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Bob Dylan consacré par le prix Nobel de littérature 2016 (2éme partie) : Les justes raisons…

Par Dr. Mohammed SOSSE ALAOUI

Pour ce qui est des justes raisons de l’attribution du prix Nobel de littérature 2016 à Bob Dylan, on pourrait citer celle de Jean-Marie Pottier invoquant l’antique tradition littéraire du barde, du ménestrel et du troubadour dans la poésie : « L’art de la poésie est peut-être vieux de quinze mille ans, il a survécu principalement à travers sa force orale plus qu’à travers les récents moyens modernes de transmission. Dans notre époque moderne, Bob Dylan a ramené la poésie à sa transmission primordiale par le souffle humain et le corps; dans ses couplets, il a fait revivre les traditions du barde, du ménestrels et du troubadour.» - « Gordon Ball est le premier à avoir nommé le musicien pour le prix Nobel de littérature, qu’il vient de recevoir », Op.cit., p.1. A cet égard, Sigrid Hunke rappelle : « Le troubadour (nom dont on admet aujourd’hui qu’il vient de l’arabe tarrab, ménestrel) confère à ses poèmes (Guillaume IX) la forme et le rythme des chants arabes, imitant en particulier ceux du célèbre Ibn Qousman.» - « Le Soleil d’Allah brille sur l’Occident », Ed. Albin Michel, 1963, pp.378-379.
De plus, Milcar Jeff Dorce met en exergue dans le Nobel-Dylan le duel entre écriture et oralité, en littérature coïncidant sans jamais s’exclure : «C’est aussi la vieille tension entre écriture et oralité qui refait surface. Mais, et si la voix serait considérée comme composante du corps du texte. Et si la voix est ce dispositif qui donne forme et vie aux règles. Et si Dylan est cette expression de la mise en scène de l’écriture et de la lecture, qui n’est autre qu’une dimension de la richesse de la littérature. La définition de la littérature, n’est-elle pas aussi dans sa non-définition La littérature, n’est-elle pas cet idéal de la vie commune qui se cherche en culbutant entre écriture et parole vivante Si une certaine règle de la littérature supposerait une priorité de l’écriture, il faut nécessairement rappeler qu’il s’agit d’une écriture en soi inerte qui doit être mise en usage par la lecture. » - Op.cit., p.2
La raison profonde pour Sanaj Causam réside dans le recours de Bob Dylan à la citation abondante d’illustres écrivains dans ses chansons : «Dylan a manifesté son intérêt pour d’autres auteurs que Rimbaud, comme T.S. Eliot cité dans plusieurs chansons, et Ezra Pound. Dylan les cite dans ses chansons mais il les critique aussi. « J›ai aimé T.S Eliot. Il valait la peine de le lire «. James Joyce est une autre figure littéraire intéressante dans le monde de Dylan. Il explique dans ses Chroniques que James Joyce semblait être l’homme le plus arrogant possible, «il avait deux yeux grands ouverts et une grande faculté d’expression». D’autres figures littéraires dont les œuvres ont surgi dans le paysage de la musique de Dylan au fil des ans sont Lewis Carroll («Tweedle Dee et Tweedle Dum»), Anton Tchekhov (Blood on the Tracks), Arthur Conan Doyle ( «Talkin ‘ John Birch Paranoid Blues «), F. Scott Fitzgerald («Ballad of a Thin Man «et» Summer Days»), les frères Grimm (Highway et «Sara»), Victor Hugo       («Desolation Row»), Herman Melville («115 e rêve» et «et voilà!»), Friedrich Nietzsche et Wilhelm Reich («Joey»), Junichi Saga et John Greenleaf Whittier («Scarlet Town»).» - in « 10 poèmes Bob Dylan mérite son prix Nobel de littérature », www.webcache. google usercontent.com, p.2.
Comme ultime raison, Sanaj Causam dévoile l’érudition littéraire quasi universelle de Dylan, lauréat digne du Nobel de littérature 2016, émanant de ses propres Chroniques, en y soulignant : «Dans ses Chroniques, Dylan décrit ses liens avec les écrivains qui ont façonné ses idées, les penseurs des Lumières comme Voltaire, Rousseau, Locke et Montesquieu, les Modernistes comme Eliot, Fitzgerald et Faulkner, les romantiques comme Victor Hugo, les réalistes comme Balzac (que Dylan trouve «hilarant»), des théoriciens comme Nietzsche, Marx et les écrivains grecs et romains classiques comme Sophocle et Ovide. Il décrit également ses amours pour Byron, Milton, Coleridge, Shakespeare, Villon, Poe. » - Op.cit., pp.2-3.
    
