Directeur : Jamal HAJJAM           Redacteur en Chef : Ahmed NAJI
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Pour une égalité effective entre les hommes et les femmes / Quand l’associatif s’intègre dans l’éducatif / Témoignages de l’élève et de l’enseignant
200 jeunes lycéens(es) de 15 établissements scolaires publics de Rabat ont bénéficié de 5 ateliers dans le cadre du cycle de formation au profit de jeunes élèves, sous le thème : « Pour une égalité effective hommes/femmes. L’objectif étant une connaissance plus approfondie, via des outils innovants sur les Droits des femmes, les responsabilités civiques et la lutte contre la violence à l’égard des femmes. Comme mis en exergue par Mme Radia Laraqi, responsable du projet, c’est un programme qui a permis de relever le challenge de matérialiser le plaidoyer via des techniques innovantes, le digital et l’art comme outils de sensibilisation des jeunes sur les droits des femmes.

Bouteina BENNANI

Ce projet qui a réuni l’associatif, l’éducatif, ONU femmes pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, ainsi que certains artistes, rentre dans le cadre des 16 jours de sensibilisation sur la violence à l’égard des femmes, initiée par ONU femmes et qui se sont étalés du 25 novembre, journée commémorative de l’événement au 10 décembre, Journée Internationale des Droits de l’Homme. Et aussi d’un programme international de l’ONU intitulé : Villes sûres.
Entre 20 et 30 élèves par atelier et par lycée ou collège ont pu être initiés aux droits humains et à la citoyenneté, au développement personnel et à une meilleure expression par le biais du théâtre, de la caricature et de la vidéo. Sans compter les plus de 300 élèves qui ont participé aux activités, entre pièces de théâtre, vidéos et caricatures.
D’après la conclusion d’un rapport de l’OMS : « La négation des droits des femmes et le dénigrement de leur place dans la société sont les causes sous-jacentes des violences contre les femmes. Il est indispensable de faire progresser les normes sociales liées au genre, de promouvoir l’égalité et le respect entre les hommes et les femmes». Et c’est en fin de compte ce que l’association Jossour Forum des femmes marocaines a tenu à intégrer dans ce projet, a rappelé Mme Laraqi. A cet effet, le programme formation / sensibilisation», organisé par l’association Jossour Forum des femmes marocaines en partenariat avec ONU-Femmes, a touché 15 établissements secondaires de Rabat en matière de droits des femmes et de lutte contre la violence faite aux femmes. Il s’est attelé également à des activités qui permettent la libéralisation de la pensée et de la parole, autrement dit au développement personnel et à des modes d’expression tels que le théâtre, la caricature, l’écriture et la vidéo. Notre ambition est d’éveiller la conscience des élèves, de renforcer leurs capacités d’assimilation des principes de respect, d’égalité des sexes et de non-discrimination et de les inciter à réaliser des actions pour appliquer/dupliquer le savoir-faire et être acquis pendant ces formations. Elle a par ailleurs ajouté que, quoique le projet ait pris fin le 28 février 2017, il n’est pas vraiment clôturé, il ne fait que commencer car les jeunes participants (es) sont engagés pour une cause qui nous rassemble. Il nous a permis de découvrir des talents artistiques à travers la valise pédagogique que les formateurs ont livrée aux étudiants(es). Impliquer l’associatif dans l’éducatif a été une joie et une expérience mémorable, ce qui montre, comme dans notre slogan, que « l’égalité, ça s’apprend ».

Des caricatures ciblées
et des interprétations
sur mesure

C’est dans une classe archicomble que 20 élèves, pour la plupart des filles, ont présenté et interprété leurs caricatures, qu’elles ont soi conçues par elles mêmes soi remodelées et ce, devant 160 élèves de différents niveaux et de certains enseignants. De si belles caricatures éloquentes et des interprétations sur mesure qui reflètent la créativité et une imagination débordante.
Ces caricatures qui incarnent toutes la violence à l’encontre des femmes parlent de la réalité et du quotidien de certaines marocaines. Elles représentent : Les femmes travaillent à plein temps sans vacances, sans salaire, sans aide ni reconnaissance et le mari se repose ; Les femmes ont besoin de soins et d’un plus grand intérêt, étant sensibles ; Toute l’année devrait être le 8 mars ; Où sont les chaussettes tous les tracas passent par l’épouse ; Elle a beaucoup de problèmes à l’intérieur et à l’extérieur du foyer ; Devant les gens, elle est respectée le 8 mars par son mari et toutes les violences reprennent le 9 mars ; Agression et harcèlement dans la rue ; La femme subit tout en silence ; Malgré sa grande fatigue, un rien la comble de joie ; Toutes les responsabilités sont sur son dos et le mari reste assis la regardant tout en la harcelant ; Le mari a des problèmes au travail et dans l’espace public et elle, c’est le souffre-douleur ; Elle est responsable de tout, attesté par son mari et par sa belle-mère… Et pour terminer, une des élèves a dit que tout le monde est au courant des violences que subissent les femmes au sein de notre société mais que, dorénavant, la femme ne va plus se taire.

