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Cette heure qui mine le moral !


Rédigé par Souhail AMRABI le Mercredi 2 Avril 2025



Cette heure qui mine le moral !
Les générations nées avant les années quatre-vingt se souviennent toutes de l’époque où le Maroc vivait paisiblement, rythmé par une seule et unique heure, constante et immuable, échappant aux ajustements saisonniers. Hormis quelques tentatives sporadiques et anecdotiques, l’alternance entre heure d’été et heure d’hiver n’a été instaurée officiellement qu’au milieu des années 1980.

Une décision sans doute inspirée par l’Europe, principal partenaire économique du Royaume, mais surtout imposée par le Fonds Monétaire International (FMI) dans le cadre du Programme d’Ajustement Structurel (PAS), censé éloigner le pays du gouffre récessionniste. Pendant des années, l’heure d’été s’appliquait entre le début du printemps et la mi-automne, soit du mois de mars à octobre, avec quelques entorses notables en période de Ramadan. Chose qui relève de l’évidence du fait que le mois sacré, lié au calendrier lunaire, a la particularité de se balader sur toute l’année, en décalage total avec le calendrier solaire en vigueur en Europe et presque partout dans le monde, à l’exception du monde arabo-musulman. Adulée par les masses car elle permet à la marmaille de roupiller plus, tout en évitant aux parents de sortir aux aurores pour rejoindre leur travail, de surcroît dans des rues et des routes souséclairées, peu sécurisées et peu desservies en termes de transport public, l’heure d’hiver, dont la seule survivance au Maroc se limite depuis 2018 au mois sacré, a l’avantage du plébiscite populaire qui la juge plus en phase avec le cycle biologique humain et naturel. Un paramètre ignoré par les tenants d’un système économique obnubilé par la productivité et la synchronisation avec les marchés internationaux. Or, après plusieurs années d’heure d’été quasi permanente, les arguments économiques s’effritent.

Dans un contexte de crise globale et de repositionnement géopolitique, où le modèle européen vacille et où le Maroc diversifie ses alliances bien au-delà des considérations de fuseaux horaires, la pertinence de ce choix s’efface. Au Vieux Continent, le débat sur la pertinence du changement d’heure refait surface, notamment après la décision de l’Ukraine d’y renoncer, s’appuyant sur des études biomédicales révélant ses effets chroniques sur l’horloge biologique humaine.

Au Maroc, et loin des considérations scientifiques, cette heure est avant tout synonyme de contrainte et de lassitude, comme en témoigne l’immense soulagement de millions de Marocains, qui, le jour de l’Aïd Al-Fitr, ont accueilli avec bonheur l’annonce d’une semaine entière sous l’heure normale. Ce bref répit leur a offert un réveil plus doux, libéré de cette désagréable oppression matinale. Et si chaque année, la polémique ressurgit sur la Toile, c’est qu’il est temps que ce sujet dépasse les discussions populaires pour s’imposer enfin dans les cercles de décision.



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