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Urbanisme et habitat : L’OCDE trace une feuille de route pour la politique urbaine


Rédigé par A. CHANNAJE Mercredi 2 Avril 2025

L’OCDE constate que le développement économique des villes marocaines se heurte à plusieurs obstacles majeurs à l’investissement public et privé. Parmi ces freins, difficultés d’accès au foncier, faiblesses de la gestion foncière et manque d’infrastructures de transport…



Le Maroc a connu une croissance urbaine rapide au cours des dernières décennies, la population urbaine passant de 38 % de la population marocaine en 1975 à 65,2 % en 2024, et devrait atteindre 67,8 % d'ici 2030, selon les prévisions de l’OCDE.

« L’urbanisation du Maroc a été caractérisée par la présence de quelques grandes villes côtières, l'émergence de nouveaux corridors de développement tels que les corridors euro-méditerranéen, transafricain et transatlantique, et un réseau urbain basé sur de nombreuses villes petites et moyennes », ressort-il de la revue de l’OCDE consacrée à la politique urbainedu Maroc, publiée mi-mars 2025.

La répartition des villes marocaines par taille est similaire à celle de l'Espagne, de la Pologne et de la Colombie, précise le document, soulignant que les cités du Royaume sont le moteur économique du pays, concentrant 80 % de l'activité productive (industrie et services) et 75 % des emplois.

La région de Casablanca-Settat génère, à elle- seule, un tiers du PIB national, ajoute la même source.

De plus, la croissance urbaine rapide a permis des avancées notables en matière de développement humain grâce à plusieurs politiques volontaristes qui ont contribué à une amélioration significative des conditions de vie dans les villes, comme la politique des Villes sans bidonvilles.
 
Les freins
 
Cependant, poursuit toujours l’OCDE, le développement économique des villes marocaines se heurte à plusieurs obstacles majeurs à l'investissement public et privé. Parmi ces freins, difficultés d'accès au foncier, faiblesses de la gestion foncière et manque d'infrastructures de transport, de communication et de logistique efficaces, notamment entre les villes et leurs périphéries.

Autres freins à l'attractivité des villes pour l'investissement : persistance du secteur informel qui représente près de 40 % des emplois (hors agriculture), rigidité des outils de planification, utilisation insuffisante des données et des indicateurs, et insuffisance du financement…

« Les villes étant le principal moteur de l'économie marocaine, mieux exploiter leur potentiel économique constitue un défi majeur à relever afin de converger plus rapidement vers les pays à revenu élevé, de créer davantage d'emplois et d'atteindre les objectifs du Nouveau Modèle de Développement (NMD) », indique l’OCDE.

L’Organisation fait constater, par ailleurs, que les villes marocaines, malgré des améliorations significatives des conditions de logement grâce à des politiques interventionnistes majeures telles que les programmes de logements sociaux et la politique des Villes sans bidonvilles, continuent de faire face à d'importants besoins en logements ainsi qu'à la persistance de bidonvilles et autres logements insalubres, représentant 20 % du parc immobilier urbain.

De plus, la croissance urbaine rapide a également entraîné une augmentation massive de la production de déchets, posant des défis majeurs pour la gestion des déchets dans les villes – le taux de recyclage ne dépassant pas 10 % – entraînant des conséquences néfastes pour l'environnement et la santé publique.

Enfin, les villes marocaines sont confrontées à des risques climatiques et naturels croissants, notamment en termes de sécheresses et d'inondations, exacerbés par divers facteurs de vulnérabilité tels que la localisation des villes sur les côtes et la persistance de logements insalubres.
 
Les recommandations
 
Fortes des progrès réalisés et en réponse à des défis de plus en plus complexes et multidimensionnels, l’OCDE recommande aux autorités marocaines d’élaborer une politique urbaine nationale explicitement formalisée, harmonisant les différentes politiques existantes. « À l'approche d'événements majeurs tels que la Coupe d'Afrique des Nations 2025 et la Coupe du Monde de la FIFA 2030, l'élaboration d'une telle politique urbaine nationale pourrait contribuer à stimuler les investissements nécessaires dans les infrastructures et à atteindre les objectifs macroéconomiques », estime l’OCDE.

Ainsi, d’après cette Organisation, cette politique doit s'articuler autour de quatre piliers. D’abord, favoriser le développement économique et réduire les disparités territoriales en renforçant le rôle des métropoles comme moteurs de l'activité économique, de la compétitivité, de l'emploi et de l'innovation au Maroc, notamment à travers la Nouvelle Charte de l'Investissement; et améliorer la connectivité intra-urbaine, ainsi que la connectivité entre les centres-villes et les périphéries grâce à des infrastructures de qualité et une gestion foncière efficace et transparente.

Pour le 2ème pilier, il est conseillé de recentrer la Politique de la Ville sur ses objectifs initiaux de lutte contre la pauvreté et l’exclusion.

S'agissant du 3ème pilier, l’OCDE propose la construction de villes écologiquement durables qui favorisent l’atténuation du changement climatique en encourageant la décarbonation de l’environnement bâti et des infrastructures urbaines, en particulier les bâtiments et les transports publics urbains et périurbains ; en promouvant la mobilité active par le développement d’infrastructures dédiées telles que les pistes cyclables et les trottoirs qui garantissent une marche en toute sécurité.

Enfin, pour ce qui est du 4ème pilier, il faut renforcer la résilience économique, sociale et environnementale des villes, en particulier leur capacité à s’adapter au changement climatique.

Pour permettre la réalisation de ces quatre piliers, des facteurs clés de succès sont nécessaires : promouvoir une planification urbaine stratégique et intégrée; promouvoir l’évaluation systématique de la politique urbaine nationale et de ses résultats et impacts ; optimiser le financement de l'urbanisation ; et renforcer les capacités stratégiques, techniques et humaines aux niveaux national et infranational  en encourageant des municipalités à développer une compréhension claire de leurs capacités actuelles.
 
A. CHANNAJE



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