Bob Dylan, prix Nobel de littérature 2016 et ses chants 
     
En bref, on pourrait se faire une idée et un sentiment plus propre du mérite littéraire de « la poésie pour l’oreille » et pour sa foi  en l’homme universel issue de la contre-culture populaire américaine et sa portée littéraire intrinsèque d’hier et d’aujourd’hui, à travers les propres textes de Bob Dylan, tels que :
  - Blowin› In The Wind, (Soufflé Dans Le Vent), Bob Dylan, 1963 :
« Combien de routes un homme doit-il parcourir/ Avant que vous ne l’appeliez un homme Oui, et combien de mers la colombe doit-elle traverser/ Avant de s’endormir sur le sable / Oui, et combien de fois doivent tonner les canons/ Avant d’être interdits pour toujours / La réponse, mon ami, est soufflée dans le vent,/ La réponse est soufflée dans le vent// ».
-A Hard Rain’s Gonna Fall,” The Freewheelin’, Bob Dylan, 1963
« Je vais marcher dans les profondeurs de la plus profonde forêt noire/ Lorsque les gens sont nombreux et leurs mains sont tous vides/  Lorsque les boulettes de poison inondent leurs eaux/ Lorsque la maison dans la vallée rencontre la prison sale et humide/ Lorsque le visage du bourreau est toujours bien caché/  Lorsque la faim est laide, où les âmes sont oubliées/ Lorsque le noir est la couleur, là où il n’est le nombre/ Et je le dis et je pense et parle et respire/ Et refléter de la montagne afin que toutes les âmes puissent le voir// ».
- «Ballad of a Thin Man,” Bob Dylan,  1965 :
« Ah, vous avez été avec les professeurs et ils ont tous aimé vos regards/  Avec de grands avocats que vous avez discuté des lépreux et des escrocs/  Vous avez traversé tous les livres de F. Scott Fitzgerald/  Vous avez très bien lu, cela est bien connu/  Mais quelque chose se passe ici et vous ne savez pas ce que c’est
le sais-tu monsieur Jones // ».
- «Desolation Row»,  Bob Dylan,  1965 :
« Le Titanic navigue à l’aube/ Et les cris de tout le monde/  «De quel côté es-tu »/ Et Ezra Pound et T.S Eliot/  Les combats dans la tour du capitaine/  Alors que les chanteurs calypso se moquent d’eux/  Et les pêcheurs détiennent des fleurs// ».
- «You›re Gonna Make Me Lonesome When You Go,» Blood on the Tracks, Bob Dylan,  1975 :
« Les relations ont tous été mauvaises/ Les miennes étaient comme celles de Verlaine et Rimbaud/ Mais il n’y a aucun moyen de comparer/ Toutes ces scènes pour cette liaison/ tu vas me transformer en solitaire quand tu partiras// ».
- « I Feel a Change Comin ‹On,» Ensemble Through Life, Bob Dylan 2009 :
« Je suis à l’écoute Billy Joe Shaver/  Et je lis James Joyce/  Certaines personnes me le disent/  J’ai le sang de la terre dans ma voix// ».
(«10 poèmes Bob Dylan mérite son prix Nobel de littérature», Op.cit., pp.6-7.)
 En conclusion, il y a évidemment lieu de dire sans ambages et loin de toute polémique avec Sanaj Causam sur ce judicieux choix du Nobel de littérature 2016, attribué à Bob Dylan, que : « Bob Dylan, pop music, troubadour moderne, de la contre-culture des années 1960, underground, presque le seul chanteur auteur-compositeur génial de musique populaire de la seconde moitié du xxe siècle, lumineux et tragique, viscéralement américain, blues, folk, country et rock. Ni penseur, ni théoricien, mais lucide et sincère. », a amplement, depuis longtemps, et avec justes raisons, mérité son prix Nobel de littérature. – Op.cit. p.1.

2/1/2017
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Barbara Piekarska ABOU-HILAL : / Le figuratif par l’abstraction

Mohammed RAS SAM

Le  jour où elle a commencé à s’adonner à la peinture, BARBARA Piekarska ABOU-HILAL qui psychologue de formation,  n‘avait pour autre but que de joindre l’utile à l’agréable. Mais au fil du temps, cet agréable s’est révélé un mielleux piège qui l’a totalement happée, au point d’en ébranler son « Moi » initial et devenir un véritable ballon d’oxygène, non plus complémentaire, mais vital.

