
À l’heure où les technologies numériques bouleversent nos habitudes, certains Marocains se tournent vers les plateformes en ligne pour investir dans les cryptomonnaies. Promesses de gains rapides, interfaces modernes, langage technique séduisant et, désormais, usage de l’intelligence artificielle : tout semble fait pour inspirer confiance. Pourtant, derrière ces vitrines numériques sophistiquées, des réseaux d’escrocs bien organisés piègent chaque jour de nouveaux profils, y compris parmi les plus instruits. Le témoignage de Mr X, victime d’une escroquerie parfaitement orchestrée, doit servir d’alerte à tous.
Mr X, un professionnel habitué aux outils numériques, découvre un site qui se présente comme une plateforme d’investissement en bourse utilisant la blockchain. Il y investit 250 dollars. Dès le lendemain, il reçoit un appel d’un interlocuteur utilisant un numéro avec l’indicatif international +44. L’échange est fluide, rassurant. Pendant deux semaines, Mr X accède à un site qui simule la progression rapide de ses gains. En quelques jours, son capital semble doubler, puis tripler. Des graphiques dynamiques, des messages automatiques d’encouragement et des courbes ascendantes lui donnent l’impression que l’investissement est réel et fructueux.
En réalité, tout est orchestré à l’aide de technologies d’intelligence artificielle. Les messages sont générés automatiquement. Les faux gains sont simulés. Les échanges sont parfois assurés par des agents conversationnels, voire des voix synthétiques. Un jour, l’accès au site devient impossible. Un nouveau gestionnaire contacte Mr X et lui explique que son compte est gelé. Pour le débloquer, il lui faut verser une somme de 5 000 dollars. C’est à ce moment que Mr X comprend qu’il a été piégé.
Les plateformes frauduleuses utilisent l’intelligence artificielle pour générer des dialogues crédibles, simuler des performances financières, adapter les discours selon les profils, et parfois même usurper l’identité de personnalités publiques. Ces plateformes sont conçues pour imiter les vraies interfaces d’investissement. Elles exploitent les biais cognitifs des utilisateurs en leur faisant croire qu’ils sont sur le point de faire fortune. L’illusion est si bien construite que même des professionnels peuvent se laisser berner.
Certains Marocains sont particulièrement vulnérables face à ce type d’escroquerie. La jeunesse marocaine, très connectée et souvent en quête d’indépendance financière, se laisse facilement séduire par les promesses de revenus rapides. Les difficultés économiques rendent les gains faciles très attirants. La méconnaissance des technologies comme l’intelligence artificielle ou la blockchain accentue cette vulnérabilité. Pourtant, les cryptomonnaies ne sont pas autorisées au Maroc. Mais certains Marocains trouvent malgré tout des moyens détournés pour y accéder, via des plateformes étrangères, des groupes sur les réseaux sociaux ou des intermédiaires informels. Cela les expose à de très grands risques, sans aucune protection légale en cas de fraude.
Les signaux d’alerte sont pourtant clairs. Des promesses de gains rapides et garantis, des demandes de paiements supplémentaires pour débloquer un compte, des appels depuis l’étranger, des interlocuteurs qui changent sans explication, ou encore des plateformes sans mentions légales ni autorité de régulation visible, doivent éveiller les soupçons. Lorsque les retraits deviennent impossibles, il est souvent déjà trop tard. L’argent n’a jamais été investi, il a simplement été transféré vers les comptes des escrocs.
Face à cette vague d’arnaques numériques de plus en plus sophistiquées, seule une réponse nationale et encadrée peut offrir une réelle protection. Bank Al-Maghrib a compris l’enjeu et travaille depuis plusieurs années sur un projet de dirham numérique. Ce e-dirham, adossé à la Banque centrale, serait une version digitale de notre monnaie nationale. Contrairement aux cryptomonnaies privées comme le bitcoin, le dirham digital serait émis, régulé et sécurisé par l’État.
Cette monnaie numérique permettrait aux Marocains d’effectuer des transactions numériques fiables, traçables et protégées, tout en garantissant la souveraineté monétaire. Elle offrirait un cadre sécurisé aux citoyens, limiterait les risques de blanchiment, et favoriserait l’inclusion financière, même pour les personnes non bancarisées.
Aujourd’hui, les arnaques ne sont plus artisanales. Elles sont automatisées, boostées par l’intelligence artificielle et conçues pour manipuler psychologiquement les individus. Il est urgent d’éduquer les citoyens, de diffuser les bons réflexes, et de soutenir activement les initiatives souveraines comme celle de Bank Al-Maghrib.
Certains Marocains en ont déjà fait les frais. D’autres peuvent encore être protégés. Informez-vous. Éduquez vos proches. Refusez toute promesse de richesse sans effort. L’intelligence artificielle peut servir le progrès, ou l’arnaque. À nous de faire le bon choix.