L’avis des élèves

Chaimae Bennouri, élève en 1er bac Sciences Mathématiques à Abi Der Al Ghafari qui a assisté aux 5 ateliers dispensés par l’association Jossour FFM a parlé de ses 4 semaines d’apprentissage. Au cours du premier atelier, 3 définitions ont été retenues : les droits de l’homme, l’égalité et le genre. Ce dernier point était méconnu de la part des élèves. Au deuxième atelier, elle a appris à acquérir sa propre personnalité, à défier personnellement tous les obstacles et les handicaps et à ne plus être influençable par le milieu extérieur. Elles se sont également rendu compte, au cours du débat, qu’un phénomène sociétal était au carrefour de plusieurs attitudes, à savoir, la violence. Elles savent maintenant qu’elles en les formes, les types et comment y remédier. Elle est subie par les femmes, sous la pression de son mari et de sa belle-mère. La femme a plusieurs responsabilités à l’intérieur de son foyer mais aussi à l’extérieur.
Qu’elle soit verbale, physique, au sein de l’établissement scolaire ou à l’extérieur, dans la rue, dans l’enceinte familiale, au niveau du travail…le premier problème dans ce créneau, c’est l’irrespect et le manque d’éducation. A cet effet, il est à noter que l’éducation d’une fille n’est pas la même que pour un garçon et que le comportement envers une fille et un garçon n’est pas le même. D’autant plus que le garçon aime toujours s’imposer vis-à-vis de sa mère, de sa sœur ou de son entourage. Parmi les solutions retenues, la sensibilisation et la conscientisation au niveau de sa propre famille, puis au niveau de l’école, des voisins…A travers l’atelier de la caricature, dite noire, cet art satirique te fait rire, mais d’un rire moqueur qui te transperce, au bout d’un moment et te remet dans le vif du sujet, tellement le message est fort. Pour matérialiser le phénomène, une activité collective a été initiée par le journaliste caricaturiste M. Yasser Mouline. Chacun a, soit dessiné une caricature ou refait les caricatures dessinées par M. Mouline en ajoutant sa touche, c’étaient 20 caricatures en tout, dessinées par les élèves.
Imane Othmani est élève en Terminale SVT, Présidente du club droits de l’homme et citoyenneté, crée au sein du lycée Abi Der Al Ghafari à l’initiative d’un groupe d’élèves avec leur professeur de philosophie M. Baddouh. A travers un partenariat avec l’association Jossour Forum des femmes marocaines, le club a dépassé les connaissances en initiation aux droits de l’Homme, entre droits et devoirs, vers un travail sur femme et égalité, des outils d’expression et de développement personnel et artistique : théâtre, caricature... Pour Imane, ces ateliers du vendredi après-midi sont bénéfiques, constituent une distraction constructive et une formation pour l’âge adulte. Je connais mes devoirs, mes droits et mes responsabilités.
Quant à Walid El Hattout, 1er Bac lettres, il dit avoir pu approfondir ses connaissances en ce qui concerne les principes des droits de l’homme qui sont l’égalité, la dignité et la justice. Il a parlé des femmes, de leurs souffrances et des problèmes encourus par les sévices de la violence, de leur manque de liberté, de leur dignité et des droits bafoués. L’atelier écriture lui a appris à écrire sur un sujet en toute cohérence, ce qui va l’aider au cours de son année scolaire. Les techniques apprises pour sortir de l’état de stress et de pression avec M. Mikkiate lui a beaucoup servi, ainsi que l’aptitude à suivre ses idées et ne pas être influençable par le monde extérieur et la société. En dernier lieu, la séance de M. Mouline nous a appris à matérialiser un sujet ciblé à travers le satyrisme de la caricature.
Pour Omar Ait Benhaddi, élève en Tronc commun scientifique, jeune parlementaire, ces activités de sensibilisation de grand intérêt ont une vision stratégique au long terme. C’est un travail fait par les élèves et pour les élèves, leurs propres amis. Si ce programme a ciblé 200 élèves, c’est effectivement 1400 personnes qui se retrouvent touchées par la formation, vue la pertinence des thèmes. L’association Jossour est très active, contrairement à d’autres qui sont parfois inexistantes.