C’est qu’à travers l’univers de la peinture, BARBARA Piekarska ABOU-HILAL, s’est découverte une certaine marge de liberté et un nouveau support pour  s’exprimer différemment et parvenir à extérioriser un autre volet de sa personnalité, resté volontairement ou involontairement voilé, tu,  et qu’elle avait de la peine, parfois, à communiquer autrement qu’a travers l’art...
Du coup,  entre le hobby d’hier et la subtilité fascinante qu’elle manifeste aujourd’hui et qui s’illustre à travers cette  superposition des couches de peinture les unes sur les autres ; cette animation des couleurs ; cette précision du geste et cette force, constituent quelques caractéristiques de ses toiles et qui témoignent, si besoin est, du long et périlleux chemin que BARBARA Piekarska ABOU-HILAL a du parcourir.
Et lorsque cette artiste-peintre polonaise avait suivi son mari au Maroc, et qu’elle a de suite succombé au charme de ses médinas, kasbahs, monuments historiques…  elle a fait valoir sa touche et  sa vision propres et qui sont  à même de lui permettre de mettre en valeur le charme   de ce pays, séducteur et inspirateur, comme nulle part ailleurs.
Du coup, Barbara Abou-Hilal s’est mise à peindre tout ce qui la charme, spontanément. Une spontanéité  qui n’est pas improvisation, mais un prolongement de sa pensée, comme si l’expression de son questionnement devait passer par son corps. Un travail propre, précis et  qui illustre une certaine harmonie que Barbara Abou-Hilal a su créer avec chacune de ses toiles.
Un réel plaisir de la regarder peindre à chaque fois. On aurait dit que cette joie et ce bonheur qu’elle dégage en travaillant, se répercutent sur chacune de ses toiles, à mesure que couleurs, ombres et lumières prennent formes ; et à mesure que cette superposition logique de couches, de touches et de couleurs chargées de sincères émotions y sont déposées. Dès lors, nous sommes devant une  agréable symphonie interactive et dont Barbara Abou-Hilal semble en être consciente tout au long de sa composition.
Avec Barbara, on peut dire que toutes ces années de peinture ont abouti à une belle expression d’un artiste authentique à la personnalité très marquée. Et malgré son évidente expérience, elle demeure profondément habitée par sa passion qui veut avant tout communiquer et tracer un sillon pictural avec le souci constant de respecter ce qu’elle peint.
Barbara Piekarska ABOU-HILAL  expose à Londres à partir du 19 janvier.


2/1/2017
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En toutes Lettres… / Tendances de la littérature marocaine actuelle : / L’exemple de E.A. El Maleh

Abdellah MDARHRI-ALAOUI

2- Comment cette communauté qui a connu le pire génocide de l’histoire humaine sous le nazisme peut-elle être amenée à être le bourreau d’un peuple qu’elle déracine, le peuple palestinien
Nessim, le personnage central du roman, prend conscience de ce double drame un matin de juin 1981 : il voit la photographie d’un enfant palestinien du journal, mutilé par des bombes israéliennes, lors du massacre de Sabra et Chatila. Cette image pénible le pousse à revoir la vie de la communauté juive au Maroc à partir de son propre vécu : tous les souvenirs manifestent des liens intimes entre les juifs et la population arabo-berbère à Essaouira, Safi, Marrakech, Amizmiz. Les lettres familiales le confirment : en particulier, celles du grand-père précieusement gardées dans le «Coffret du thuya».
Le narrateur ne peut alors s’expliquer le départ brutal des juifs marocains en Israël. Le récit se double d’une transposition de Nessim dans Beyrouth défigurée, à la recherche de l’enfant assassiné. Les visions de l’imaginaire se mêlent à celles de la mémoire, et Nessim fusionne avec les victimes de la guerre : les scènes finales décrivent le narrateur, entre l’éveil et le cauchemar, en témoin et victime de massacres à Tel Aviv et Jérusalem. Policiers, juges et religieux fanatiques sont représentés comme les acteurs du drame sous le regard innocent de Sarah, enfant marocaine d’origine juive de 10 ans, transplantée dans ce décor d’horreur qui rappelle les tragédies du peuple juif dans le passé.
Après cette descente aux enfers, Nessim, nouvel Ulysse, se retrouve à la table d’un café où il a rendez-vous avec un chroniqueur; mais il n’y trouve que quelques notes dispersées: les événements s’effacent derrière la réalité du texte, seule compensation qui permet à Nessim de continuer à vivre. Ici encore, l’écriture est le seul salut.
Mille ans un jour s’achève ainsi sur une réflexion sur la littérature, thème permanent de toutes les œuvres, et qui se développe davantage dans Le Retour d’Abou El Haki, la dernière œuvre de E. A. El Maleh. Ce «retour du récitant» est une quête initiatique d’un «voleur d’histoires» à travers des événements, personnages, temps, espace : le but est de restituer le sens et l’essence de la société marocaine judéo-arabe et berbère que la civilisation musulmane a fait s’épanouir. L’histoire présente montre certes son échec devant la civilisation occidentale, mais cela ne peut pas faire oublier la grandeur de ses valeurs, et de ses possibilités d’adaptation au monde moderne. Une telle lecture se vérifie dans le récit épi co-lyrique de vie d’individualités marquantes comme Amine El Andaloussi, Sofiane Abou El Raki, Ahmed El Ghazouli. L’auteur de ces évocations ici est le narrateur lui-même qui se présente comme avancé en âge; mais l’euphorie du récit de ces figures prestigieuses le font vivre dans une sorte d’atemporalité dans des espaces et des périodes pluriels. Tout au long de ce voyage dans les différents lieux de la civilisation musulmane (Fès, Marrakech, Le Caire, l’Andalousie, l’Inde), un hommage est rendu à la tradition musulmane de savoir, de culture et de refus de tyrannie, contrastant avec la violence de certaines idéologies actuelles. L’illustration est donnée encore ici par la violence en Israël à l’égard du groupe arabo-juif, Sarah et Ismaël qui s’aiment, mais sont séparés brutalement parce qu’ils sont d’origine ethnique différente.
L’évocation s’accompagne du plaisir de la méditation sur les vertus et les joies de l’écriture. Le bonheur de l’exploration de ces vies est entretenu par l’image de Nezha dont la présence paradisiaque et érotique alimente la narration. Elle est source de toutes les pérégrinations réelles ou oniriques, en particulier quand le récit se focalise sur Sofian Abou El Raki, prototype de l’écrivain et avec lequel il a, comme Aissa, différentes affinités. [ ... ]

