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        Environnement
 Première édition du "Business Dialog"
Pour une gestion durable et optimale des ressources hydriques

Les participants à la 1ère édition du "Business Dialog" de la Coalition Marocaine pour l'Eau "COALMA", dont les travaux ont été officiellement ouverts, vendredi à Marrakech, au Musée Mohammed VI pour la civilisation de l’eau au Maroc, ont plaidé en faveur d’une gouvernance "intelligente", "inclusive" et "efficiente" en vue d’assurer une meilleure gestion durable et optimale des ressources en eau.
Intervenant à l’ouverture de ce conclave, initié sous le thème "Risques naturels et ressource en eau: Quelle gestion durable dans un contexte de changement climatique ", ils ont également insisté sur l’importance prioritaire de la protection et de la préservation des ressources hydriques pour assurer aussi bien le développement de la planète que la sauvegarde des écosystèmes écologiques et naturels. 
Dans ce sens, le président du Conseil Mondial de l’Eau, Loïc Fauchon, a indiqué que le monde connaît aujourd'hui une accélération des crises de toutes sortes, dont celle hydrique, ajoutant que l’évolution du climat et le dérèglement climatique ne doivent pas être le "bouc-émissaire de nos erreurs", surtout que le changement climatique est dû réellement à la forte croissance démographique et à l’urbanisation sans limites.
"Indépendamment des risques naturels, notre préoccupation aujourd'hui à l’échelle de la planète c’est d’être en mesure de fournir suffisamment d’eau douce, d’eau traitée et d’eau potable pour faire face à la croissance de la population et à tous les effets conjugués de cette croissance", a-t-il dit, soutenant qu’il faut "faire face à nos responsabilités qui sont le fruit de l’inconséquence de nos décisions", "s’intéresser à l’offre en eau" au profit des générations futures et "veiller à l'augmenter et surtout à la conserver".
M. Fauchon, qui a fait remarquer que la plupart des pays dans le monde, y compris les plus développés, font face aujourd'hui à des crises d’eau, essentiellement liées à la conservation de cette denrée vitale, a plaidé pour la construction de réserves en eau et de barrages, tout en saluant la politique prônée par le Maroc dans ce sens depuis plusieurs décennies.
"Le Maroc a eu la chance d’avoir un Roi, Feu Sa Majesté Hassan II, qui a mené une politique de barrages exemplaire", a-t-il affirmé, faisant savoir qu’il faut veiller, dans les décennies à venir et partout dans le monde, à la construction de plus de capacités de réserves d’eau et de barrages, et au respect de la biodiversité et des écosystèmes ainsi qu'à la restauration des milieux naturels.
M. Fauchon a aussi insisté sur la nécessité de la maîtrise de l’usage de cette matière vitale en veillant à gérer les diverses ressources existantes d’une manière correcte, notamment à travers la réutilisation des eaux usées et le dessalement de l’eau de mer, tout en mettant fin au gaspillage de l’eau par les populations agricoles, industrielles et domestiques.

Il a, en outre, appelé à la conscientisation de la jeunesse quant à l’importance de l’eau, de son économie et de sa préservation, tout en soutenant que "cela ne nous exonère pas des décisions politiques", d’où l’importance d’intervenir au niveau des trois piliers de l’action politique de l’eau: "gouvernance, finance et connaissance".

La gouvernance de l’eau "laisse beaucoup à désirer dans le monde", d'où l’impératif d’une gouvernance plus "démocratique" pour rapprocher cette denrée des populations, tout en assurant le financement "partagé" des énormes besoins en eau et de l’assainissement, a-t-il expliqué. Quant à l’aspect connaissance, M. Fauchon a plaidé pour le passage du concept du transfert des connaissances "Nord-Sud" à l’échange harmonieux et pur et simple des capacités et des connaissances, insistant sur la nécessité de convaincre les décideurs politiques et économiques de l’importance prioritaire de la gestion durable de l’eau.

