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Maroc-Amérique latine : Une diplomatie parlementaire au service d’un partenariat stratégique


Rédigé par Said Temsamani, analyste politique le Jeudi 3 Avril 2025



Maroc-Amérique latine : Une diplomatie parlementaire au service d’un partenariat stratégique
L’évolution des relations entre le Maroc et l’Amérique latine ne relève ni du hasard ni d’un simple rapprochement diplomatique de circonstance. Elle s’inscrit dans une stratégie de long terme, où la diplomatie parlementaire et partisane joue un rôle central. La récente rencontre entre le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, et le président du Parlement andin, Gustavo Pacheco Villar, en est une illustration éclatante. Cet échange ne se limite pas à une coopération institutionnelle : il témoigne de la montée en puissance du Parlement comme acteur clé du rayonnement du Royaume et du renforcement d’un axe stratégique entre le Maroc et l’Amérique latine.
 
Un Maroc attractif et influent sur la scène latino-américaine
 
L’Amérique latine regarde désormais vers le Maroc avec un intérêt accru. Ce n’est pas un hasard : sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Royaume s’est affirmé comme un modèle de stabilité et de développement, attirant l’attention de nombreuses nations émergentes en quête de diversification de leurs alliances. Dans les pays andins, où l’instabilité politique et les inégalités économiques demeurent des défis majeurs, l’expérience marocaine en matière d’infrastructures, de transition énergétique et d’intégration économique suscite une admiration croissante.
 
Le député colombien Óscar Darío Pérez l’a d’ailleurs souligné en saluant la dynamique économique du Maroc, son essor industriel et son engagement en faveur de l’innovation. Il ne s’agit plus uniquement d’un partenariat protocolaire, mais d’une relation fondée sur des intérêts mutuels concrets. Le Maroc, par sa position géographique stratégique et son rôle de hub entre l’Afrique et l’Europe, est perçu comme un tremplin naturel pour l’Amérique latine, qui cherche à diversifier ses marchés et à renforcer ses échanges avec le continent africain.
 
Le Sahara marocain, un pivot diplomatique incontournable
 
Un des marqueurs les plus significatifs de ce rapprochement est le soutien explicite de Gustavo Pacheco Villar à la souveraineté marocaine sur le Sahara. Ce soutien, loin d’être isolé, témoigne d’une évolution des positions latino-américaines sur cette question clé. Longtemps influencés par des logiques idéologiques héritées de la Guerre froide, certains pays de la région révisent désormais leur approche à l’aune des réalités du terrain.
 
En effet, contrairement aux discours biaisés de certains adversaires du Maroc, les provinces du Sud connaissent une dynamique de développement sans précédent, portée par des investissements massifs en infrastructures, en énergies renouvelables et en éducation. La ville de Dakhla, par exemple, est en passe de devenir un pôle économique majeur, attirant des capitaux étrangers et s’imposant comme une porte d’entrée vers l’Afrique.
 
Ce soutien andin au plan d’autonomie marocain, que Sa Majesté le Roi Mohammed VI qualifie de « seule solution à ce conflit régional », reflète un tournant diplomatique majeur. Les pays d’Amérique latine, confrontés eux-mêmes à des défis territoriaux et à des mouvements séparatistes, voient dans le modèle marocain une approche pragmatique et efficace pour garantir l’intégrité territoriale tout en favorisant le développement local.
 
La diplomatie parlementaire, un levier
stratégique sous l’impulsion royale
 
Face à ces enjeux, la diplomatie parlementaire joue un rôle décisif. Elle permet de consolider des alliances, de défendre les intérêts stratégiques du Royaume et d’inscrire son influence dans une dynamique de long terme. Cette approche est en parfaite cohérence avec la vision exprimée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI lors de l’ouverture de la première session de la quatrième année législative de la onzième législature. Il y a insisté sur « le rôle agissant qui revient à la diplomatie partisane et parlementaire pour recueillir davantage de reconnaissances en faveur de la Marocanité du Sahara et pour élargir l’appui à l’Initiative d’autonomie ».
 
Le Parlement marocain, en tant que membre observateur et partenaire avancé du Parlement andin, dispose d’un levier d’influence stratégique. Cette relation dépasse le cadre des discussions diplomatiques classiques en intégrant une coopération législative, qui garantit une influence pérenne sur les orientations stratégiques de la région.
 
Toutefois, pour maximiser l’impact de cette stratégie, il est essentiel de structurer davantage cette diplomatie parlementaire. Sa Majesté le Roi a d’ailleurs appelé à « plus de coordination entre les deux chambres du Parlement à ce sujet, en mettant en place des structures internes adaptées, dotées de profils qualifiés et en appliquant les critères de compétence et de spécialisation dans le choix des délégations. »
 
Ce message est fondamental : une diplomatie parlementaire efficace ne peut se contenter de missions protocolaires. Elle doit être portée par des représentants compétents, maîtrisant les dossiers et capables d’influencer les débats internationaux. C’est à cette condition que le Maroc pourra renforcer son rayonnement et défendre ses intérêts de manière durable.
 
Vers une intégration économique et politique renforcée
 
L’ambition du Maroc ne se limite pas à la reconnaissance de sa souveraineté sur le Sahara. Le Royaume veut également structurer une coopération économique et géopolitique plus profonde avec l’Amérique latine. Cette vision s’appuie sur plusieurs axes stratégiques :
 
  • Le commerce et l’industrialisation, où le Maroc peut jouer un rôle clé en tant que plateforme d’accès aux marchés africains et européens.
  • Les énergies renouvelables, un secteur où le Royaume est un leader incontesté et où son expertise peut être précieuse pour des pays andins cherchant à diversifier leur mix énergétique.
  • L’innovation technologique et l’agriculture, où l’expérience marocaine en matière de gestion de l’eau et d’optimisation des ressources est particulièrement pertinente pour les économies andines.
     
La convergence des intérêts entre le Maroc et l’Amérique latine s’inscrit ainsi dans une dynamique Sud-Sud ambitieuse et pragmatique. En misant sur une coopération fondée sur des complémentarités économiques et sur une diplomatie parlementaire active, le Maroc renforce sa position d’acteur clé sur la scène internationale.
 
Une alliance en pleine consolidation
 
L’entretien entre Nasser Bourita et Gustavo Pacheco Villar marque une nouvelle étape dans cette dynamique. Elle confirme que le Maroc et l’Amérique latine ne sont plus de simples partenaires diplomatiques, mais des alliés stratégiques bâtissant une relation durable.
 
À travers la diplomatie parlementaire et partisane, le Maroc ne se contente pas d’obtenir des soutiens politiques : il façonne une véritable alliance structurelle, basée sur des intérêts communs et une vision partagée du développement. Ce modèle, qui combine diplomatie classique et influence parlementaire, est une réponse efficace aux défis du monde multipolaire actuel.
 
L’avenir des relations Maroc-Amérique latine ne se jouera donc pas uniquement dans les chancelleries, mais aussi dans les parlements, les forums économiques et les institutions régionales. Une approche innovante, qui témoigne de l’évolution du Royaume en tant qu’acteur influent et architecte de nouvelles dynamiques de coopération internationale.







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