Tendances esthétiques

Pour exorciser les événements traumatiques que nous avons évoqués, E.A. El Maleh restitue les faits vécus d’une histoire refoulée : tableaux de vie sur les fêtes, les mariages, les naissances, les deuils ... Mais plus que par leur représentation, ils prennent sens et valeur à partir de la force verbale du texte. La littérature rend possible la renaissance d’un être que le récit célèbre. Cette élaboration se réalise par le choix du genre et la particularité stylistique de l’écriture.

Le choix du genre

Le roman, genre le plus libre en littérature, rend compte efficacement de la problématique de l’œuvre: restituer une vie, individuelle et collective, dans ses dimensions historique, culturelle, philosophique. Le roman est ici un récit synthétique qui associe les différentes expressions, autobiographique, poétique et réflexive, qui servent la fiction.
De nombreux événements, surtout dans Parcours immobile, évoquent la vie même de l’auteur : famille, amitiés, amours, engagement social et politique ... Les procédés fictionnels servent ici l’autobiographie : l’étude des noms de personnages et des pronoms renvoyant au narrateur montrent le lien entre les personnages de fiction et l’auteur: le choix des divers sujets dans la progression du récit, répond à un besoin d’exprimer les différentes facettes de la vie personnelle. Elle s’élabore en fonction du travail de la mémoire, de l’étape historique et de l’évolution de la personnalité de l’auteur. La relation étroite auteur-narrateur-personnage, à la base du récit autobiographique, est renforcé ici par le croisement identitaire des personnages (notamment Josua-Aissa), ce qui permet de saisir une vie dans toutes ses nuances. Par ricochet, le lecteur marocain est lui-même interpellé par les scènes de la vie et de la mort, l’amour et la haine, le réel et l’imaginaire. Celles-ci en effet sont ancrées dans des événements auxquels il ne peut être insensible: l’avènement de l’indépendance, les émeutes de 1965 et 1981, le drame palestinien ...
La fictionnalisation de cette réalité donne une vue plus juste aux événements: le prisme de la subjectivité que le texte élabore traduit davantage les rapports qui orientent les êtres humains.
L’histoire trouve de nouvelles dimensions dans l’expression philosophique: la réflexion méditative est fréquente dans le récit. Elle a trait à la critique des idéologies, surtout dans Parcours immobile ou Mille ans un jour; au devenir des civilisations, dans Le Retour d’Abou El Haki; à la mémoire comme nécessité pour la vie, dans toutes les œuvres. Mais la réflexion sur la littérature est la plus développée: en cela, E.A. El Maleh se rapproche d’écrivains - qu’il convoque d’ailleurs abondamment dans son texte - comme Borges, E. Jabès, W. Benjamin, M. Blanchot, M. Proust, E. Canetti. De ce point de vue, El Maleh est proche de tout un courant littéraire maghrébin actuel représenté par A. Khatibi, A. Meddeb, T. Ben Jelloun. L’intérêt principal de la réflexion philosophique est de donner aux énoncés narratifs toute la signification des événements évoqués. Contrairement à son fonctionnement dans l’essai, ce type d’énoncé, comme le récit qui les inclut, a une expression poétique: elle le préserve de toute récupération qui guette le discours idéologique dans le texte dénoncé. Elle le rend accessible à un monde refoulé. C’est dans ce travail du langage que résident les valeurs stylistiques particulières de l’œuvre d’El Maleh.