De son côté, le président du Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE), Ahmed Reda Chami, a précisé que ce genre d’événement permet de "remobiliser les énergies" autour de la question vitale de l’eau, rappelant que le Conseil a réalisé deux rapports dans ce sens, le premier sur la gouvernance concernant la gestion des ressources hydriques et le second relatif à l’impact du changement climatique sur les politiques publiques. Deux documents, a-t-il dit, qui ont abordé les différentes dimensions de cette problématique et livré des recommandations pertinentes.

Mettant en avant l’importance extrême de ce sujet qui ne suscite pas assez de mobilisation non seulement des politiques mais aussi de l’opinion publique, M. Chami a souligné que Feu Sa Majesté Hassan II a été un "grand précurseur" de la politique des barrages.

Après avoir abordé les questions du "stress hydrique" et de la "pénurie d’eau" dans le Royaume, il a plaidé pour une "vraie vision prospective et directive" des besoins dans ce domaine, à travers une vision très claire des besoins actuels et futurs au niveau national, la rationalisation de la gestion et de la demande en eau par les politiques publiques, la prise en compte des répercussions climatiques et territoriales dans la planification de la gestion de l’eau, à travers les Plans Directeurs d’Aménagement Intégré des Ressources en Eau (PDAIRE).

M. Chami a notamment appelé à élaborer un programme national d’économie d’eau potable, industrielle et agricole, sachant que l’agriculture demeure le secteur qui consomme le plus d’eau, à s’assurer de "l’efficacité hydrique" pour les projets d’investissements, notamment pour l’agriculture, l’industrie et le tourisme, à renforcer et moderniser le processus de maintenance et d’entretien des barrages, et à mettre en place un vrai programme de développement massif des ressources non conventionnelles en eau (dessalement d’eau de mer, traitement et réutilisation des eaux usées et épurées, etc).

"Le Partenariat Public-Privé (PPP) est une véritable voie pour le développement de beaucoup de pistes dans ce domaine vital", a-t-il insisté, plaidant en faveur du transfert entre les bassins hydriques excédentaires et déficitaires, de la préservation des ressources en eau existantes à travers l’application du principe "pollueur/payeur", du renforcement des attributions, moyens et des capacités de la police de l’eau, de la relance du Conseil supérieur de l'eau et de l’institutionnalisation par décret de la Commission interministérielle de l’eau pour s’assurer une convergence d’actions entre les différents acteurs concernés. 
Et M. Chami d’appeler en conclusion à une "fiscalité environnementale incitative" pour la préservation et la protection des ressources en eau.

Pour sa part, le président du Comité préparatoire du 9è Forum Mondial de l’Eau, prévu à Dakar (Sénégal), M. Abdoulaye Sene, a loué le leadership emblématique, l’engagement historique et surtout les réalisations du Royaume qui "nous inspirent les solutions en matière d’eau en Afrique et aussi à travers le monde".

Il a indiqué que cette rencontre intervient à un moment où l’inquiétude se généralise face à la crise de l’eau, exacerbée par les risques naturels, dont le changement climatique, qui occasionnent chaque année des milliers de victimes parmi les populations les plus fragiles et les plus pauvres et des dégâts pour l’environnement, et font perdre aux économies les biens de productivité et de croissance.

Relevant que les enjeux sont nombreux et énormes, il a estimé que le fait de "mieux connaître, de mieux gérer ces risques et de les transformer en opportunités" dans le cadre d’une gouvernance "intelligente" pour consolider la résilience des communautés sont autant de grands défis que les sociétés doivent relever pour l’émergence de communautés "plus résilientes".

Et de poursuivre que cette gouvernance "inclusive" et "plus intelligente" requiert l’implication de tous les acteurs et intervenants, ce qui permettra de mettre en place des stratégies et des solutions d’avenir, tout en mettant l’accent sur la nécessité de la fédération des énergies et des expériences pour parvenir, dans le cadre du processus préparatoire du Forum mondial de l'eau à Dakar en 2021, à "construire des solutions, mettre en œuvre des réponses et surtout imaginer les initiatives qui nous permettront d’accélérer l’accès universel à l’eau et garantir la sécurité de l’eau".

S’exprimant au nom de la Confédération générale des Entreprises du Maroc (CGEM), le président de la Commission CGEM-Nouvelle Economie Climat, M. Saïd El Hadi a souligné l’importance de la cause de l’eau pour le Maroc, en tant que levier de développement extraordinaire, relevant que l’organisation patronale a depuis toujours fait de cette question une "priorité" dans son programme et ses actions.