Quand la persévérance des
enseignants et de l’administration se reflète sur le rendement
des élèves


Au sein du lycée Abi Der Al Ghafari, plusieurs activités sont organisées par des professeurs à travers plusieurs clubs : club de théâtre, club des droits humains, club de musique, cinéclub, club du journalisme et club de l’environnement. Chaque vendredi après midi, les élèves tournent des séquences d’un film, en rapport avec l’école, qui sera diffusé sur youtube à la fin de l’année scolaire. Il y a le matériel et les élèves incarnent les rôles. Les professeurs donnent aussi des cours de soutien aux élèves qui en ont besoin les vendredis après midi.
M. Rachid Lamine, professeur de philosophie au lycée Abi Der Al Ghafari relève que ce genre d’ateliers et de clubs, c’est qui fait sortir l’élève des leçons de routine dans lesquelles, il y a toujours une sorte de résistance. L’espèce humaine est de nature libre. Quand l’élève se sent comme enchainé dans sa classe, cela se répercute sur ses capacités de concentration et d’apprentissage. En plus, les activités qui ne prennent pas une forme classique et qui donnent une certaine liberté ont beaucoup plus d’intérêt pour les élèves et plus d’influence. Ce genre d’ateliers procure à l’élève une meilleure réceptivité, le pouvoir de confronter le monde extérieur et la prise de parole. Quand il se sent dans un milieu crédible et intègre, il développe ses capacités et ses potentialités qu’il n’a pu développer à l’intérieur de la classe, compte tenu des contraintes des horaires scolaires et emplois du temps. La caricature, un art moderne qui permet d’exprimer certains sujets politiques, des phénomènes sociaux ou autres de manière satyrique, a beaucoup plus d’influence qu’un discours sérieux rencontré dans les articles académiques. Le message passe parfois inaperçu, par contre la raillerie ou moquerie fait plaisir et passe plus vite. On a confiance en nos élèves, ils ont pu dessiner des caricatures et interpréter leurs messages de façon extraordinaire. Certains ont pu ressortir leurs capacités et potentiels, il se pourrait que d’autres ateliers puissent ressortir ceux des autres. L’enseignement qu’on donne au niveau des classes apporte un enseignement classique qui n’est pas dispensé à travers des outils de communication audiovisuel, surtout que les jeunes d’aujourd’hui consomment plus la photographie. La parole sèche dans une langue arabe classique ne trouve pas d’ouïe. On devrait développer les outils d’apprentissage. Celui qui comprend surtout à travers l’image est incontestablement difficile pour lui, voire impossible, de le persuader à travers la parole. Dans cet établissement, on a fait le choix d’organiser des clubs : club de théâtre, de musique, ciné-club…cela vient de la conviction de la gestion administrative de cet établissement.
Le vendredi après-midi est réservé uniquement aux activités. Au niveau des établissements scolaires, on peut parler de deux choses qui peuvent entraver ou aider dans ce volet.
Ce sont des causes objectives comme la longueur des leçons ou le surnombre des élèves, les obligations familiales et de travail des enseignants qui peuvent empêcher ce genre d’activités. Vrai ou faux On peut en discuter. Subjectivement, comme on dit, celui qui n’a rien ne donne rien, du moment que puisque notre formation ne nous a pas appris à sortir du cadre de la matière à enseigner. En deuxième lieu, le côté matériel en est pour quelque chose. Certaines personnes n’aiment pas les activités qui ne sont pas « génératrices de revenus » et qui ne font que faire perdre du temps. Le plus payant, c’est les cours de soutien. De toute façon, chacun gère son temps comme bon lui semble. On le fait pour enlever la barrière entre le professeur et les élèves.

26/2/2017
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