Caractéristiques stylistiques

Dans la narration comme dans la réflexion méditative, le fonctionnement de la mémoire et de l’imaginaire privilégie la métaphore. Certaines ont une portée particulière : par exemple, le nom de Nessim, figure dominante de Mille ans un jour, qui signifie en arabe «vent léger et agréable». Celui de Nezha dans Le Retour d’Abou El Haki, qui veut dire «promenade». Ces images sont reprises dans les métaphores métanarratives qui définissent le récit comme «vent, «voyage», «fleuve», «désert» : ainsi la narration, comme le discours qui la commente, peuvent exprimer, par ce type de métaphores, le mouvement même de la vie; le texte dans son ensemble, jouant sur la circulation entre la narration historique, la réflexion et la poésie, suggère cette expression et se donne comme métaphore. Sur ce plan, certaines pages ont un effet particulièrement saisissant : par exemple, les lettres épico-Iyriques du grand-père dans Mille ans un jour.; le récit du voyage de Amine El Andaloussi dans Le Retour d’Abou El Haki; l’évocation de l’enfance dans Parcours immobile ou de l’amour de Nezha dans Le Retour d’Abou El Haki.
L’effet de mouvement est produit par la construction même de la phrase: celle-ci semble obéir plus au rythme de l’énonciation orale qu’aux contraintes de la grammaire du texte écrit, ce qui explique sa construction particulière: phrases très longues, ponctuation arbitraire, fragmentation de l’énoncé, infractions grammaticales produites par l’emploi fréquent des ellipses, télescopage de temps verbaux incompatibles, utilisation incongrue d’embrayeurs, parenthétisation excessive, répétition de certaines expressions. Cette incohérence stylistique rend sensible la liberté du mouvement de la parole qu’accentuent les variations du rythme et des intonations de l’association plurielle des images. Au-delà de la phrase, c’est la logique même de la narration qui se trouve bouleversée.
L’association imprévue d’énonciation d’événements, d’espaces, de temps, de registres nous oblige à des déplacements continuels d’un univers référentiel à l’autre; il arrive fréquemment que les fondements de la logique narrative classique - chronologie de événements, permanence de l’identité, stabilité des espaces - soient perturbés. Mais une autre logique est à l’œuvre: celle de l’imaginaire et de la mémoire que l’écriture littéraire, dans sa spécificité, permet d’appréhender. L’association d’événements, de propos, de lieux différents, obéit à un principe métaphorique ou analogique. A l’instar de la formation onirique, le récit sélectionne et associe en surimpression les portraits, les actions, les scènes concourant au même effet: la violence, l’amour, les correspondances interculturelles ... Le récit peut se fonder sur un principe itératif pour convoquer plusieurs fois une même image, une même idée, un même événement à des endroits inattendus du texte: la figure de l’enfant mutilé du Liban dans Mille ans un jour, l’image de Nezha dans Le Retour d’Abou El Haki, la grève de 1965 à Casablanca dans Parcours immobile ...
La représentation diégétique, constamment fragmentée, anachronique, énonciativement ambiguë, trouve son intelligibilité dans le principe sous-jacent qui ordonne l’association ou la répétition de ses unités. Amplifiant leur signification, cette technique donne une autre vision au réel qu’elle fait vivre autrement et plus intensément, comme sous l’effet d’une obsession verbale : car ici, c’est le verbe qui donne vie. La meilleure expression est le jeu introduit par la polyphonie narrative. El Maleh met l’accent sur l’engendrement des paroles multiples que crée ce langage: chaque être semble habité par des voix dont il est en quelque sorte le traducteur, l’intercesseur et le témoin en même temps. D’où cet arrière fond sonore de paroles et de bruissements qui donnent à la mémorisation la force du vécu. Tantôt insaisissables, tantôt fuyants, les échos de voix multiples tissent le texte dans ses colorations nuancées: interjections, appels, lamentations, murmures, réflexions, hymnes, prières, postures énonciatives qui dramatisent et fictionnalisent le récit jusque dans ses «masques» vocaux. Ceux-ci circulent dans l’œuvre et d’une œuvre à l’autre, s’appelant, se distinguant, s’interpénétrant dans un continuel miroitement.
Le principe de vie qui commande en profondeur la logique du récit d’El Maleh explique ce mouvement bouleversé de surface textuelle dans ses associations incompatibles et ses constructions hétérogènes : engendré par les processus du rythme, des sonorités, des images et de la syntaxe. Ce mouvement impose la reconnaissance d’une identité : celle d’un texte et, au-delà, celle de son énonciateur.
1 Cet article est initialement consacré à El Maleh et Serhane, nous en gardons uniquement la partie concernant notre invité. Voir la référence en fin d’article pour consulter la version complète. (A. Baïda).

2/1/2017
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A la Galerie d’Art Kaïs / Une exposition de photographies d’art de l’artiste libyen Abdulbast Jahani

Sidi Ahmed BAKKALI

Sous le thème : La photographie des instants exceptionnels, l’artiste libyen Abdulbast Jahani expose jusqu’au 31 décembre 2016, à la galerie d’art Kais Rabat-Agdal, ses photographies. Abdulbast Jahani est la trempe et de la lignée des grands photographes d’art internationaux.
C’est un diplômé des études supérieures de l’Académie des Arts et information de Tripoli. Son palmarès est bien rempli, son parcours est éloquent et étoffé : Auteur et producteur de plusieurs courts métrages (primés), président de la première édition des films de court-métraged de l’Institut Supérieur des Technologies des Arts de Tripoli-Lybie 2008, membre de la rédaction de la revue « Affaires culturelles » Tripoli-Lybie, en 2010, docteur Es-Lettres et Arts Méditerranées, chef du département du cinéma et télévision à l’institut supérieur des technologies des arts jusqu’à 2013, Tripoli-Lybie. En somme une éminence grise de haut niveau et un chercheur émérite digne d’estime et dont le talent est à prendre en considération. Par sa nature rêveuse, il tisse avec un fil de soie ce qui semble sa sensation avec la rencontre des choses globales qui émergent à la surface d’une existence inquiète pour hypothéser et prévoir un jeu différent qui contient un instant se mélangeant avec l’autre, et déclare l’unité avec des images exceptionnelles.
Une sorte de vision poétique et intime des révélations du quotidien à conjuguer à tous les temps d’une esthétique du beau et du sublime. Rêverie éveillée d’un chercheur solitaire et d’un narrateur qui grâce à son objectif nous procure par la diversité, la qualité de ses photographies d’art, le plaisir de voir des choses qui entourent notre vie éphémère de communs mortels malgré toutes sortes de laideurs dont on subit le sort. Abdulbast Jahani est-il un esthète ou un philosophe à la recherche d’une lumière intérieure (…) 
Difficile de décoder ou de comprendre son message (ni documentaire simpliste ni visionnaire ou celui d’un rêveur en quête d’un paradais perdu et retrouvé). Des photographies d’art sont-elles des propositions pour nous permettre de nous évader de certaines réalités de la vie et de goûter le charme des choses et des êtres qui nous entourent 
La lecture plurielle de ses photographies est semblable à un enchantement perpétuel de nos sens et un véritable plaisir pour les yeux. Photographies débordantes de lumière et d’un imaginaire trop riche et plein d’interrogations.