Il a expliqué que la CGEM a accompagné, pendant une vingtaine d’années, les entreprises marocaines pour améliorer leur consommation d’eau, rappelant que cette institution a organisé le premier Business dialogue en 2016, qui a été l’occasion pour la création de COALMA à l’initiative de la CGEM, en tant que plateforme singulière et extrêmement importante dans la gouvernance nationale de la question de l’eau.

Notant que la problématique de l’eau dans le Royaume est "inquiétante" et "aiguë", comme en témoigne les chiffres, M. El Hadi a indiqué que ce problème existe depuis longtemps mais s’est aggravé en raison des effets du changement climatique, soulignant que les entreprises marocaines doivent ainsi s’inscrire "fortement et résolument" dans cet engagement à l’égard de la question de l’eau.

Il a estimé que le concept de l’"efficacité hydrique" doit être généralisé davantage au sein des entreprises à l’instar de celui de l’efficacité énergétique, ajoutant que les entreprises sont appelées à adhérer pleinement à la cause de l’eau à l’échelle nationale, en tant que partie prenante essentielle dans le dialogue et la gouvernance nationaux en la matière.

Ces entreprises doivent aussi "porter leur responsabilité citoyenne" à l’égard de cette question, a-t-il renchéri, insistant sur l’impératif de la mobilisation collective (entreprises, gouvernement, différentes parties prenantes et société civile) pour trouver les bonnes solutions à cette problématique.

Quant à la Présidente fondatrice de COALMA et Gouverneur au Conseil Mondial de l’Eau, Mme Houria Tazi Sadeq, elle a indiqué que cette rencontre se veut un espace de partage des réflexions sur un thème majeur qu’est la gestion des risques liés à l’eau dans une perspective de développement durable, ajoutant que les différents Discours Royaux ont mis l’accent sur l’importance de l’eau et son rôle clé dans la dynamique de développement et dans la préservation de la stabilité.

Et d’ajouter que COALMA, consciente de l’impact de la question de l’eau et en ayant intégré le paradigme du changement climatique, a opté pour ce thème pertinent et souhaite ainsi explorer avec les participants de nouvelles pistes de recherche et d’action pour présenter une proposition de gouvernance améliorée et de méthodologies et approches qui feraient partie du nouveau modèle de développement auquel aspire le Royaume.

Elle a émis le vœu de voir les conclusions de cette rencontre intégrées dans les travaux préparatoires du prochain Forum mondial sur l’eau à Dakar, tout en plaidant pour des recommandations "opérationnelles" qui pourraient offrir des pistes concrètes d’action qui placent l’élément humain au centre de toute stratégie d’avenir.

Relevant l’importance de la politique préventive pour la conservation des ressources en eau et la protection et la restauration des écosystèmes, Mme Sadeq a insisté sur l'urgence de l’action immédiate et de la bonne gouvernance et ce, en se dotant d’institutions résilientes qui favorisent la coordination en matière de prise de décisions, et qui veillent à la mise en place de stratégies reproductibles et de méthodes et approches inclusives, tout en soulignant l’impératif du renforcement des capacités pour une meilleure gestion durable des ressources en eau pour le bien-être des populations et de la planète. 

Organisé sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI, le "Business Dialog 2019" se veut un espace privilégié pour partager des réflexions et des retours d’expérience entre parties prenantes sur la thématique retenue, et élaborer des recommandations partagées par les participants, permettant d’apporter une contribution significative, tant au niveau des réponses aux engagements pris par le Royaume qu’au niveau de la gouvernance de cet enjeu au Maroc.

Ce conclave permettra notamment de sensibiliser les participants aux enjeux liés à la gestion des risques pour la ressource en eau, dans le cadre des différents référentiels applicables à cet enjeu, et d'identifier le rôle, les responsabilités et les moyens des différents acteurs de la gestion des risques naturels liés à la ressource en eau, et notamment ceux du secteur privé dans une optique de partenariat public-privé renforcé. 

29/4/2019
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