège de la volatilité des marchés internationaux des capitaux.
Il reflète également la réorientation structurelle du Maroc vers des industries d'exportation à plus forte valeur ajoutée et en tant que plaque tournante du commerce entre l'Europe et l'Afrique, a déclaré Moody's dans un rapport fraîchement publié.
« Le positionnement du Maroc dans les chaînes de valeur mondiales, en particulier dans les secteurs de l'automobile et de l'aéronautique, est reflété par l'expansion de ses banques en Afrique subsaharienne et est soutenu par une infrastructure de transport améliorée", a déclaré Elisa Parisi-Capone, vice-présidente - analyste principale de Moody's et co-auteur du rapport.
Néanmoins, l’agence de notation américaine estime que les principales contraintes en matière de notation comprennent un PIB par habitant relativement bas, une croissance non agricole modérée et un stock de dette relativement élevé, bien qu’abordable.
A rappeler en ce sens, qu’en novembre 2018 Moody’s avait souligné que les même défis restent encore à relever pour le Maroc : un PIB/habitant bas de 8.568 dollars; en plus du poids de la dette qui s’est considérablement accru au cours de la dernière décennie et la tendance relativement modérée de la croissance non agricole.
La pression à la hausse sur la note pourrait provenir d’autres mesures politiques garantissant que le ratio de la dette publique - y compris les garanties de la dette extérieure des entreprises d’État - est fermement positionné sur une trajectoire à la baisse, soutenu par des réformes continues de l’environnement fiscal et des entreprises, ajoute-t-on de même source.
La résilience du profil de crédit aux chocs budgétaires et externes de ces dernières années ne laisse entrevoir qu'une probabilité limitée de dégradation de la note à court terme, bien que la poursuite de la détérioration des finances publiques ou la matérialisation d'importants passifs éventuels des entreprises d'État ou du secteur bancaire ne permettent pas d'obtenir un crédit positif, affirme Moody’s.

16/4/2019
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