2/1/2017
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Salon International de l’Art Contemporain à Marseille / Abdel-Ilah Chahidi expose ses œuvres insolites

Hassan Nour (critique d’art)

Dans le cadre de la 17 ème édition du Salon International de l’Art Contemporain à Marseille ( Parc Chanot ) tenue du 10 au 13 mars 2017, l’artiste marocain de renom Abdel-Ilah Chahidi est sélectionné avec mérite pour présenter ses œuvres artistiques insolites, et ce après une participation judicieuse à la manifestation créative grandiose «  Barcelona International Art Fair 2016 » aux côtés des artistes talentueux , toutes tendances et provenances géographiques confondues : Pierrick Her ( président de la Mondial Art Academia ), Dominique Bergeret, Patricia blondel , Muriel Besson Braem, Sandrine Etienne, Margo, Valerie Polizzano , Maryse Reboul, Daniel Olivier, ( France ), Sylvia Bertolini , Marie-Noëlle Gagnan , Zabel, Raymond Quenneville, Martine Vallée ( Canada ), Arco Farc ( Belgique) et bien d’autres encore.
Sur son calibre artistique, Pierrick Her ( président de la Mondial Art Academia )  a écrit : «Abdel-Ilah Chahidi, tu as l›étoffe d›un grand artiste...le talent, la classe, l›élégance et la gentillesse...bref.....Mondial Art Academia est fière de te compter parmi ses membres ». Ce plasticien chercheur est hypersensible et très doué. Par ses études des «  connotations rhétoriques de la femme en tant que mythe vivant », il capte et restitue en couleurs alchimistes la beauté à la fois apparente et latente de la femme, et ce dans une gestualité généreuse et fluidité chromatique surprenante. Il a bien voulu transgresser les canons classiques de la peinture figurative pour intégrer un espace d’expression plastique plus vaste et éloquent, celui de création merveilleuse et magico-poétique en général.
La dimension absracto-figurative de ses tableaux ne se borne pas à une simple énonciation anecdotique  mais implique la notion de rêve liée à celle de représentation subjective. Abdel-Ilah Chahidi met en toile les repères de notre mémoire collective loin de toute aliénation et perte d’identité. Il détourne le sens de ses scènes insolites qu’il perçoit et perturbe la lisibilité immédiate de son œuvre qui connote très souvent la jouissance les atmosphères humanisées.
L’élément référentiel de base est pour cet artiste les traces de la mémoire ; les couleurs du rêve et la polyformité des tâches juxtaposées à travers un traitement stylistique évoquant la rhétorique de la profondeur, de la transparence et de la substitution.
Abdel-Ilah Chahidi nous invite à contempler ses œuvres fantasmagoriques dont le point de base est le sens fugace de la réalité magique au féminin et la métaphore du corps qui ne perd pas son identité iconographique pour se muer en impressions étranges, à la limite de la visibilité connotative. Il a pu inventer une nouvelle façon, méditative, de peindre, que la critique esthétique définit comme peinture en champs de couleurs et de figures insolites qui se métamorphosent en fonction de cette dualité «  jour et nuit ».
Il est à rappeler qu’Abdel-Ilah Chahidi a pris part à la quatrième édition du Salon d’Automne d’Amérique latine à Sao Paolo en mai dernier aux côtés de 119 autres artistes des quatre coins de la planète. Il a représente le Maroc dans l’un des rendez-vous phares de l’art contemporain de par le monde : Tokyo International Art Fair au Japon en mars 2017. Mais bien avant, le plasticien a exposé ses œuvres récentes à Florence en Italie. L’artiste, qui fait partie depuis un an déjà de la «Mondial Art Academia», avec le titre de chevalier académicien, en reconnaissance de son parcours riche et sa recherche plastique perpétuelle, a reporté le prix de «  meilleure œuvre selon les galeries d’art ».
Abdel-Ilah Chahidi a remporté le grand prix de la catégorie «  peinture surréaliste » au titre de la compétition «  meilleure œuvre plastique arabe dans le monde »( le trophée mondial des créateurs arabes) dans le cadre du Forum International des arts plastiques «  Art London International Exhibition & Award » initié récemment par l’organisme mondial des prix créatifs Arabs Group et parrainé par le centre culturel de l’Ambassade d’Egypte au centre de la capitale britannique..