Mr X, un professionnel habitué aux outils numériques, découvre un site qui se présente comme une plateforme d’investissement en bourse utilisant la blockchain. Il y investit 250 dollars. Dès le lendemain, il reçoit un appel d’un interlocuteur utilisant un numéro avec l’indicatif international +44. L’échange est fluide, rassurant. Pendant deux semaines, Mr X accède à un site qui simule la progression rapide de ses gains. En quelques jours, son capital semble doubler, puis tripler. Des graphiques dynamiques, des messages automatiques d’encouragement et des courbes ascendantes lui donnent l’impression que l’investissement est réel et fructueux.
En réalité, tout est orchestré à l’aide de technologies d’intelligence artificielle. Les messages sont générés automatiquement. Les faux gains sont simulés. Les échanges sont parfois assurés par des agents conversationnels, voire des voix synthétiques. Un jour, l’accès au site devient impossible. Un nouveau gestionnaire contacte Mr X et lui explique que son compte est gelé. Pour le débloquer, il lui faut verser une somme de 5 000 dollars. C’est à ce moment que Mr X comprend qu’il a été piégé.
Les plateformes frauduleuses utilisent l’intelligence artificielle pour générer des dialogues crédibles, simuler des performances financières, adapter les discours selon les profils, et parfois même usurper l’identité de personnalités publiques. Ces plateformes sont conçues pour imiter les vraies interfaces d’investissement. Elles exploitent les biais cognitifs des utilisateurs en leur faisant croire qu’ils sont sur le point de faire fortune. L’illusion est si bien construite que même des professionnels peuvent se laisser berner.
Certains Marocains sont particulièrement vulnérables face à ce type d’escroquerie. La jeunesse marocaine, très connectée et souvent en quête d’indépendance financière, se laisse facilement séduire par les promesses de revenus rapides. Les difficultés économiques rendent les gains faciles très attirants. La méconnaissance des technologies comme l’intelligence artificielle ou la blockchain accentue cette vulnérabilité. Pourtant, les cryptomonnaies ne sont pas autorisées au Maroc. Mais certains Marocains trouvent malgré tout des moyens détournés pour y accéder, via des plateformes étrangères, des groupes sur les réseaux sociaux ou des intermédiaires informels. Cela les expose à de très grands risques, sans aucune protection légale en cas de fraude.
Les signaux d’alerte sont pourtant clairs. Des promesses de gains rapides et garantis, des demandes de paiements supplémentaires pour débloquer un compte, des appels depuis l’étranger, des interlocuteurs qui changent sans explication, ou encore des plateformes sans mentions légales ni autorité de régulation visible, doivent éveiller les soupçons. Lorsque les retraits deviennent impossibles, il est souvent déjà trop tard. L’argent n’a jamais été investi, il a simplement été transféré vers les comptes des escrocs.
Face à cette vague d’arnaques numériques de plus en plus sophistiquées, seule une réponse nationale et encadrée peut offrir une réelle protection. Bank Al-Maghrib a compris l’enjeu et travaille depuis plusieurs années sur un projet de dirham numérique. Ce e-dirham, adossé à la Banque centrale, serait une version digitale de notre monnaie nationale. Contrairement aux cryptomonnaies privées comme le bitcoin, le dirham digital serait émis, régulé et sécurisé par l’État.
Cette monnaie numérique permettrait aux Marocains d’effectuer des transactions numériques fiables, traçables et protégées, tout en garantissant la souveraineté monétaire. Elle offrirait un cadre sécurisé aux citoyens, limiterait les risques de blanchiment, et favoriserait l’inclusion financière, même pour les personnes non bancarisées.
Aujourd’hui, les arnaques ne sont plus artisanales. Elles sont automatisées, boostées par l’intelligence artificielle et conçues pour manipuler psychologiquement les individus. Il est urgent d’éduquer les citoyens, de diffuser les bons réflexes, et de soutenir activement les initiatives souveraines comme celle de Bank Al-Maghrib.
Certains Marocains en ont déjà fait les frais. D’autres peuvent encore être protégés. Informez-vous. Éduquez vos proches. Refusez toute promesse de richesse sans effort. L’intelligence artificielle peut servir le progrès, ou l’arnaque. À nous de faire le bon choix.
* Dr. Az-Eddine Bennani est ingénieur en informatique, titulaire d’un MBA de Chicago, docteur en sciences économiques de la Sorbonne, et expert en management stratégique, gouvernance digitale et intelligence artificielle. Avec plus de 40 ans d’expérience en France, au Maroc et à l’international, il a été ingénieur système, consultant et manager chez Hewlett-Packard en France, en Europe et au MEA, a été professeur-chercheur à La Sorbonne Universités/UTC et à NEOMA Business School, et est actuellement professeur associé à l’Université Al Akhawayn.