L'Opinion Maroc - Actuali
Consulter
GRATUITEMENT
notre journal
facebook
twitter
youtube
linkedin
instagram
search



International

Economie mondiale : L'OCDE s'inquiète de la "longue route" pour une croissance


Rédigé par L'Opinion Mercredi 7 Juin 2023

L'OCDE s'est montrée un peu plus optimiste sur la croissance mondiale dans ses dernières prévisions économiques publiées mercredi, tout en alertant sur la "longue route" avant de profiter d'une reprise durable.



"Nous voyons une reprise à l'horizon mais il y a encore beaucoup de travail pour se libérer des chocs du passé", a affirmé mercredi Clare Lombardelli, fraîchement nommée cheffe économiste de l'Organisation de coopération et de développement économiques, au cours d'une conférence de presse présentant les perspectives mondiales de l'institution.

Après trois années ponctuées par des crises à répétitions, l'économie montre des signes d'apaisement, symbolisés par la légère hausse de la prévision de croissance mondiale de l'OCDE, attendue pour 2023 à 2,7% contre 2,6% au mois de mars.

D'après ce rapport dévoilé à l'occasion d'une réunion ministérielle au siège parisien de l'institution, l'économie profite d'une accalmie de l'inflation après une explosion l'an dernier en raison des conséquences de la guerre en Ukraine sur les prix de l'énergie et des produits alimentaires.

L'OCDE prévoit cette année 6,6% d'inflation au sein de ses pays membres après 9,4% en 2022. Pour 2024 elle devrait redescendre à 4,3%.

Ce ralentissement signifie que les banques centrales pourraient limiter leurs hausses de taux d'intérêt ce qui serait de bon augure pour l'accès au crédit des ménages et des entreprises, pour la consommation, et donc pour la croissance.
 
Un plus avec le redémarrage chinois
 
Le redémarrage récent de l'activité économique chinoise après sa politique draconienne de zéro-Covid apporte aussi un peu d'oxygène à l'économie, souligne l'OCDE, la croissance en Chine étant attendue cette année à 5,4%, soit une hausse de 0,1 point par rapport aux prévisions de mars, et à 5,1% l'an prochain (+0,2 point).

L'OCDE prévoit 0,9% de croissance en zone euro cette année, (+0,1 point), grâce à une réévaluation de la croissance du PIB italien à 1,2% (+0,6 point). La croissance française atteindrait 0,8% (+0,1 point) et l'Allemagne est attendue avec une croissance nulle (-0,3 point).

Le Royaume-Uni pourrait quant à lui afficher +0,3% cette année, là où l'OCDE envisageait précédemment une récession.

Hors d'Europe, le PIB des Etats-Unis devrait croître de 1,6% et celui de l'Inde de 6,0%, en hausse dans les deux cas de 0,1 point.

Malgré les quelques signes encourageants, l'économie mondiale "fait face à une longue route" avant d'atteindre "une croissance forte et durable", a tempéré la cheffe économiste britannique.

"La reprise sera plus faible en comparaison avec les standards du passé", souligne-t-elle aussi, notant qu'avec 2,9%, la prévision de croissance mondiale pour 2024 a été laissée inchangée par rapport à mars.
 
Parmi les défis cités par l'OCDE figure la persistance de l'inflation hors énergie et produits alimentaires qui "demeure obstinément élevée" et impose aux banques centrales de "maintenir des politiques monétaires restrictives jusqu'à ce qu'il y ait des signes clairs" d'apaisement, relève Mme Lombardelli.
 
Déficits et un endettement plus élevés après la pandémie
 
Or des taux d'intérêt élevés empêchent l'économie mondiale de croître plus franchement, en réduisant la distribution de crédits et en encourageant l'épargne plutôt que la consommation.
"La période que nous traversons se caractérise par une croissance lente mais c'est ce que voulaient les décideurs qui ambitionnaient de dissiper les pressions inflationnistes", observe auprès de l'AFP James Pomeroy, économiste au sein d'HSBC.

Selon lui, "nous n'avons pas encore vu partout les effets des hausses de taux d'intérêt sur l'économie", qui pourraient se faire sentir dans les mois à venir dans la zone euro et aux Etats-Unis et peser encore sur la croissance.

Sur ce point, "les banques centrales ne devraient pas trop resserrer leur politique au point que cela aurait un impact sur la croissance plus important que nécessaire", a estimé Mme Lombardelli, reconnaissant qu'elles font face à "un équilibre délicat".

Les hausses de taux pèsent aussi fortement sur les finances publiques des Etats en renchérissant le coût de leurs emprunts, ce qui augmente leur dette déjà largement creusée par les crises à répétition.

"Presque tous les pays ont des déficits et un endettement plus élevés qu'avant la pandémie, et beaucoup sont confrontés à des pressions croissantes sur les dépenses publiques liées au vieillissement des populations, à la transition climatique et au fardeau du coût de la dette", relève le rapport qui encourage les Etats à cibler davantage leur soutien budgétaire.

Les exportations chinoises plongent, pas le commerce avec la Russie

Les exportations de la Chine ont plongé en mai, pour la première fois depuis février, pénalisées par une reprise fragile de la deuxième économie mondiale, tandis que le montant des échanges commerciaux sino-russes a atteint des sommets.
Levier historiquement clé de croissance pour le pays, les exportations chinoises se sont contractées le mois dernier de 7,5% sur un an, selon des chiffres en dollars publiés mercredi par les Douanes chinoises.
Dans un contexte de demande mondiale atone, les importations sont aussi restées à la peine.

Soulignant l'intensification des liens économiques bilatéraux, le commerce entre la Chine et la Russie, est, lui, au beau fixe, puisque les deux pays voisins ont réalisé le mois dernier pour 20,5 milliards de dollars (19,2 milliards d'euros) d'échanges commerciaux, selon les Douanes chinoises, soit leur  niveau le plus haut depuis le début de l'invasion de l'Ukraine en février 2022.

Les importations chinoises en provenance de Russie représentaient 11,3 milliards de dollars. Dans le même temps, les exportations vers la Russie ont connu en mai leur plus forte accélération depuis le début de l'invasion (+75,6% sur un an).
Le détail des produits importés et exportés ne devrait être annoncé que dans quelques jours.

Anciens rivaux durant la Guerre froide, la Chine et la Russie renforcent leurs relations diplomatiques, commerciales et militaires depuis une dizaine d'années.
Le commerce avec la Russie n'est toutefois pas représentatif des difficultés que traverse actuellement le géant asiatique.








🔴 Top News