2/1/2017
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Interview de Leila Cherkaoui au journal «Gibraltar Chronicle» : / Les signes viennent vers moi et m’interpellent / Je suis habitée par une recherche constante de la lumière

L’artiste Leila Cherkaoui a participé dernièrement au « Gibraltar Literary Festival ». Il a eu l’occasion de lire des poèmes de son recueil « Signe sans signe » à la « Garrison Library » devant un public attentif et participatif et d’éprouver des émotions véritables partagées avec le public dans une atmosphère des plus agréables et attachantes. L’exposition entant que première femme à « l’ Espace 92 » lui a permis de faire la connaissance de personnes plus qu’accueillantes dont Yan Delgado, José Luiz Martinez, Trino Cruz, Paul Cosquieri, Jennifer Ballantine Perrera…. Entretien  accordé au journal anglophone « Gibraltar Chronicle» (Gibraltar Chroniqueur ):

Qu’est-ce qui vous a poussé  
à vous adonner à l’art et
en particulier à la peinture

A : j’ai rêvé, j’ai touché et j’y suis depuis sans relâche, imprégnée par la matière, transportée par l’émotion quotidienne devant des faits, des idées et des images. Ma source d’inspiration vient de très loin.Vu mon parcours de vie, je ne pouvais être que sur la voie de l’art, de la création, suivre à la trace tout ce qui marque un chemin......!!!

L’acte de peindre pour ma part est vital, une pulsion, une passion  et une nourriture. Je ne conçois pas  de vivre sans  ce besoin qui fait partie de mon être....C’est une méditation quotidienne.  L’acte de peindre est omniprésent,  il suit mon inspiration et mon expiration... la vie est peinture....! Les mots sont une note en plus. Ils me permettent de  voyager et de toucher la créativité autrement...! Il faut persévérer, travailler, créer et suivre son chemin d’une façon authentique, sincère et personnelle .La peinture est un acte d’amour, de respect et de fidélité.....!!!

Est-ce arrivé naturellement et comment cela s’est développé

A : Avoir perdu des êtres chers très jeune, en plus de ma timidité, m’a permis de développer un langage personnel. Je suis habitée par une recherche constante de la lumière ......Un questionnement   sur la vie, la mort ...... Je reste attentive à tout ce qui se passe dans ce monde....respirer, sentir les choses. Qu’est ce qui aurait pu décrire tout cela mieux qu’un moyen d’expression tel que la peinture  qui nourrit non seulement l’esprit et  me permet aussi de véhiculer et transmettre  mes idées sous plusieurs formes.
C’est une recherche approfondie sur la mémoire. L’atmosphère est mon vecteur... Cela pourrait être la nostalgie après avoir revisité les endroits dotés d’une âme  ou juste retranscrire ce que je ressens sur le moment  même, en créant et en continuant sur le support une émotion  ou une expérience vécue, imagée. Toujours dans le doute à la recherche du pourquoi des choses...!

Est-ce difficile de développer ce type de talent naturel au Maroc  et quelle a été votre expérience à cet égard

A : Ceci étant, il est n’est pas facile de développer cet art en tant que femme, au Maroc comme ailleurs, car nous avons  deux sortes de créations, d’abord en tant que mère avec toutes les responsabilités que cela implique et en tant que peintre.....!!! Persévérance et patience. Avec le travail exigeant, on finit par être entendu et à s’imposer.

Qu’est ce qui vous influencé
L’école de la vie.
 
Pourquoi « Signe sans signe »

A : Signe sans signe se réfère à un de mes poèmes. En traversant le temps, voyage après voyage, les signes viennent vers moi, m’interpellent sans que je les cherche vraiment pour donner vie à mon ressenti en couleur et en mots......!!!!

Qu’est- ce que l’Atelier de Création
 
A : L’atelier de création est un espace où je conçois mes peintures et mes sculptures et que j’ouvre de temps en temps pour accueillir d’autres artistes.

Quelles sont vos impressions
sur l’exposition à Gibraltar

A : Les gens sont avenants et très aimables. Déjà  en arrivant à l’aéroport j’ai été frappée par la gentillesse de l’accueil. J’ai aimé le paysage aussi..... L’exposition m’a permis de faire la connaissance de personnes plus qu’accueillantes et gentilles dont Yan Delgado, José Luiz Martinez, Trino Cruz, Paul Cosquieri, Jennifer Ballantine Perrera…. Le lieu de l’exposition, « Espace 92 », est un endroit plein de charme, doté d’une âme...... comme je les aime et je suis très heureuse d’avoir été la première femme peintre à exposer dans cet espace. Par ailleurs, comme je suis venue pour participer également au « Gibraltar Literary Festival », dont, je tiens à le souligner, l’organisation est impeccable, je dois dire que l’expérience a été des plus enrichissantes et positives. J’ai eu l’occasion de lire de la poésie à la « Garrison Library » devant un public attentif et participatif et d’éprouver des émotions véritables partagées avec le public dans une atmosphère des plus agréables et attachantes. C’est avec plaisir que je reviendrai à Gibraltar.

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Propos recueillis par « Gibraltar Chronicle »Traduit de l’anglais par : D.A

2/1/2017
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L’artiste peintre Aloumari Mostafa  / Souvenirs d’enfance

Latifa Mouatassim (Critique d’art)

Aloumari Mostafa, célèbre par le pseudonyme  «  Almajdoub », a participé dernièrement à la 3ème édition de l’exposition internationale « Les mains qui voient » organisée par l’Association «  Création et Communication» à l’Espace «  La Coupole » en hommage à la mémoire de l›artiste peintre Ahmed Cherkaoui (1934-1967), pionnier de l’école du signe.
Aloumari Mostafa est un artiste autodidacte (né en 1968 à Casablanca où il vit et travaille) qui présente un bouquet de toiles de moyens et grands formats, sous le thème « couleurs de l’enfance ». Il investit un univers semi-figuratif, où l’esprit des formes connote une contemplation spirituelle.
Lauréat de l’école de la vie populaire, Almajdoub est un fervent partisan de la simplicité et de la pureté. Il accorde une grande importance aux détails ; aux couleurs gaies, et à la représentation figurative de sujets quotidiens voire profanes .En revisitant les univers naïfs des arts traditionnels, ce qui est àl’origine de son exercice pictural , il essaie à sa guise de conserver quelques expressions ancestrales , en relatant leurs racines mémorables dans ses tableaux , car pour lui l’art doit être un état pure à l’image de notre première nature. Almajdoub a bien voulu nous confier: « tout ce qui est pur et spirituel me fait vibrer. Je me sens en perpétuel mouvement voire en osmose avec moi-même et les autres. Comme vous le savez, chaque artiste revalorise sa culture, sa mémoire et son patrimoine. Les petits détails de la vie quotidienne sont une merveille ! Ils m’inspirent et me procurent beaucoup d’émotion et d’imagination. Le fantastique me libère et m’emporte comme un état de transe. Et c’est le style oniriste qui me dicte mes sujets et l’approche chromatique à adopter. Tous ce qui appartient à notre mémoire collective est en moi. L’imagerie populaire est pour moi une élévation. Je me sens très proche de la nature et de la vie humble, c’est une thérapie. Je deviens un élément de la nature, je transcende. Le style que j’adopte pour mes images fantastiques est tout à fait différent de mes premiers travaux, c’est l’art brut. J’utilise beaucoup de couleurs vives et de figures innocentes. Je m’inspire des dessins des enfants et des fous … Ici, c’est en quelque sorte la rhétorique de l’image naturaliste qui efface tout ce qui n’est pas pure, artificiel et apparent. Je voudrais retrouver mon imagination créative et garder la tête pleine d’émerveillement, de recueillement, et d’expériences d’aujourd ‘hui. «
Les tableaux de l’artiste Almajdoub est un récit esthétique, polyforme : un récit narratif basé sur des exagérations de la couleur, des signes et des gestes. Il porte sur le dessin direct émanant intuitivement de la mémoire du cœur et de l’esprit.

2/1/2017
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Du 17 au 21 mars / Le 5ème Festival international du théâtre de Tanger

La 5ème édition du Festival international du théâtre de Tanger se tiendra du 17 au 21 mars prochain, sous le thème «théâtre et culture de la paix», à l’initiative de l’Association Al Kantara.
La Chine sera l’invité d’honneur de cette édition en vue de mettre en valeur le théâtre, la culture et les arts chinois, à travers la présentation de pièces théâtrales et l’organisation d’ateliers artistiques et des conférences sur la culture et la civilisation ancestrales de ce partenaire économique stratégique du Royaume, indiquent les organisateurs dans un communiqué.
Cette manifestation culturelle sera également marquée par la présentation de pièces théâtrales de troupes issues de plusieurs pays et l’organisation d’expositions artistiques et d’ateliers sur les techniques théâtrales et les différentes spécialités liées au théâtre.
Elle sera ponctuée aussi de conférences sur des questions en rapport avec la création et la critique théâtrales, qui seront encadrées par des chercheurs et des critiques marocains et étrangers.
Selon les organisateurs, la célébration du théâtre en tant que pilier fondamental du développement économique, touristique, culturel et social du Royaume, vient consacrer la position du Maroc comme terre d’accueil, de tolérance et de coexistence entre les civilisations et les religions, et vise à offrir une plateforme de dialogue intellectuel et culturel à même de promouvoir le «père des arts».
La précédente édition du festival avait rendu hommage à l’homme du théâtre et l’un des fondateurs du groupe Nass Al Ghiwane, Omar Sayed, au metteur en scène, Jamal Al Abraq, et au comédien espagnol, Salvador Tavora.

2/1/2017
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